DIMINUTION DE L EXCITABILITE ELECTRIQUE ; SON ÉT10LOG1E
Peut-être faut-il aussi ranger ici les cas de paralysie aiguë (Jaffé- Erb), de myélite aiguë (v. d. Velden) et d'autres maladies épinières Kahler et Pick), où l'on a observé une diminution prompte et profonde de l'excitabilité faradique et galvanique.
Dans Y atrophie musculaire progressive on peut constater dans les nerfs ainsi que dans une grande partie des muscles, le plus souvent, un simple abaissement de l'excitabilité électrique et particulièrement dans les formes qui commencent dès la jeunesse et se maintiennent pendant de nombreuses décades d'années en se traînant et sans présenter une forme bien distincte ; par contre avec la forme typique on trouve dans une partie des muscles une réaction régulière de dégénérescence.
Dans les maladies périphériques il faut avant tout se souvenir que les parties de nerfs situés au centre par rapport à la lésion cessent, avec l'apparition de la paralysie d'être accessibles à notre exploration, c'està-dire que ces nerfs paraissent ïneyLcM&bXes en toutes circonstances, parce qu'ils sont privés de leur relation avec les nerfs afférents et que par suite leur excitabilité ne peut plus se manifester ; c'est précisément le fait caractéristique de la paralysie périphérique, que l'ensemble des nerfs placésau centre par rapport à la lésion soit totalement inexcitable faradiquement et galvaniquement, et ce fait peut être utilisé très fréquemment et utilement pour la localisation positive de la cause de la paralysie. Toutes les variations d'excitabilité que généralement nous pouvons reconnaître, se rapportent donc au stock de nerfs de la périphérie et, c'est seulement là où la paralysie n'est pas encore complète ou est déjà sur le déclin, qu'il peut être question sous certaines conditions d'un examen de l'excitabilité électrique de la masse centrale. Nous devons nous montrer très prudents lorsqu'il s'agit d'admettre un simple affaiblissement de l'excitabilité électrique ; en principe, il se présente comme une manifestation partielle de la réaction de dégénérescence que nous allons incessamment décrire, et, à la vérité, dans les nerfs seulement, l'affaiblissement progressif va jusqu'à une complète extinction de l'excitabilité faradique et galvanique ; par contre dans les muscles, l'excitabilité faradique, décroit seulement et se perd tandis que la galvanique parcourt toute une série de transformations qualitatives et quantitatives dont le dernier terme est une extinction de l'excitation galvanique. Pourtant on a aussi constaté dans certaines paralysies périphériques et dans des cas rares, une simple diminution de l'excitabilité électrique (Brenner, Bernhardt) ; en outre, dans les maladies musculaires qui doivent aussi être mentionnées, il y a aussi lieu de constater une simple diminution de l'excitabilité électrique des nerfs moteurs afférents.
Dans toute une série de maladies des muscles notamment, l'excita-
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bilité électrique des muscles parait simplement affaiblie, à un plus ou moins grand degré, sans qu'il se produise quelque variation qualitative Telle est la règle, dans des cas rares à' hypertrophie idiopathique des muscles (0. Berger) et telle est, à un degré encore plus élevé, dans la pseudohypertrophie des muscles où l'excitabilité électrique fortement amoindrie présente un contraste frappant avec le volume colossal des muscles. Mais ce phénomène est beaucoup plus important, pratiquement et diagnostiquement, dans les atrophies et lésions de muscles observées si fréquemment à la suite d'affections articulaires (à l'épaule au genou, etc.). Rumpf le premier a décrit d'une manière exacte ces cas provenant de mon service et depuis, j'ai constaté l'exactitude de ses affirmations dans de nombreuses circonstances ; la variation qualitative de l'excitabilité des muscles manque là sans aucune exception, et ceci est très important pour la distinction des atrophies de dégénérescence.
Tout récemment Seeligmuller a décrit quelques cas de paralysie orsénicale, dans lesquels l'excitabilité faradique et galvanique était affaiblie à un haut degré, sans qu'il y eût simultanément une réaction de dégénérescence : Dacosta nous confirme ce fait. 11 n'est pas rare de rencontrer, dans la pratique, d'anciennes lésions, atrophies, etc., dans lesquelles l'exploration démontre un semblable affaiblissement s'étant produit à un degré plus ou moins élevé ; mais, dans ce cas, il est difficile pour ne pas dire impossible de décider, si on ne se trouve pas sur les confins de la réaction de dégénérescence ; et dans maints autres cas, une exploration plus exacte démontrerait peut-être encore les 1 races évidentes de ce changement d'excitabilité.
En tous cas et en conséquence, la diminution de l'excitabilité électrique a une certaine importance comme diagnostic, et ses degrés les plus faibles, qu'une exploration exacte peut seule constater, semblent surtout être appelés à éclairer ou appuyer le diagnostic difficile de maintes affections (principalement centrales, spinales), d'écarter la simulation, etc. En fait, j'ai réussi dans plusieurs cas médico-légaux à obtenir presque toutes les constatations positives, à l'aide d'une exploration électrique exacte et quantitative qui démontrait l'existence réelle d'une maladie et aidait le malade à se faire rendre justice.