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EXCITATION ÉLECTRIQUE DES NERFS DES SENS 9H

et de couleurs et il cherche à les expliquer en se basant sur les lois électrotoniques et en tenant compte de chaque direction du courant dans la rétine et les fibres optiques qui s'y répandent. Ici encore, les physiologistes n'ont pas su s'émanciper de considérations relatives à la direction du courant et presque tous parlent des différences de la sensation de la lumière, selon que le courant a, dans le nerf optique, une direction ascendante ou descendante ; il est vrai que plusieurs savants n'ont parlé que de l'action des pôles, mais n'ont pas toujours étudié séparément les phénomènes de fermeture et d'ouverture.

Mais s'il y eut jamais une entreprise infructueuse ce fut celle de vouloir ramener à la différence de direction des courants la diversité des sensations lumineuses. Les rayonnements des fibres du nerf optique dans la rétine, peut-être aussi la direction des extrémités les plus fines, mise en relief par Pfliiger et tout à fait opposée à la direction des fibres dans le nerf optique lui-même alors qu'elles sortent de la couche des fibres nerveuses pour entrer dans celle des bâtonnets et des cônes, font regarder cette expérience comme tout à fait impossible, même quand il serait permis de penser que les sensations de lumière sont dégagées par l'excitation des fibres du nerf optique lui-même et non par l'excitation de la rétine.

Ici encore Brenner eut la pensée salutaire de prouver par des expériences approfondies et faites avec circonspection que V excitation galvanique de l'appareil nerveux optique est essentiellement une action polaire et prend des formes diverses suivant que l'on rapproche de l'œil la kathode et l'anode. L'œil réagit alors toujours et invariablement dans le sens du pôle le plus rapproché de lui. Les expériences de Brenner, dont les résultats, il est vrai, avaient déjà été trouvés antérieurement, ont fait établir une (loi de secousse de l'appareil visuel nerveux), loi simple et d'un contrôle facile.

La voici en abrégé : en appliquant les deux pôles sur l'œil, il se manifeste une sensation de lumière pareille à un éclair, à la fermeture aussi bien qu'à l'ouverture de la chaîne ; mais cette sensation, lors de l'action des deux agents d'excitation, apparaît comme différente qualitativement (et colorée différemment); cela s'effectue de telle sorte que la sensation de lumière et de couleur, KaF, est qualitativement égale à celle d'AnO, et celle d'AnF, est égale à celle de KaO, de telle sorte que les deux pôles montrent chaque fois les couleurs placées clans un ordre inverse, ainsi par exemple :

Expérience A. Expérience B.

KaO: lumière rougeàtre jaune-blanchùtre.

KaF : lumière blanchâtre bleu.

AnF : lumière bleuâtre bleu

AnO : lumière rougeàtre jaune blanchâtre.

!)4 ÉLECTROPnYSIOLOGlE

Voici comment se comporte le phénomène quand la force du courant est médiocre: une lueur soudaine pareille à un éclair, illumine le champ visuel sombre, en même temps, on discerne (quelquefois avec difficulté), une coloration plus ou moins déterminée ; cette coloration peut s'exprimer de telle sorte qu'avec un peu d'habitude, on peut distinguer l'un des deux pAles d'avec l'autre.

Mais chez beaucoup de personnes, capables d'observer, surtout quand le courant est un peu renforcé, se montre une nuance encore plus exacte : au centre du champ visuel apparaît une tache d'une couleur très claire, brillante, (ayant le plus souvent la forme circulaire, rarement celle d'un losange [Purkinje] ou à angles multiples) ; cette tache est entourée d'une autre lumière plus pâle et différemment colorée, d'une espèce de halo ; ici encore l'anode et la kathode montrent lors delà fermetureet de l'ouverture lescouleurs dans un ordre inverse; quand les courants sont plus forts, cette apparition de lumière persiste après la fermeture du courant et s'éteint peu à peu. La réaction d'ouverture n'est ordinairement que momentanée ; elle laisse rarement derrière elle une sensation d'arrière-goût. Le disque lumineux central a un diamètre apparent de 4 à 6 millimètres et n'est pas situé sur l'axe visuel, mais à côté, à la droite de l'objet fixé, dans l'excitation de l'œil droit, à gauche quand il y a excitation de l'œil gauche ; et cela a une distance telle que l'endroit, par où entrent les nerfs visuels, doit être désigné comme le lieu d'où émane cette apparition lumineuse.

L'exemple suivant pourra éclaifcit ces phénomènes:

KaF: centre bleu. Halo vert jaune

KaO : centre vert jaune. Halo bleu clair

AnF : rentre vert jaune. Halo bleu clair

AnO : centre bleu. Halo vert jaune

Suivant les personnes qui procèdent aux expériences, les couleurs qui apparaissent et l'ordre d'après lequel elles sont rangées varient d'une manière extrême ; mais chez un seul et môme individu, couleurs et ordre sont toujours les mêmes. Moi-même, je trouve à KaF au centre, un disque jaunâtre éclatant, entouré d'un halo sombre; ajoutez que le i hanqi visuel s'obscurcit entièrement : même sensation à AnO; a AnF est un centre d'un rouge bleu pâle entouré d'un halo d'un rougeâtre pâle. Si le courant continue, le champ visuel est faiblement éclairé : même sensation de couleurs à KaO. Je n'ai pas pu constater de différence nettement caractérisée entre le sensation de lumière et celle de couleur.

Par contre, Neftel, dans ses expériences qui du reste confirment, sur tous les points essentiels, les indications de Brenner, a été amené à dis-

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linguer entre elles les sensations de lumière et de couleurs, lors de l'excitation galvanique ; il remarque un éclair lumineux et à côté une couleur déterminée ; (au reste Brunner a déjà déclaré qu'avant l'apparition de la sensation des couleurs, on perçoit déjà une sensation lumineuse d'une couleur indéterminable). D'après lui, chez maintes personnes, ce sont les sensations de couleurs qui dominent ; chez d'autres. ,,' -ont les sensationsde lumière. Dans les cas exceptionnels, les unesou le» autres font complètement défaut. Neftel admet donc que la réaction optique se compose de deux effets d'excitation différents, ceux de la sensation de lumière et de couleurs. Il prétend en outre avoir conateté, sous l'influence de l'anode, la sensation d'un amoindrissement de tension (d'une diminution de la pression intra-oculaire), sou celle de la kathode le senti'ment d'une tension plus forte, d'une augmentation de la pression intra-oculaire.

Ce qu'il y a de certain, c'est que les phénomènes principaux de la réaction galvano-optique peuvent aisément se produire chez la plupart des personnes, qui possèdent quelque peu le don de l'observation, même avec des courants de force médiocre(4,6ou8 éléments, une électrode indifférente à la nuque ou au sternum, une différente sur les paupièresferméesousurles tempes, dans une chambre faiblement obscure.)

Il est à remarquer, au point de vue théorique que KaF et AnO, comme d'autre part KaO et AnF produisent des sensations de lumière et de couleurs parfaitement égales sous le rapport de la qualité. On serait tenté d'en conclure que la kathode, lors de l'ouverture et l'anode lors de la fermeture ont aussi une action d'excitation déterminée, différente de l'excitation de fermeture de Kaet de l'excitation d'ouverture de l'anode; mais ce qui est probablement plus exact, en concordance avec la théorie physiologique partout admise, c'est que la différence ne provient que d'une différence du siège d'excitation clans KaO et à AnF, celles-ci étant, à notre avis, des actions polaires secondaires (de l'anode ou kathode virtuelle).

Ce serait naturellement une chose très intéressante et très importante que de savoir si la sensation galvanique de lumière n'a lieu que par l'excitation de la rétine ou par l'excitation du tronc optique ou enfin par l'excitation de la couche des fibres nerveuses de la rétine. Je W veux pas abuser de votre patience en citant les arguments en faveur de l'une ou de l'autre de ces hypothèses, que l'on peut déduire des tait- physiologiques et pathologiques ; il suffira de dire qu'il n'existe '■<<- encore de preuve positive en faveur de l'une ou de l'autre de ces théories. Nous devons donc laisser la question en suspens; toutefois un •■xamen attentif et l'appréciation de différents états morbides que es oculistes ont à traiter occasionnellement pourraient rapprocher la question d'une solution définitive.

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Puisque nous en sommes à l'œil, disons quelques mots sur la manière dont l'iris se comporte à l'égard des courants électriques. On sait que ses muscles, et de nombreuses expériences physiologiques nous l'ont appris, réagissent avec promptitude conti \: les courants faradiques et l'on réussit, par un placement convenable des électrodes, à faire contracter aussi bien le sphincter de la pupille que le dilatateur de la pupille isolés. Tous deux peuvent aussi être amenés à se contracter, en excitant les branches de nerfs qui sont dans leur pourtour, nerf moteur oculaire commun et sympathique du cou.

Ce dernier cas n'a pas encore réussi avec certitude chez l'homme vivant, comme nous le verrons, quand nous parlerons de la galvanisation du sympathique ; l'excitation directe n'a été jusqu'ici essayée que par un petit nombre de savants (Duchenne). Elle n'est guère possible que lors de la chloroformisation d'un individu ou d'une anesthésie de la cornée. Deux électrodes fines, en fils métalliques (armées, ce qui serait le mieux, du même pôle, l'autre étant appliquée quelque part au tronc), sont disposées l'une vis-à-vis de l'autre, à 2 ou 3 millimètres de distance du bord de la cornée ; alors, si le courant faradique a une force suffisante, la pupille est fortement rétrécie. Au reste, ce fait n'a pas reçu jusqu'ici d'application pratique digne d'être mentionnée.

Nous entrons sur un terrain d'une importance aussi grande théoriquement que pratiquement, en nous occupant de la réaction galvanique de l'appareil auditif nerveux ou, comme on a coutume de le dire, peutêtre à tort, du nerf acoustique.

Dès les premiers temps des recherches galvaniques, l'attention s'est portée sur l'excitation galvanique de l'appareil auditif, et l'on a affirmé aussi souvent qu'on l'a nié énergiquement, le fait que cet appareil répond à l'excitation galvanique par une sensation spécifique — par une sensation musicale. — Lisez, si vous le voulez, le développement historique et très instructif de ces expériences, dans l'ouvrage de Brenner; son exposition finit en ces termes : « il n'est pas certain si, et nous ne savons pas comment, le nerf auditif réagit contre l'action des courants électriques. »

C'est seulement avec les travaux de Brenner que commence, sur ce terrain, une ère nouvelle. Lui, le premier, a réussi à exciter, avec une entière certitude, le nerf auditif, au moyen du courant galvanique; il a découvert les lois de cette excitation « la loi des commotions de l'appareil auditif nerveux. » 11 a montré en même temps que cette dernière loi est en accord parfait avec la loi des commotions motrices. Dans une recherche véritablement classique, Brenner a publié un grand nombre de faits physiologiques et pathologiques les plus intéressants ; il a si

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bien réalisé la théorie de l'excitation galvanique de l'acoustique, qu'à nous, ses successeurs, il n'est rien resté si ce n'est le soin de confirmer les faits découverts et d'en défendre l'exactitude contre des objections non fondées et des assertions légères.

Aujourd'hui, après les recherches approfondies de Hagen et les miennes, après les observations de Hedinger, Hitzig, Erdmann, Eulenburg. et de beaucoup d'autres, qui sont en complet désaccord avec l'opinion la plus récente du physiologiste Hensen (Hermann's Hand. d. Physiol. t. III. 2. p. 126. 1880), qui indique une ignorance complète de la question, il ne peut plus y avoir le moindre doute que le nerf acoustique ''ou ses organes terminaux), réagisse contre le courant galvanique et d'une façon certaine, parfaitement régulière.

Toutefois l'excitation du nerf acoustique, chez despersonnes bien portantes n'est nullement chose facile, c'est ainsi que s'expliquent naturellement les nombreux insuccès des expériences de contrôle. Le nerf est enfoui si profondément qu'il faut, pour l'exciter, des forces de courants très notables et, d'autre part, ces forces produisent des phénomènes parallèles si nombreux et si désagréables (par l'excitation de l'œil, des nerfs de la sensibilité, du goût et de la salivation, du facial et particulièrement du cerveau) que beaucoup de personnes bien portantes ne peuvent s'habituer que peu à peu à saisir et à observer soigneusement les sensations auditives, au milieu de ces circonstances qui augmentent les difficultés. Il est purement impossible, à cause de ces raisons, d'exciter, chez un grand nombre de personnes bien portantes, le nerf acoustique. Et s'il n'y avait pas tant de personnes souffrant de maux d'oreilles et chez lesquelles le nerf acoustique se trouve dans un état d'excitabilité galvanique fortement exagérée, de telle sorte que l'on puisse constater Texistence des impressions galvaniques du son, ainsi que leur régularité, et cela avec la plus grande facilité, nous chercherions peut-être, encore en vain, la loi d'excitation de l'appareil auditif, dans son état normal. — D'ailleurs on réussit également à établir la formule normale de la réaction acoustique chez la plupart des individus bien portants, à l'aide d'un peu de patience, de persévérance et d'abnégation de la part de celui qu'on examine, et de la part de l'examinateur, d'une habitude et d'une compétence suffisantes.

La méthode employée primitivement à cet effet consistait à introduire une électrode en forme de fil métallique ou d'épongé délicate, dans le conduit auditif rempli d'eau tiède, tandis qu'on appliquait l'électrode indifférente sur la main, au sternum ou à la nuque. On procédait ensuite ù des fermetures et à des ouvertures du courant avec une force de plus en plus grande. Gomme cette méthode d'expérimentation, dite interne, est 1° très douloureuse et donne, par le fait de remplir d'eau le conduit extérieur de l'oreille, lieu à des sonsparalltd^s et per-

Erb. —Électrothérapie. 7

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turbateurs. j'ai modifié d'une façon que je crois utile une méthode déjà employée par Brenner, la méthode des expériences dites extérieures, à l'aide de laquelle on atteint son but plus sûrement et, en tout cas, d'une manière plus agréable pour la personne examinée. Elle consiste en ce qu'une grande électrode d'épongé humide, ou plutôt une électrode « moyenne » soit posée et maintenue solidement . immédiatement devant le conduit auditif, avec une légère pression du tragus, mais sans remplissage d'eau et sans obstruction du conduit auditif. L'application de l'électrode indifférente sur la nuque facilite pareillement l'expérience. On fait alors, la force du courant s'accroissant toujours, des fermetures réitérées de lakathode, dans l'intervalle, des fermetures de l'anode ou. quand l'excitation est très faible, des revirements réitérés du courant et l'on engage la personne examinée à faire spécialement attention aux sensations de l'ouïe et à négliger autant que possible les autres phénomène-.

En faisant cela, vous trouverez une formule extrêmement simple, qui résulte de ce que l'appareil normal des nerfs auditifs ne donne, lors de l'irritation avec la kathode qu'une sensation de fermeture et avec l'anode, qu'une sensation d'ouverture. Or la première est beaucoup plus forte et plus prompte que la dernière. Par conséquent la formule normale du nerf acoustique, quand la force du courant est iimyenne est simplement : KaFS (sensation du son^; quand le courant est plu- fort, la formule est la suivante ;

KaFS son vif

KaO rien

AnF rien

AnOS son faible

La qualité des sensations de sons qui se manifestent diffère généralement un peu d'individu à individu (mais, chez les personnes saines, bien moins que chez celles qui souffrent des oreilles). Les personnes bien portantes accusent ordinairement un sifflement ou sibilation ou un bourdonnement ou murmure (comme l'eau quand eîle bout, le vent quand il .-iffle ou l'abeille, quand elle bourdonne;. La réaction A.nO esl ordinairement très faible et très courte. Quand la force du courant augmente, les sensations de sons deviennent plus intenses, plus claires et plus durables: elles prennent alors un caractère plus musical, plus suffisant, plus sonore ; elles passent des bourdonnements, des murmures, des bruissements initiaux, etc. peu à peu à des tons sonores. à des sifflement- etc. ; de plus les sensation- dr -uns ne sont pas toujours pures, mais souvent accompagnées de bruits divers.

C'est spécialement la réaction KaF qui se distingue, avec des cou-

1. Quant aux autres détails nécessaires, collationncz le livre de Brenner et mes articles in Knapp-Moos'schen Archiv fur Aujen und Ohrenheilkunde.

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