‹ Traité d'électrothérapieChapitre 71 sur 290 · EXAMEN DE LEXCLTABIL1TÉ QUANTITATIVE GALVANIQUE DES NERFS · texte numérisé non relu

EXAMEN DE LEXCLTABIL1TÉ QUANTITATIVE GALVANIQUE DES NERFS

de ne jamais tirer que des conclusions vraisemblables, des faibles déviations que vous rencontrerez dans les résultats de vos explorations.

Les mêmes principes doivent présider à ï examen quantitatif de l'excitabilité galvanique, il faut même encore plus de circonspection que pour l'épreuve faradique. La méthode, généralement adoptée jadis d'exploration et de détermination, qui consistait à indiquer seulement le nombre des éléments ou encore les résistances dans un rhéostat intercalé comme mesure de la force du courant, n'est suffisante que jusqu'à un certain point pour la comparaison des deux moitiés du corps d'un individu, mais elle n'est, jamais utilisable pour la comparaison avec d'autres individus. La différence extraordinaire de RC, chez différents individus, que je vous ai signalée dans le temps (voir plus haut 4" leçon, p. 42) et non moins aussi les modifications momentanées de la résistance au courant, par l'action du courant lui-même, rendent superflues toutes les recherches antérieures (y compris naturellement les miennes) qui n'ont pas tenu compte de ce détail ; on pourrait les effacer de gaité de cœur et sans grand dommage de la bibliographie. La simple indication du nombre des éléments ou des résistances du rhéostat ne permet (quand il ne s'agit pas de très grandes différences) pas de conclusion positive sur la force de courant mise en action, ni par conséquent sur les différents degrés d'excitabilité.

La première condition, quand il s'agit de trouver les différences quantitatives d'une grande finesse, est naturellement d'examiner, avec la même densité de courant, les différents nerfs et muscles à comparer. Si cette condition est remplie, les secousses doivent être d'une intensité égale dans les nerfs de même nom ; si quelque part la contraction est plus grande, c'est que l'excitabilité est elle-même plus grande; >i la contraction est plus faible, c'est que l'excitabilité aura également diminué.

Cette condition n'est pas difficile à remplir, — du moins d'une manière approximative. — La densité du courant dépend, dans ses recherches, d'une part de la grandeur et de la surface de contact des électrodes, d'autre part, de la force totale du courant.

Il faut donc toujours choisir exactement les mêmes électrodes pour i 'exploration. C'est là un point essentiel. Il faut ensuite que la force totale du courant soit chaque fois et à chaque moment de l exploration déterminée au moyen du galvanomètre; car c'est seulement ainsi que l'on se rend indépendant de la résistance changeante que la peau présente au courant et de la force électromotrice variable de la batterie. Si le? électrodes sont parfaitement égales et si la force du courant est précinous pouvons être assurés qu'avec des déclinaisons égales de l'aiguille, on verra coexister la même densité suus l'électrode différente!

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Mais cela ne suffit pas : il faut encore établir la même densité de courant dans le nerf plus on moins éloigné de la surface ; il faut pour cela que l'électrode différente soit appliquée aux parties à comparer entre elles, absolument de la même manière, dans la même situation anatomique. avec le même degré de pression, de telle sorte que ses relations avec le nerf et sa plus ou moins grande distance d'avec lui soient aussi égales que possible.

C'est seulement après avoir rempli ces trois conditions, que l'on peut porter un jugement positif jusqu'à un certain point : quand les électrodes sont exactement les mêmes, quand on les applique d'une manière identique et quand les déclinaisons de l'aiguille sont les mêmes, nous pouvons nous attendre à ce que, dans deux nerfs symét?'iques, devant être comparés l'un ù l'autre, existe la même densité de courant. Si les deux premières conditions sont remplies, nous pouvons déduire de la déclinaison seule de l'aiguille, quelle est la densité du courant dans le nerf. Nous pouvons, par suite, employer aussi la déclinaison de l'aiguille pour juger et mesurer la modification d'excitabilité dans le nerf en question, nous pouvons aussi déterminer à quelle déclinaison de l'aiguille a lieu une secousse d'une certaine force, une secousse mini ma ou une réaction de durée (tétanos). On doit donc considérer des différences de déviation de l'aiguille sur des nerfs symétriques comme l'expression immédiate de différences d'excitabilité. Si, par exemple, la déviation de l'aiguille grandit (c'est-à-dire la force ou la densité du courant, nécessaire pour produire la commotion mini ma), c'est que l'excitabilité est diminuée ; si la déclinaison de l'aiguille es1 plus faible, l'excitabilité augmente.

Je n'ai pas besoin de répéter encore une fois qu'au lieu de la déviation de l'aiguille, au lieu de la détermination de la force absolue de courant à chaque effet, les nombres d'éléments nécessaires ni les unités de rhéostats ne peuvent jamais servir de mesure.

L'essence de cette méthode est donc que, dans des conditions externes d'expérience autant que possible semblables, on n'opère toujours qu'avec des forces decourant suffisamment connues, en ce qui concerne la densité, c'est-à-dire, par conséquent, en intercalant absolument un galvanomètre.

Même alors, il reste encore assez de sources d'erreur qui ne pourront être que partiellement et jamais complètement évitées par des observateurs exercés, d'une grande expérience. Il ne s'agit pas seulement de mesurer la force générale du courant, mais avant tout la parti'- de ce dernier qui pénètre dans les nerfs à examiner (densité du courant dan- les nerfs) et ce courant sera influencé par des circonstances diverses, par suite de couches de graisse d'épaisseur différente, de variétés dans l'épaisseur de la peau, de dispositions anatomiques acci-

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