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CHAPITRE XXVIl Moyens de mettre un cheval au pas

C'est au pas que le cheval marche le plus d'aplomb. L'allure étant moins rapide, les jambes ayant besoin de moins d'extension, et se portant alternativement en avant, elles se partagent plus également le poids du cheval.

Pour obtenir l'allure du pas il faut faire agir les jambes légèrement et par degré, afin que trop de force ne lui fasse pas éprouver une sensation qui pourrait l'engager à passer a une allure plus allongée. A mesure que les jambes agiront pour porter le cheval en avant, la main doit se fixer légèrement pour maintenir le devant et régler les

mouvements et la marche du pas. Plus on veut allonger cette allure, plus il faut faire agir les jambes en présentant k la bouche un soutien, qui, engageant le cheval à s'appuyer sur la main, trouvera par cet appui le moyen de donner un plus grand développement aux épaules. Pour le ralentir, les jambes doivent diminuer d'action, tandis que la main, ayant servi de soutien dans le pas allongé, agira alors pour décharger les épaules et arrêter leur développement.

Lorsque l'on veut obtenir un pas léger et cadencé, on augmentera en même temps l'action des mains et des jambes.

Les jambes du cheval se portant alternativement en avant, pour que le pas soit régulier, elles doivent embrasser une même étendue de terrain ; il est donc nécessaire, pour ne point déranger cette régularité, que le cavalier renferme son cheval entre des pesanteurs égales qui contribueront k le maintenir droit. .

Etant maintenu entre deux poids égaux, s'il marchait inégalement, cela viendrait d'un défaut de construction, qui en donnant plus de force k un côté ferait marcher le cheval de travers * .

Lorsqu'un cheval marche de travers, il y a un côté plus avancé que l'autre. Il faut pour redresser ce côté user de moyens qui puissent le maintenir ou le faire reculer, et qui

* Un côté paraît plus faible souvent parce qu'il est moins exercé ; c'est par un travail bien entendu et plus répété qu'on lui fait reprendre de la force.

en même temps feront avancer le côté opposé. Nous avons vu dans l'action des rênes que pour reculer une épaule il fallait tirer à soi la rêne qui agissait sur cette épaule ; en arrêtant ainsi son développement on aidera celui de l'épaule opposée, ou du moins en ralentissant la première on met la seconde dans le cas de passer en avant ou de marcher sur la même ligne.

Il en est de même pour les jambes : lorsqu'une seule agit elle tend à pousser l'arrière -main du côté opposé à son action, et par conséquent k faire marcher ce côté le premier. Ainsi, lorsque par un défaut de construction le cheval marche de travers, il faut, par l'effet d'une rêne ou d'une jambe, rectifier son allure, en arrêtant ou maintenant plus fort le côté qui va trop en avant ; la jambe ou la rêne qui agira sera toujours maintenue et rectifiée dans son action par la jambe ou la rêne qui soutiendra.

Par exemple, si l'épaule gauche reste en arrière, il faut maintenir la rêne gauche et tirer à soi la rêne droite, afin de reculer l'épaule droite. Si la hanche droite dévie ou se pousse à droite, on offre une résistance plus forte de la jambe droite, afin que, les hanches se portant à gauche, l'arrière-main soit redressée ; la jambe gauche ne servira plus que de soutien, mais assez ferme cependant pour que les hanches, renvoyées a gauche par la jambe droite, ne dépassent pas la ligne que l'on parcourt.

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