MÉTHODE D EXPLORATION POUR L'ŒIL
tions dont nous avons parlé plus haut. Ici encore on a besoin d'une grande habitude et expérience et d'une certaine dextérité dans le maniement des appareils. Il importe surtout que vous vous orientiez bien pour chaque nerf du corps, au point de vue de ses particularités, qui peuvent tromper le commençant; j'ai déjà dit de quoi il s'agit ici à propos de chaque nerf distinct (voir plus haut page 77). Pour les muscles, il s'agit surtout d'explorer le mode de secousse, le développement prompt ou lent de la secousse, la prépondérance de tel ou tel agent moteur d'excitation ; dans tous les cas douteux, il est utile de prendre comme terme de comparaison les muscles homonymes chez des personnes saines. Dans toutes ces études, on ne peut obtenir la certitude nécessaire qu'à force de s'exercer et de se procurer une grande expérience pratique.
Pour certains détails plus délicats, pour la détermination du mode de secousse dans certains petits muscles atrophiés ou dans des nerfs dont l'excitabilité a baissé considérablement, il faut quelquefois recourir à des méthodes-d'exploration particulières, afin d'écarter des actions parallèles involontaires et perturbatrices, et d'obtenir, d'une manière aussi isolée que possible, les effets de courant dont on a besoin. Les méthodes nécessaires pour cela se trouveront spontanément à l'aide des lois de la physique. Au reste, à l'occasion, je reviendrai sur cette question. Passons à la
Méthode d'exploration électrique pour l'œil
et nous verrons, à n'en pas douter, que Brenner lui a donné toute la perfection désirable. Ici encore on procède strictement d'après la méthode polaire, simplement en posant l'électrode différente «moyenne» ou « petite » sur les paupières fermées (ou bien aussi sur les tempes ou sur le front), tandis que l'électrode indifférente «grande» ferme la chaîne sur le sternum. Au reste, j'ai cru qu'il était avantageux, pour la clarté et la netteté des sensations optiques et galvaniques d'appliquer sur la nuque l'électrode indifférente ; on peut aussi opérer de la sorte. On procède ensuite de la manière ordinaire à l'examen, pour la KaF et 0 ainsi que pour l'AnF et 0 sur chacun des yeux. La force de courant, nécessaire à cela, est ordinairement très faible. Il suffit de quatre ou six ou au plus huit éléments.
Cette exploration est souvent difficile, parce que l'observation des individus sur eux-mêmes est parfois insuffisante, pour saisir et préciser les sensations de lumière et de couleur, mais l'expérimentateur finitpar atteindre son but, à force de chercher avec circonspection et en in struisant convenablement le sujet de l'expérience. Ce résultat est encore Ere. — Électrolhérapic. 10
1 ili ÉLECTRODIAGNOSTIC
facilité quand on procède à l'investigation dans une chambre à demi obscure et, naturellement, sur les yeux toujours fermés.
Par suite de la grande excitabilité de la rétine, il est parfois difficile, dans des cas d'affection unilatérale, d'éviter les sensations de lumière, produites par des traînées de courant sur l'autre œil non armé, en d'autres termes, de les séparer des sensations de l'œil étudié par l'obxivateui'. En pareil cas, il ne faut pas appliquer sur le sternum l'électrode B ; on l'applique comme « petite » électrode, sur la tempe du même côté, une autre électrode, « petite » aussi, est placée sur les paupières fermées, comme électrode d'excitation. De la sorte, on atteindra généralement son but et l'on obtiendra, du moins grâce à des intensités médiocres de courants, une réaction, complètement isolée, de l'œil ainsi étudié. La
Méthode d'exploration de l'oreille
a aussi été exposée d'une manière systématique, pour la première l'ois, par Brenner. Mais la méthode, employée d'abord presque exclusivement par Brenner, consistait à diriger le courant, aussi concentré et aussi sûr que possible dans l'oreille et vers les nerfs auditifs, dételle façon que l'électrode différente était introduite, sous diverses formes dans le conduit auditif extérieur rempli d'eau ou d'une solution saline et protégé en partie par de petits entonnoirs en verre ou en caoutchouc, quelquefois aussi par des bonnets d'épongé. Ritter introduisait dans chaque oreille un fil conducteur, et il opérait alors avec des courants d'une force incroyable. Mais c'est de Brenner seul que provient aussi la découverte de l'exploration polaire, pour l'oreille et l'élaboration d'une méthode d'exploration aussi satisfaisante aux points de vue scientifique que technique, méthode que je vous ai déjà décrite. Il est vrai que, par l'introduction du pôle différent dans le conduit auditif externe, la recherche est devenue extraordinairement douloureuse et presque intolérable ; en outre, quand on a rempli le conduit auditif avec de l'eau, on provoque des bruits parallèles et perturbateurs, qui augmentent beaucoup les difficultés de l'observation de soi-même.
J'ai donc modifié la parlie technique de la méthode, de manière à placer immédiatement devant l'oreille, comme électrode d'excitation, une électrode moyenne, bien trempée, de telle façon qu'elle couvre encore tout le tragus et le comprime un peu vers l'intérieur, sans toutefois fermer entièrement le conduit auditif; ce procédé a été assez généralement adopté comme « mode d'exploration externe ». L'électrode B peut dès lors être fixée au sternum. On peut aussi l'appliquer sur la main qui n'est pas du même côté que l'oreille qu'on examine ; mais ce qu'il y a de plus facile à faire pour arriver au but, c'est de