SEPTIÈME LEÇON
Sommaire : Electrophysioloyie des nerfs sécréteurs et vaso-moteurs. — Le sympathique du cou. — Action des courants électriques sur la peau. — Électrophysiologie du cerveau et de la moelle épinière. — Phénomènes survenant dans la galvanisation du cerveau et de la moelle épinière chez l'homme. — Électrophysiologie des organes de la cavité pectorale et de la cavité abdominale. — Actions électrolyliques et cataphoriques : introduction galvanique de médicaments dans le corps. Actions catal y tiques obtenues par Remak. — Catalyse indirecte.
Je vais m'occuper maintenant des phénomènes éleetrophysiolôgiques constatés sur différentes autres régions du système nerveux, mais qui ont été peu étudiés et n"ont guère été utilisables jusqu'ici, spécialement en ce qui concerne le but que nous nous proposons, bien qu'il y ail un assez puissant intérêt à s'en occuper d'une manière plus approndie. Quant à Vélectrophy Biologie des nerfs sécréteurs qui, depuis la précieuse découverte de C. Ludwig, ont été l'objet de tant de recherches physiologiques, nous ne connaissons encore que peu de chose qui puisse ifous être relativement utile, bien que des expériences, faites sur des animaux, nous aient éclairés,, sur bien des points, que vous pouvez trouver mentionnés dans les manuels de physiologie. Ainsi, par exemple, vous pourrez rencontrer des détails sur l'excitation électrique de la corde du tympan, et d'autres nerfs sécréteurs de la salive, sur l'excitation de la sécrétion sudorilïque, lors de l'excitation faradique des nerfs des extrémités, du trijumeau, du sympathique du cou, etc.
On n'a failjusqu'ici sur l'homme vivant que quelques expériences qui, pour le moment, n'ont, au point de vue pratique que peu de signification. Il est certain qu'en galvanisant transversalement les joues ou les régions antérieure et postérieure de l'oreille, en excitant le nerf acoustique, etc. on produit, chez la plupart des hommes, une vive sécrétion saHvàire. Mais on ignore s'il s'agit, dans ces opérations, d'une excitation directe de la corde, ou plutôt d'une excitation réflexe de la sécrétion salivaire par l'excitation des nerfs du goût ou des nerfs sensibles des cavités de la bouche et du gosier.
Kn appliquant le courant galvanique, d'une façon déterminée, sur la région du sympathique du cou on pourrait bien produire une excitation du plexus brachial. On peut constater, d'après les assertions de Maurice Meyer, une augmentation locale de la sécrétion sudorifique sur la moitié, en question, du visage et de la partie correspondante de la main. Adamkiewicz, prétend avoir obtenu par une excitation faradique intense du nerftibial, dans le creux poplilé, une vive sécrétion de sueur au pied (plante, orteils, bords des pieds) ; le même effet est produit, Belon lui, par l'excitation du nerf médian pour la paume de
ÉLECTR0PJ1YSI0LOG1E DES NERFS SÉCRÉTEURS ET VASO-MOTEURS i(W
la main, et du tronc facial, pour une portion du visage. 11 regarde cette sécrétion comme une espèce de mouvement concomitant (excitation centrifuge) lors d'une excitation spontanée aussi bien qu'électrique des voies motrices. Mais il constata plus tard, à la suite d'une faradisation par le pinceau, une sécrétion sudorifique aussi bien sur la partie de la peau directement excitée que dans d'autres plus éloignées et une sécrétion bien plus abondante qu'à la suite de l'excitation des nerfs musculaires ; il regarde cette sécrétion comme étant en partie réflexe.
Voilà à peu près tout ce que nous savons de certain sur l'influence des nerfs sécréteurs de l'homme vivant.
Nous ne sommes pas plus heureux avec les nerfs vaso-moteurs. Je ne sache pas que les physiologistes aient encore fait des expériences spéciales sur l'excitabilité électrique de ces nerfs; une loi des commotions des nerfs vaso-moteurs n'existe pas ; on sait seulement qu'il est possible de constater une série de phénomènes aussi vaste que confuse ; que lors de l'excitation faradique, les vaisseaux commencent à se rétrécir, mais qu'à la cessation de l'excitation, ils s'élargissent d'une manière secondaire; que, sur des nerfs traversés depuis plusieurs jours, l'excitation produit immédiatement une pareille dilatation ; de plus, lorsqu'on galvanise avec les deux pôles, il y a d'abord rétrécissement, puis dilatation des vaisseaux ; que quand les courants sont plus forts, la dilatation se produit plus rapidement et devient prépondérante ; qu'une régularité déterminée de ce processus n'a pas encore pu être constatée avec certitude ; que l'on peut considérer comme un progrès le fait signalé par Przewoski, qu'à KaF se manifeste un abaissement de température et, par contre, à AnD, une augmentation de calorique dans la région du groupe des nerfs excités. — Mentionnons en outre le fait constaté dernièrement par Grutzner, fait d'une haute importance pour l'éleclrothérapie, à savoir que pour certains nerfs des vaisseaux, pour les dilatateurs des vaisseaux de la peau, le courant galvanique est un excitant direct ; l'action d'un courant secoulant continuellement, pendant quelques minutes, dans une direction ascendante ou descendante, sur le nerf sciatique du chien, provoque une dilatation des vaisseaux, sans resserrement antérieur, et cela indépendamment de la fermeture et cle l'ouverture du courant.
Messieurs, si vous avez suivi avec quelque attention les progrès les plus récents de la physiologie des nerfs vaso-moteurs, vous vous expliquerez parfaitement la confusion et l'incertitude qui régnent encore sur ce terrain. Il est vrai que la question qui a si vivement agité les esprits des physiologistes, dans ces dernières années, la question de savoir si, outre les nerfs vaso-constricteurs, rétrécissant les vaisseaux, il existe encore des nerfs directement vaso-dilatateurs.
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peut-être considérée comme résolue dans un sens affîrmatif ; mais tant qu'on n'aura pas appris à distinguer l'un de l'autre ces deux systèmes défibres et les actions qui en émanent, avec une plus ou moins grande certitude, il n'y aura pas à produire de lumières sur ce terrain.
Cette impossibilité existe encore naturellement à un plus haut point chez l'homme vivant. Le peu que nous savons à cet égard, je vous l'apprendrai bientôt, en parlant de l'électrophysiologie du sympathique et, peut-être plus tard, en décrivant les actions du courant sur la peau.
Signalons, en peu de mots, une observation qui trouve ici sa place, et que j'ai faite sur moi-même, il y a assez longtemps, observation que l'on peut comparer avec le fait mentionné plus haut par Griitzner. Pour faire d'autres expériences, j'avais dirigé vers la surface intérieure de mon avant-bras gauche, au moyen de deux électrodes moyennes, des courants incessants, de six à douze éléments, dans une direction alternante, d'une durée d'environ vingt minutes.
Aux alentours de l'électrode inférieure n'apparut qu'un halo rouge et étroit ; par contre, de l'électrode supérieure, la rougeur se répandit sur le bord radial de l'avant-bras et plus loin encore, jusqu'à la face postérieure de l'avant-bras, à une distance assez éloignée. L'expérience que je fis ensuite, avec le courant faradique, donna pour résultat, en se fondant sur la sensation excentrique, que la région rougie correspondait à la zone de distribution d'un petit groupe de nerfs cutanés, tombé dans le domaine de l'électrode supérieure. La région rougie n'avait pasété atteinte directement par le courant lui-même.
C'est principalement l'électrophysiologie du sympathique qui doit nous occuper quelques instants de plus, parce que cette électrophysiologie est devenue d'une importance réellement prépondérante, eu égard à certaines questions thérapeutiques, et comprend en ellemême une série de problèmes importants. Il s'agit ici principalement du sympathique du cou, de cette partie du système nerveux sympathique, qui, jusqu'ici, a seule pu obtenir une importance pratique dans l'étude du corps humain.
Le sympathique du cou est, comme on sait, un cordon nerveux, qui n'est pas encore connu dans tous ses rapports et sur lequel la présence des grands g inglions sympathiques avec leurs fonctions énigmatiques, fait encore peser une obscurité toute particulière. Il fournit d'abord la plus grande partie des nerfs vaso-moteurs pour certaines parties, pour la peau du visage et celle du crâne, en partie aussi pour le cerveau et les yeux, peut-être aussi pour l'extrémité supérieure. Il renferme de plus des filets nerveux qui président à la sécrétion sudorifique, des filets qui président à la dilatation des pupilles et qui agissent sur la position des bulbes oculaires (faisceaux musculaires lisses des pau--