EXCITATION GALVANIQUE DES NERFS DU GOUT ET DK L'ODORAT
point l'organe du goût est sensible à l'égard des traînées de courants galvaniques les plus faibles.
L'expérience plus exacte qui consiste, par exemple, à appliquer deux électrodes (moyennes) sur les deux joues, nous apprend que, des deux côtés, c'est-à-dire sur les deux pôles, se manifestent des sensations de goût très nettes, mais qu'elles sont très différentes des deux côtés. Du côté de l'anode, la sensation du goût est beaucoup plas vive et plus métallique, caustique ou même aussi très acide; du côté de la kathode au contraire, l'impression est plus faible, lancinante, rappelant le goût salin, astringente, mais, d'après Vintscbgau, jamais alcaline. Cette différence est si frappante que la plupart des personnes, dès la première expérience et certainement après s'y être un peu habituées, peuvent en excitant l'organe du goût, distinguer facilement l'anode d'avec la kalhode.
C'est pareillement et précisément ici que nous rencontrons le fait que l'action incessante du courant est accompagnée d'une sensation continue des sens ; car les sensations du goût sont non seulement présentes lors de la fermeture et de l'ouverture du courant, mais encore eonstatables pendant la durée du courant, bien qu'elles diminuent rapidement et disparaissent quand les courants sont faibles; mais elles se maintiennent longtemps quand le courant est fort. Aussi s'est-on bien des fois demandé si l'on n'a pas affaire ici à l'action, sur les nerfs du goût, de matières réellement sapides, telles que, des alcalins et des acides dégagés par l'électrolyse et non pas à une simple excitation électrique avec irritation spécifique. Les physiologistes débattent encore cette question, qui d'ailleurs ne nous intéresse pas beaucoup. Je crois aussi qu'elle ne sera pas vidée de sitôt, pas ph 5 !a question de savoir si, dans la sensation galvanique du goût, il s'agit d'une excitation des nerfs du goût même ou d'une excitation de leur-; organes terminaux.
On sait peu de chose sur l'excitation galvanique des nerfs de l'odorat, c'est d'ailleurs une opération difficile. Les indications des plus anciens observateurs ne sont pas tout à fait irréfutables ; parmi ceux de notre époque, Althaus seul déclare avoir constaté une odeur phosphorique dans des courants intenses et dirigés vers les fosses nasales, et il l'attribue à une excitation des nerfs de l'odorat par le courant. D'autres au contraire, présument que cette odeur n'est que l'effet d'un dégagement d'ozone (?) dans la cavité nasale. Comme cette question n'a présenté jusqu'ici aucune utilité pratique, nous ne nous y arrêterons pas davantage.