RÉACTION DE DÉGÉNÉRESCENCE. ÉTAT DES NERFS MOTEURS
et dans les muscles, qu'elles doivent par conséquent, être franchement séparées les unes des autres. On doit par suite, tant dans l'exploration que dans l'exposition, les distinguer autant que possible les unes des autres.
En ce qui concerne le nerf moteur, après l'action d'une lésion paralysante, il ne se produit dans un petit nombre de cas, qu'une légère augmentation de l'excitabilité électrique et elle a une courte durée de un ou deux jours ; mais, dans la règle, aussitôt ou très vite (dès le deuxième ou troisième jour) après l'apparition de la paralysie commence un abaissement progressif et symétrique tant de l'excitabilité faradique que de la galvanique. Ceci se manifeste, en partie par un retard dans l'apparition du minimum de contraction, en partie par un affaiblissement du maximum de contraction qu'on puisse atteindre par de forts courants. On voit l'excitabilité décroître rapidemment de plus en plus, de telle sorte que, vers la fin de la première ou durant le cours de la deuxième semaine, elle a complètement disparu et que du moins, lors d'une excitation percutanée avec les plus forts courants faradiques et galvaniques, il ne se produit plus de traces de contraction. L'affaiblissement commence à la partie des nerfs située tout près de la lésion et de là gagne assez vite vers la périphérie. Le nerf se comporte, sous ce rapport, presque de la même façon, à l'égard des deux sortes de courants : les inexcitabilités faradique et galvanique progressent proportionnellement et synchroniquement, sans nulle trace de variation qualitative.
Cette absolue inexcitabilité des nerfs a des lors une durée variable: elle est très courte dans les cas légers, rapidemment guérissables, elle est de longue durée (plusieurs semaines, plusieurs mois), dans des cas rebelles plus graves, permanente dans des cas incurables.
Ensuite les premières traces de l'excitabilité qui revient commencent à se manifester presque en même temps pour le courant faradique et galvanique et alors seulement que la compensation de la lésion et la régénération du nerf ont fait certains progrès. On constate tout d'abord ces traces dans la partie des nerfs placée tout près de la lésion e( ee n'est que petit à petit que l'excitabilité de retour arrive vers la périphérie et ce n'est que très lentement qu'elle se rétablit de nouveau ; ceci se produit dans les mêmes proportions pour les deux genres de courant et sans variation qualitative. Dans les cas légers, la hauteur normale de l'excitabilité est assez vite atteinte ; mais dans tous les cas graves, elle reste un temps plus ou moins long au-dessous de la normale et il n'est pas rare, en de telles circonstances, de constater le complet rétablissement de la motilité volontaire, tandis que l'excitabilité électrique des nerfs accuse encore un affaiblissement indubitable.
Très habituellement, vous pouvez, dans des cas de cette nature,
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observer que l'inexcilabilité du nerf persiste encore à une époque où, par son entremise, des mouvements volontaires s'effectuent déjà, c'est-à-dire qu'il y a retour de la motilité, malgré la persistance de la perte de l'excitabilité électrique et qu'ultérieurement aussi le progrès de ces mouvements volontaires s'opère plus vite et plus complètement que celui de l'excitabilité électrique. C'est là un fait queDuchenneavait bien des fois constaté, dans les paralysies traumatiques, en ce qui concerne l'excitabilité faradique et il ne signifie rien autre que ceci, c'est que le nerf, à une époque déterminée, est bon conducteur des excitations volontaires émanant de l'organe central, mais qu'il n'est pas encore excitable par le fait des courants électriques. Cet état n'est souvent apparent que pendant un temps très court, mais souvent, il dure des jours etdes semaines; cela dépend de la gravité delà lésion, de la rapidité de la régénération et de la distance qui sépare la place excitée du siège de la lésion.
Si l'on creuse davantage ce fait surprenant et qu'on a bien souvent considéré comme inexact, on voit qu'il trouve sa solution simplement en ce fait que la conductibilité et /' 'irritabilité électrique du nerf sont deux qualités distinctes et que l'existence de l'une ne nécessite pas absolument celle de l'autre. Sitôt qu'il se produit au siège de la lésion une nouvelle jonction des centres nerveux avec la portion périphérique; et que dans cette dernière, un certain degré (très faible encore, comme mes expériences l'ont démontré) de régénération s'accomplit, les voies motrices sont déjà bien capables de conductibilité, mais ne sont pas pour cela encore devenues excitables par les courants » électriques ; pour ceci, il faut que la régénération ait fait / encore de nouveaux progrès. Lorsque, dans le schéma ci-joint / d'un semblable nerf moteur, la partie de lésion située entre b et c (fig21) s'est une fois raccordée par la régénération, une conductibilité des excitations venues de a jusqu'au muscle est de nouveau possible, bien que la masse c du filament placée au-dessous soit encore électriquement inexcitable. Si l'on applique donc l'irritant électrique à la partie inférieure r. il ne s'ensuit aucune contraction, si on l'applique au delà de b, il se produit d'évidentes contractions ; or comme l'excih' " lation de la volonté agit au delà de b, elle peut également produire des contractions musculaires. Ce fait constaté expérimentalement, peut facilement encore se confirmer sur des hommes vivants, sur des lésions convenablement localisées, dans lesquelles la masse nerveuse placée au centre est accessible à la sensibilité électrique. La différence entre l'efficacité de l'excitation volontaire et celle d'un excitant électrique appliqué à un segment de nerf périphérique, s'ex-