KÉ ACTION DE DÉGÉNÉHESCEXCE
mnltanément dans les dits nerfs et muscles. Cette dégénérescence se caractérise en fait par la diminution et la perte de V excitabilité faradique et galvanique des nerfs et de l'excitabilité faradique des muscles, tandis que l'excitabilité galvanique de ces derniers reste stationnaire , quelle est augmentée parfois notablement et varie toujours qualitativement d'une façon déterminée.
La DR a une importance très étendue au point de vue du diagnostic ; elle peut bien être considérée comme le don le plus précieux dont la pathologie des nerfs soit redevable à l'électrodiagnostic, surtout depuis qu'on en a étudié tous les détails à l'aide de travaux graduels d'expérimentation, en discutant chaque particularité pathologique d'une façon très complète et qu'elle a été explorée avec plus de soin dans toute la multiplicité de ses manifestations.
L'attention fut fortement éveillée lorsque Baierlacher, en l'an 1859, publia un cas de paralysie faciale, dans lequel les muscles du visage (et comme au début on le croyait généralement les ramifications faciales mêmes) ne réagissaient point contre le courant faradique, mais en revanche réagissaient d'une manière exagérée contre le galvanique. Les plus audacieuses espérances, concernant la supériorité, devenue actuellement manifestement apparente, du courant galvanique sur le faradique, s'attachèrent à ce fait merveilleux, bientôt de toutes parts confirmé, — et la réintroduction du courant galvanique dans la pratique médicale proposée par Remak, n'a peut-être point été si utile, à cet égard, que cette découverte.
Le fait en lui-même n'était pas d'ailleurs tout à fait nouveau en l'an 1859, bien qu'il n'eût pas été en tous cas apprécié, constaté et prisé à sa juste valeur. Halle déjà, d'après Onimus et Legros, avait, vers la fin du siècle dernier, observé, lors d'une grave lésion faciale, que de simples étincelles électriques, aussi bien que les décharges d'une bouteille de Leyde, restaient absolument ou presque sans action sur les muscles du visage, tandis que ces derniers répondaient très promptement et par des contractions de longue durée au courant d'une pile à colonne voltaïque. Duchenne avait du moins observé, à diverses reprises, que des muscles lésés, qui obéissaient jusqu'à un certain point à la volonté, restaient complètement inexcitables en présence de forts courants faradiques et R. Remak a indiqué, en plusieurs endroits de ses écrits, que, en beaucoup de cas, le courant galvanique produisait des contractions musculaires plus fortes que le faradique.
Mais ce fut seulement avec la découverte de Baierlacher que l'attention universelle fut appelée sur ce fait et un grand nombre d'observations critiques (de Schulz de Vienne, Mor Meyer, V. Griinewaldt, Brenner, Neumann, V. Ziemssen, Eulenburg, Erdmann, Barwinkel, Runge, Erb, etc.) ne confirma pas seulement l'apparition de ce phéno-
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mène, pour les formes de paralysie rhumatismale du nerf facial, mais encore pour les paralysies , surtout les paralysies traumatiques de tous les autres nerfs possibles du corps. Mais on a jusqu'ici regardé fréquemment ce phénomène, comme se rapportant également aux nerfs et aux muscles.
J'ai constaté par contre, très exactement, ce fait qui n'avait d'aucune façon été complètement omis par d'autres (Neumann, Barwinkel, V. Grunewald, Runge, ele), à savoir que les muscles ne réagissaient que sur une excitation directe, émanant des nerfs et non sur une indirecte, et que les nerfs ne se conduisaient pas d'une façon différente à l'égard du courant faradique ou galvanique. Poussé par l'apparition de la DR lors des paralysies traumatiques, j'entrepris tout d'abord une exploration expérimentale qui, sur tous les points les plus essentiels, donna toute une série de résultats satisfaisants; on établit d'abord exactement parla, la manière différente de se comporter des nerfs et des muscles, on examina plus à fond, toute la série descendante des variations d'excitabilité et surtout, on exposa nettement la connexion des modifications d'excitabilité avec les phénomènes dégénératifs se succédant simultanément dans les nerfs et les muscles. Un travail expérimental commencé un peu plus tard par Y. Ziemssen et Weiss, fournit au point de vue des modifications électriques d'excitabilité, des données absolument identiques ; les constatations anatomiques n'ont malheureusement jamais été publiées.
Après que les bases fondamentales eurent été ainsi établies, de nombreuses observations, les unes entrantplus profondément dans le sujet, les autres étant plutôt des observations cliniques, (Brenner, Bernhardt, Erb, A. Eulenburg, E. Remak, Rumpf. Kahler et Pick, Eisenlohr, Kast, Vierord, etc.) ont apporté quelque lumière sur l'apparition et la nature exacte de la réaction de dégénérescence, dans les circonstances pathologiques les plus diverses ; des travaux d'expérimentation ont été h diverses reprises exécutés sur cet objet et le plus récent, très complet, de Leegard, nous a apporté, sur tous les points principaux, une confirmation des faits établis par moi.
Entre autres choses, les observations cliniques nous ont appris que la réaction de dégénérescence, n'apparaît pas toujours et partout dans son complet développement, mais qu'il y a aussi des cas où, pour ainsi dire, elle se localise dans les muscles, épargnant plus ou moins les nerfs; c'est pourquoi j'ai imaginé le nom de réaction partielle de dégénérescence. Mais je veux, avant tout, vous donner une description exacte de la réaction complète, DR, puis une courte discussion de formules et autres anomalies d'icelle.
Le fait le plus important à. consigner ici tout d'abord est que le processus des variations d'excitabilité est absolument dijjérent dans les nerfs