EXAMEN DE LEXCITAB1L1TÉ QUANTITATIVE GALVANIQUE DES NERFS
dentelles ; la distance du nerf de la surface de la peau peut être plus ou moins grande et amener des modifications importantes de la densité effective du courant, C'est là ce qui doit entrer en ligne de compte, mais dans la mesure de chaque cas spécial.
Vn cas très instructif de névrite du nerf cubital m'a démontré aussi l'existence réelle de ces sources d'erreur, même dans des cas pathologiques; le nerf du côté droit se trouvant, par suite d'une luxation ancienne du coude et du déplacement du condyle interne, bien plus rapproché de la surface de la peau ; lors d'une excitation soit faradique, soit galvanique de ce nerf, on reconnut si clairement que la force du courant nécessaire était tellement diminuée par rapport au point correspondant à gauche que l'on admit d'abord un notable accroissement de l'excitabilité électrique, jusqu'au moment où un'examen plus approfondi eut mis en lumière la véritable cause du phénomène. (Voir Vierordt, l. c.)
Malgré toute l'attention possible dans la technique, celte méthode ne donne donc également des résultats absolument sûrs que pour de grandes variations ; des différences plus légères ne peuvent toujours s'établir qu'avec une plus ou moins grande probabilité ; toutefois cette méthode est encore la seule pratique pour l'étude de faibles variations.
Elle sert à rechercher à quelle force absolue de courant, a lieu la première KaFS, dans un nerf ou muscle déterminé et ultérieurement à quelle force de courant se produit la première réaction de KaD (KaFTe) . A cause de la résistance de conductibilité si facilement variable par le fait de l'action du courant et peut-être aussi à cause des influences modificatrices sur lesnerfs eux-mêmes, il estici tout particulièrement nécessaire de procéder toujours très exactement de la même manière, d'après un mode et une durée d'action du courant exactement identique, et par uite de s'accoutumer à un procédé doctrinal et schématique. On fixe 'électrode indifférente et « grande » sur le sternum ; l'électrode différente et « moyenne » est exactement et sûrement localisée sur le nerf ou le muscle ; ensuite on examine tout d'abord, sans galvanomètre, en commençant par de petits nombres d'électrodes (de 4 à 6), la première secousse de fermeture du pôle négatif, en exécutant, à chaque degré du courant trois fermetures de pôle négatif, rapides et se succédant gromptement ; dès que la première et faible secousse se manifeste, on intercale le galvanomètre ' et l'on détermine la déviation de l'aiguille auprès du nombre d'éléments qui ont été réellement en activité. Ce dernier est noté avec la déviation de l'aiguille.
On augmente la force du courant ; à chaque degré, on fait de nou-
1. Les galvanomètres actuels, dans lesquels les fluctuations de l'aiguille sont
I 12 ÉLECTRODIAGNOSTIC
veau trois fermetures du pùle négatif, jusqu'à ce que l'on atteigne la force de courant à laquelle KaFS, courte et rapide comme l'éclair, se transforme en une KaDS durable, bien que disparaissant encore rapidement ; ainsi apparaît KaFTe : c'est aussi pour cela que l'on détermine aujourd'hui la déviation de l'aiguille et qu'on la note avec le nombre des éléments. De cette manière on obtient par exemple, les nombres suivants :
Nerf cubital : première KaFS avec 8 Elém. b° de Déviât.
— première KaDS > avec 14 Élém. 26° — Nerf radial: première KaFS avec 8 Élém. G0 —
— première KaDS avec 16 Élém. 28° —
Si l'on a des nerfs sains et symétriques pour une exploration comparative, on peut, avec une grande sûreté, déterminer de petites différences dans l'excitabilité '.
Cela devient plus difficile, quand il s'agit d'une comparaison avec d'autres individus bien portants ; cependant l'exploration avec une détermination exacte des courants donne déjà plus de certitude.
En effet, des expériences faites sur des individus valides, nous apprennent que, grâceàune combinaison de recherches exactement pareilles la plupart des nerfs du corps, placés à la surface donnent la première KaFS par une force de courant comprise entre 2 et 12 degrés de déviation de l'aiguille (par 150 de résistance au courant, marqués dans le galvanomètre); par contre, le KaFTe ne se produit qu'avec des forces de courant qui varient entre 25 et 35 degrés de déviation de l'aiguille. Naturellement, ces nombres ne s'appliquent qu'à un galvanomètre tout à fait déterminé : ils diffèrent avec tout autre galvanomètre ; il faut en conséquence que chaque observateur les détermine lui-même pour si m galvanomètre; sous ce rapport, l'apparition de galvanomètres indiquant la force absolue des courants serait, en tout cas, un grand progrès.
Mais, pour s'émanciper de la comparaison avec d'autres individus, qui a toujours quelque chose de fâcheux, on peut aussi faire ici la détermination de l'excitabilité pour les quatre paires de nerfs, de différentes
réduites à un minimum, peuvent déjà être intercalées, pendant les fermetures du pùle négatif, ce qui accélère beaucoup l'opération.
1. On peut représenter ces différences d'une manière très nette, quand on dispose d'après le conseil de Brenner, en même temps, sur deux nerfs symétriques, une électrode partagée et quand on compare, à chaque fermeture et ouverture, directement les unes avec les autres, les commotions qui se produisent,. Avec cela, les conditions physiques sont presque toujours égales ; cependant, on pourrait encore ici indiquer la nécessité d'un contrôle ultérieur de la résistance au courant.