‹ Traité d'électrothérapieChapitre 51 sur 290 · SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SIXIÈME LEÇON

Sommaire: Électrophysiologie des nerfs de la sensibilité et du cerveau. — Nerfs sensibles de la peau et leur loi de secousse. — Nerfs musculaires sensibles. — Nerf optique et la rétine. — Nerf acoustique et appareil nerveux de l'ouïe. — Nerfs du goût. — Nerfs de l'odorat.

Dans ma dernière leçon, je vous ai esquissé l'état de nos connaissances sur l'excitation électrique des nerfs moteurs et des muscles ; je puis donc à l'occasion |des actions physiologiques des courants électriques sur les autres nerfs, ainsi que sur d'autres parties du corps humain, me résumer d'une manière assez brève.

Par comparaison avec ce que nous savons sur les nerfs moteurs, les notions que nous possédons sur la façon dont les nerfs de la sensibilité ot du cerveau se comportent hV 'égard des courants électriques ne paraissent encore renfermer, que beaucoup de lacunes.

Quand il s'agit des nerfs sensibles de la peau, nous rencontrons d'abord la question bien plus pressante de savoir si le courant galvanique les excite par son écoulement continu, ou seulement par ses fluctuations de densité. Ce qu'il va de certain, c'est que par l'application despôles sur la peau, alors que la force du courant est suffisante, • ni éprouve une sensation continue, un picotement particulier, une chaleur qui se convertira bientôt en une brûlure uniforme, qui peut s'élever jusqu'à la douleur la plus vive. Une grande partie de cette sensation, particulièrement la brûlure uniforme, peut bien provenir de l'action excitante des corps chimiques que l'électrolyse dégage sur la peau, et qui déterminent une brûlure comme la pâte de moutarde et d autres rubéfiants ; mais une autre partie de cette sensation est sans doute l'action directe du courant sur les organes sensibles de la peau. Comment expliquer ce phénomène, c'est lu une question sur laquelle les physiologistes ne sont pas tout a fait d'accord ; beaucoup d'entre eux se rangent à l'idée que les organes -fusibles des extrémités réagissent >ur le courant autrement que les xroies de conductibilité, qu'ils sont excités, non seulement par des fluctuations de densité, mais encore par des états continus, par l'écoulement intarissable du courant, et y répondent par une sensation. Ce qui combat jusqu'à un certain point cette opinion, e'esl que, même pendant une excitation continue d'un tronc ncivriix. les voies de conductibilité par exemple, on ressent une sensation excentrique et continue, dans la région de diffusion du courant. En réalité, lorsqu'on commence l'expérience, par exemple,

RÉACTION ÉLECTRIQUE DES NERFS SENSIBLrS DE LA PEAU 89

sur le nerf cubital au coude, ou sur le nerf médian au-dessus de l'articulation de la main, pendant la KaF et la KaD, se manifeste une sensation très vive, picotante et excentrique dans les doigts soumis à ce courant ; cette sensation diminue d'intensité peu à peu ; à la AnF et à la AnD, se manifeste une sensation excentrique bien plus faible, mais tout à fait analogue. Grùlzner, aussi a constaté dernièrement, de m niveau, l'excitation durable des nerfs de la sensibilité par le courant galvanique.

Les expériences de vivisection ne donnent, comme on le sait, que des explications très incomplètes des phénomènes qui se manifestent dans les nerfs de la sensibilité. Ainsi, sur des animaux, on n'a trouvé une loi dite de secousse des nerfs sensibles, qu'au moyen d'un détour, en utilisant les actions réflexes qui se manifestent à l'excitation de nerfs sensibles (chez un animal légèrement strychnisé), comme preuves de l'excitation sensible. Grâce à cette méthode, Pfliiger trouva la loi des secousses des nerfs sensibles en accord complet avec celle des nerfs moteurs, mutatis mutandts, c'est-à-dire avec les différences nécessairement déterminées par la direction de la conductibilité des nerfs sensibles (pour la 3e classe.)

Il y a longtemps que les physiologistes n'ont plus fait, que je sache, sur l'homme vivant, de larges expériences ayant pour but la fixation de la loi des commotions sensibles. Ces expériences ne conduiraient qu'à des résultats embrouillés et obscurs, avec la méthode « physiologique » de recherches, à laquelle on tient avec une opiniâtreté étonnante, et qui ne peut pas se séparer de la direction du courant. D'après nos précédents éclaircissement-, il est clair que, même pour les nerfs sensibles de l'homme vivant, la méthode de recherche polaire est la seule applicable et que notre tâche consiste à étudier la manière dont se comportent les nerfs sensibles à l'égard des deux pôles, lors de la fermeture et de l'ouverture, et quand la force du courant varie. Quelques expériences en ce sens, auxquelles j'ai procédé récemment, m'ont appris que cela est bien possible et que l'on peut constater une concordance frappante avec la loi polaire et motrice des commotions.

Les excitations sensibles, dégagées par le courant galvanique, se manifestent aussi bien sur l'endroit de la peau, immédiatement recouvert par l'électrode différente que dans la région de distribution du nerf cutané sensible, dont le tronc en quelque partie tombe dans le domaine de cette électrode. Quand la force du courant grandit insensiblement (méthode d'expériences analogue à celle de l'étude de la loi motrice des commotions), se manifeste d'abord (F) une courte sensation KaF qui, lorsque le courant est plus fort, se convertit en une sensation durable, picotante, excentrique et locale, dont l'intensité diminue peu à peu, durant KaD; suit une sensation analogue, courte et plus faible de

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