CHAPITRE XXIX Moyens de mettre un cheval au galop
Au galop, le terrain étant toujours entamé par le même côté, les mains et les jambes du cavalier doivent agir en raison du côté où l'on veut marcher.
Ainsi, par exemple, si l'on veut partir a droite, sachant qu'à cette main l'épaule droite doit être plus avancée, plus élevée que la gauche, on assurera la main de façon à porter le poids des épaules sur l'arrière-main, et l'on fermera les jambes pour provoquer l'action du cheval. Quand on sentira qu'il est assez rassemblé, assez élevé dans son
* H arrive qu'un cheval mis au bout de son trot prend le galop ; la raison en est simple : le cheval se maintient au trot tant qu'il y a égalité dans le mouvement de ses jambes et qu'elles se portent alternativement en avant; mais, dès que cette égalité cesse, ce qui arrive lorsqu'il force l'allure ou qu'il est de travers, le côté le plus fort restant en avant, il se trouve au galop puisque cette allure existe quand un côté marche toujours le premier.
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action pour prendre le galop, il faudra marquer de la bride un arrêt tendant a ralentir le mouvement de l'épaule gauche, et fermer en même temps la jambe gauche plus que la droite afin que l'arrière-main ne se traverse pas k gauche, et suive le mouvement des épaules. En cherchant alors à se rendre compte des mouvements de l'arrièremain, il s'agit de sentir, de saisir le temps où la jambe gauche de devant et la droite de derrière s'appuieront k terre pour redoubler l'action indiquée de la main et des jambes, afin qu'au moment où la jambe gauche de derrière s'élève, elle puisse, quand elle viendra s'appuyer sous le cheval, pousser l'épaule droite en avant et faire entamer le galop k droite.
Le moyen d'opposition que je propose pour déterminer le galop me paraît le meilleur, parce qu'il agit d'une façon plus directe sur le cheval, et qu'il est presque toujours probable qu'étant franchement attaqué k gauche, il s'échappera k droite et entamera le terrain de ce côté.
Il peut néanmoins arriver qu'il ne parte pas sur le pied
demandé ; voici en quelles circonstances : Un cheval, en
raison d'une habitude ou d'une souffrance, peut préférer
un pied plutôt que l'autre. Je suppose qu'il aime mieux
marcher k gauche, et qu'au contraire on veuille marcher k
droite. Dans ce cas, bien qu'il reçoive de la part du
cavalier des résistances qui devraient le faire partir k
droite, les épaules et les hanches habituées k se mouvoir
dans un sens qui leur est familier, pourront conserver ce
mouvement et accepter alors l'action de la jambe gauche et
la résistance de la main, comme une indication propre à déterminer l'allure du galop, laquelle, une fois déterminée, s'entamera a gauche, les hanches et les épaules étant par avance disposées à ce mouvement.
Il est donc fort essentiel de sentir son cheval, afin de pouvoir l'amener par des arrêts et de petites résistances des jambes a changer son mouvement, et enfin profiter du moment opportun pour le déterminer à la main à laquelle on veut le mettre.
Tout homme n'ayant pas le sentiment du cheval peut faire échouer, dans la pratique, l'application des meilleures théories du galop.
Il est encore des circonstances où le cheval, pour se mettre sur le pied qui lui est familier, se pousse sur la jambe, et prend sur la main un trop fort point d'appui. Se soustrayant ainsi à leur action, il se met sur le pied qu'il préfère.
Cette difficulté se combat en régularisant les mouvements, en menant le cheval légèrement, tout en cherchant k le placer de la façon la plus convenable pour obtenir le galop désiré. Dans ce cas, le cheval va par sauts de pie, traquenarde, en se présentant toujours sur le pied qui lui est familier. Il ne faut plus alors agir comme je l'ai expliqué précédemment ; on doit, au contraire, baisser la main et pousser le cheval dans les jambes afin de le porter sur les épaules. Lorsqu'il a repris son point d'appui sur le mors, qu'il est remis d'aplomb, on le déterminera au trot : on le poussera dans cette allure en le faisant marcher en
cercle du côté où l'on veut faire prendre le galop. Ainsi, par exemple, veut-on le mettre à droite? en tournant de ce côté, l'épaule droite se trouvant, par l'effet du tournant, plus avancée que la gauche, et ayant moins de terrain à parcourir, il est indubitable qu'en poussant le cheval au grand trot, on n'amène bientôt une inégalité dans le mouvement des épaules, inégalité que la main du cavalier peut aider aussi, et qui finira par mettre l'épaule droite dans le cas d'entamer seule le terrain. (Voir la note qui se trouve à la fin du chapitre : Moyen de mettre un cheval au