LOI DE SECOUSSE DES NEUFS SENSIBLES DE LA PEAU
de la peau a ua caractère étrange : chaque coup d'induction donne naissance à une sensation courte et piquante qui, lorsque le ressort vibre librement, devient continue, picotante, puis brûlante et très douloureuse (surtout avec l'emploi d'électrodes métalliques sèches ou du pinceau métallique). Si l'on excite de la sorte un groupe de nerfs sen- -ihles, on éprouve, dans toute la région de ces nerfs, cette sensation étrange, excentrique, picotante et étreignante ; elle est, quand on excite par la kathode, infiniment plus intense qu'avec l'anode. Les coups d'induction isolés ne sont pas aussi douloureux que ceux qui Be succèdent en grand nombre, et l'intensité de la sensation faradiquê grandit avec la rapidité des interruptions.
Les nerfs musculaires sensibles ne peuvent pas facilement être étudiés isolément sous le rapport de leur action électrique, si ce n'est dans les muscles mis à nu par des blessures, des maladies ou des opérations ou dans une anesthésie de la peau complète et, même dans ces circonstances, on n'a jamais jusqu'ici observé et étudié dans les muscles une sensation sensible sans y constater en même temps une contraction. (Un heureux hasard pourrait seul, dans des circonstances pathologiques, fournir une occasion favorable à cette étude. On pourrait espérer ce résultat, dans un cas de réaction de dégénérescence et, en même temps, d'anesthésie complète de la peau, sans anesthésie concomitante des muscles.) Toute contraction vive des muscles est accompagnée d'une sensation nette, qui n'a rien de commun avec les sensations de la peau et qui, lorsque la contraction tétanique est forte, devient une douleur violente ; c'est la sensibilité électro-musculaire, qui a été étudiée principalement par Duchenne, avec l'aide exclusive du courant faradiquê. C'est une sensation particulière, sourde, tensive, qui a des relations étroites avec l'intensité de la contraction musculaire désirée. Cette sensation devient également apparente dans les courants galvaniques, dès qu'ils déterminent une contraction tétanique des muscles. L'étude de cette sensation peut être utile, dans maintes circonstances pathologiques, mais elle est loin d'avoir la grande importance que lui prêtait Duchenne. De plus cette étude est extraordinairement difficile ou même impossible dans un très grand nombre de cas, à cause des complications, de l'excitation concomitante des nerfs sensibles, de la peau, du périoste, etc.
L'étude- électrique des nerfs du cerveau ou, pour mieux dire, des organes du cerveau a donné des résultats bien plus intéressants (car nous n'avons à faire ici qu'à l'excitation des appareils terminaux, de la rétine, du limaçon, des canaux circulaires, etc.). Naturellement ces résultats n'ont pu être obtenus que sur des hommes vivants ; aussi les physiologistes et les électrothérapeutistes ont-ils souvent soumis leur propre corps à l'expérimentation.
92 ÉLECTROPHYSIOLOGIE
Pour ce qui concerne l'excitation électrique des organes des sens, on peut dire à priori que tous ne réagissent que très faiblement ou presque pas contre le courant faradique ; c'est seulement quand les courants faradiques sont très forts que l'on constate de faibles sensations qui, le plus souvent, sont dissimulées et troublées par la forte excitation des nerfs sensibles de la peau.
Par contre, les organes des sens réagissent presque facilement contre le courant galvanique, certains même avec une facilité extraordinaire par leurs sensations spécifiques ; l'œil par la sensation de lumière, l'oreille par celle de l'ouïe, la langue par celle du goût, le nez par celle des odeurs. Ici encore, il est facile de démontrer que toutes ces sensations se manifestent d'une façon strictement régulière et dépendent de l'influence des deux pôles. Il va de soi et toutes les observations et opérations de contrôle possibles ont prouvé surabondamment, qu'il s'agit toujours ici d'une excitation galvanique directe des appareils cérébraux en question. L'opinion contraire, jadis soutenue avec opiniâtreté par plusieurs savants, opinion qui compte peut-être encore aujourd'hui quelques malheureux partisans et qui voulait faire dériver les sensations cérébrales galvaniques d'une excitation réflexe du nerf trijumeau, me parait si peu appuyée et si foncièrement réfutée, qu'elle mérite à peine aujourd'hui d'être mentionnée.
C'esl l'oil. c'est-à-dire le nerf optique ou la rétine qui réagit le plus aisément contre le courant galvanique. Vous n'avez besoin que délaisser passer, par les tempes ou par les joues, un faible courant, pour voir 9orgir des éclairs de lumière, à la fermeture ou à l'ouverture du courant, éclairs qui acquièrent une grande intensité, quand on augmente la force du coufant; vous pouvez même faire une observation analogue en appliquant des courants un peu plus forts, assez loin de l'œil, sur le cou ou sur la nuque, même sur la poitrine ou sur le dos, preuve de l'extrême sensibilité de la rétine à l'égard des courants galvaniques, car elle est encore excitée par les traînées de courants, qui certes sont très faibli- dans ces circonstance-.
Les sensations galvaniques de lumière ont été dans des cas infiniment nombreux, L'objet de jeux électrophysiologiques; mais, dans des cas non moins fréquents, elles ont provoqué les recherches les plus approfondies el Les plus consciencieuses des savants. Depuis l'époque des anciens galvanises jusqu'à nos jours, beaucoup de physiologistes éminents se sont occupés de ces phénomènes et les ont expliqués de différentes manières; après les observations de Volta, Ritter, Grapengiesseret Keinhold, Purkinje surtout ont étudié une série d'importants détails et, dans ces derniers temps, Brunner, Funke et surtout Helmholtz ont élaboré cette matière. Helmhollz décrit très exactement, dans ses expériences, bien des fois modifiées, les sensations de lumière