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CHAPITRE XIX Résumé des deux chapitres précédents

Si les diverses causes que je viens de signaler peuvent mettre un cheval hors de son aplomb, des chevaux d'une excellente construction peuvent aussi en sortir en raison des exercices violents auxquels on les soumet.

Un cheval peut paraître raide et décousu, quoique possédant toutes les qualités requises pour être souple,

liant, d'accord dans ses mouvements. Il est facile de comprendre alors que du jour où, sorti d'un exercice violent, on le remet dans un travail régulier, il peut promptement déployer les qualités qui lui sont propres.

Des chevaux de cette nature font k bon marché la réputation de celui qui les dresse; les ignorants, et le nombre en est grand, ne peuvent pas comprendre, sans croire au prodige, qu'un cheval de course ou de chasse auquel ils ont vu l'encolure tendue, la tête en avant, se portant sur les épaules en s'appuyant sur la main, puisse plus tard ramener la tête, avoir l'encolure souple et la bouche légère. Rien n'est cependant aussi simple. Que cherche-t-on quand on prépare un cheval à l'exercice des courses ? c'est de lui faire prendre une position favorisant le plus la rapidité. La liberté de ses épaules, la force de son arrière-main ne sont employées alors que pour lui faire couvrir le plus de terrain possible, et non pour le faire piaffer et s'asseoir.

Mais ces ressorts n'en existent pas moins. S'ils ont servi dans la course à déployer la Aatesse, c'est qu'ils ont été employés de façon k amener ce résultat ; qu'on les emploie ensuite d'une façon diamétralement opposée, on amènera le résultat contraire.

11 n'existe certainement aucune analogie dans les moyens qui tendent k ralentir un cheval avec ceux employés pour le pousser en avant. Nécessairement, celui qui a été soumis k l'entraînement, habitué k se porter sur les épaules, k tendre son encolure, k prendre un point d'appui sur la

main, ne s'assoira pas si l'homme qui le monte agit de façon à le maintenir dans cette position, et s'il cherche a le ralentir en offrant des points d'appui sur la main, dont le cheval profitera toujours pour s'emporter.

Il devient essentiel, sans aucun doute, d'user d'un autre moyen, si l'on veut rassembler un cheval et obtenir des allures ralenties. Au lieu de maintenir la tête éloignée et l'encolure raide, il faut, au contraire, assouplir cette encolure pour rapprocher la tête, relever les épaules et ne plus se servir des jambes pour pousser le cheval sur la main ; mais, bien au contraire, les employer à travailler les hanches pour asseoir le cheval et lui rendre la bouche légère.

Le luxe se servant aujourd'hui à Paris de chevaux ayant chassé en Angleterre ou couru sur nos hippodromes, ils sont tous disposés de la même manière, c'est-k-dire préparés pour aller devant eux. Aussi les rares difficultés qu'olh^ent ces chevaux sont-elles toujours les mêmes, résultant de leur éducation première. Ayant conservé l'encolure raide et la tête en avant, ils cherchent à gagner à la main et à mettre le nez au vent. Dans cette circonstance il n'y a aucun doute que l'assouplissement de l'encolure n'amène de très bons résultats.

En présence de chevaux déjà préparés pour offrir la même difficulté, on a jugé les généralités sur l'exception, et l'on a pensé qu'un système d'assouplissement devenait infaillible et pouvait s'appliquer sur tous les chevaux. L'application de ce système généralisé a déjà prouvé que si

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quelques personnes ont obtenu des résultats efficaces, d'autres n'en ont tiré que de cruelles déceptions.

J'ai expliqué tout à l'heure, dans les deux chapitres précédents, les circonstances où l'assouplissement ne peut être employé avec succès. J'aurai sans doute encore occasion de traiter cette question.

En raison de la manière de voir d'une nation, de ses usages et de ses besoins, l'équitation a pu varier. Ainsi l'Angleterre et l'Allemagne diffèrent dans leurs principes : les premiers s'occupent de courses et de chasse, et considèrent la vitesse comme première qualité. Ils usent, dans l'éducation des jeunes chevaux, des moyens propres à les pousser en avant; aussi, généralement, les chevaux anglais sont-ils plus sur les épaules que sur les hanches, et ont-ils par conséquent la bouche un peu ferme. Il résulte de cette éducation que le devant s'use plus tôt que le derrière.

Les Allemands, au contraire, travaillent spécialement dans les manèges et s'occupent particulièrement de l'équitation militaire. Ils tiennent k avoir des chevaux ralentis et maniables. Pour obtenir ce résultat, ils les portent plus sur l'arrière-main que sur le devant. Il arrive que les chevaux de ce pays ont tous des allures plus raccourcies, les mou-= vements de l'avant-main plus légers et la bouche très fine. Dans ce cas les jarrets s'usent plus tôt que les épaules, et les chevaux manquent toujours par l'arrière-main.

Nous devons rechercher dans notre équitation un intermédiaire, et faire en sorte de nous rapprocher des principes anglais, sans en adopter ce qu'ils ont de

mauvais, de même que nous devons modifier le système allemand, qui est celui dont nous nous sommes le plus rapprochés.

Ce résultat sera d'autant plus facile a atteindre, qu'il se rapproche plus de la nature.

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