EXAMEN FARADOCUTANE DE LA SENSIBILITE
pas pu me convaincre de cela ; les sensations de douleur, qui se manifestent d'après cette méthode, sont désagréables au plus haut point ; les forces de courant nécessaires sont tout à fait inconstantes et souvent même très différentes à des points symétriques, ce qui dépend sans doute de certaines circonstances de la résistance de l'épidémie qu'on ne peut éliminer. Je n'ai pas pu me convaincre de l'utilité pratique de cette méthode, qui a du reste le défaut d'empêcher de déterminer au galvanomètre la force active du courant; mais il paraît qu'il se manifeste une vive sensation de douleur, pour peu que le courant fasse sa traversée (Bernhardt lui-même reconnaît que c'est là le cas, dès que le galvanomètre ne donne qu'une inclinaison de 1 degré ù 9 ï n
Après ces expériences peu encourageantes, faites d'après tes méthodes actuellement en vigueur, je me suis pareillement efforcé de trouver une méthode plus utile et plus pratique pour explorer la sensibilité far ado-cutanée, et qui pût éviter les sources d'erreur dénoncées plus haut. Cette méthode vient d'être décrite parDrosdoff ; mais elle ne peut pas non plus avoir la prétention d'être parfaite.
Je ne choisis plus comme électrode d'excitation (tandis que l'électrode B, « la grande » électrode humide siège toujours sur le sternum) le pinceau métallique mou, émousséà plat, décrit par Drosdoff, mais je me suis fait confectionner, dans ce but (chez les docteurs Stohrer père et fils, à Leipzig) une électrode particulière, qui partage avec le pinceau l'avantage d'offrir au courant de nombreuses entrées dans la peau et qui du moins élimine l'inconvénient de l'action mécanique éventuelle des différents fils du pinceau.
Un faisceau de plus de 400 fils métalliques fins, revêtus d'un fourreau et vernissés, est fortement enfermé dans un tuyau en caoutchouc d'environ 2 centimètres de diamètre, solidement relié par soudure aune extrémité, avec la gaine métallique amenant le courant et attachée a un manche d'électrode (fig. 20 a) ; l'autre extrémité libre est polie autant que possible, si bien que, placée sur la peau, elle fait l'effet d'une surface métallique tout à f'.iit lisse. Celte même électrode, appliquée sur la surface de la peau, couvre, sur cette peau, une surface circulaire d'environ 2 centimètres de diamètre (fig. 20 b), dans laquelle entre simultanément environ 400
Électiode pour l'examen farailocutaaé «le la
seusibiliié. — A.. Tuyaux de cauutchoin-. B. surface libre de l'électrode-
ELECTRODIAGNOSTIC
fils de courant. Par là, on intercale certainement toutes les sources d'erreur possibles (transpirations, poils follets, petits troncs nerveux, etc.) et l'on n'a plus à tenir compte de petits changements que l'on rencontre en divers points d'excitation. Au lieu de 2 entrées on en a 400 et l'on obtient ainsi une action plus régulière sur de nombreuses extrémités de nerfs. Sous cette forme, l'électrode d'excitation m'a paru très pratique et très maniable.
On place cette électrode (reliée avec le pôle négatif du courant d'ouverture) solidement sur une partie quelconque de la peau, puis on détermine par une lente poussée du rouleau, d'abord la distance de rouleau à laquelle se manifeste la première sensation électrique minima, de chatouillement, la sensation de picotement bien connu ; en ouvrant en fermant plusieurs fois la chaîne, sur le commutateur du courant cela peut aisément se contrôler et se faire avec une grande rapidité. Il est bon, dans ce moment, d'humecter modérément la peau, en la frôlant rapidement avec un drap humide.
Ensuite on pousse plus loin le rouleau avec un peu plus de célérité, jusqu'à ce que la personne sur laquelle oniopère accuse une sensation douloureuse bien accentuée ; on note aussi cette distance des rouleaux. Les différents individus ne se ressemblent guère dans l'idée qu'ils se fontdela douleur; mais du moins l'expérience prouve que, sur ce point, il n'y a pas de notables différences sur les différentes personnes saines.
Cette exploration s'effectue sur un nombre illimité de points du corps et sur les régions quelconques du corps. J'ai choisi à cet effet, pour gagner du temps, un nombre de points relativement petits, auxquels on peut en ajouter d'autres à volonté.
PLACES d'excitation.