‹ Traité d'équitation illustréChapitre 36 sur 68 · TROT · texte numérisé non relu

TROT

Dans ce travail, la jambe du cavalier doit très fortement agir, afin de maintenir les hanches et les empêcher de se traverser ; car si elles sortaient de la ligne des épaules pour se ])orter à gauche, la hanche gauche s'avançant plus que la droite entamerait le terrain et le cheval marcherait désuni. Dans ce cas, le cavalier doit avoir le tact de sentir le mioment où le cheval se présente à droite, afin d'agir avec plus de puissance pour déterminer le galop.

Cette manière de mettre un cheval au galop sur les épaules, bonne dans l'hypothèse que je viens de signaler, doit s'employer aussi avec les jeunes chevaux n'ayant pas encore l' arrière-main assez forte ni assez assouplie.

L'ancienne équitation, qui suivait ses préceptes pour les jeunes chevaux, indiquait autrement que moi la manière d'embarquer au galop un cheval lait. Elle conseillait d'employer la jambe droite pour déterminer le galop à droite, sous prétexte que, marchant k cette main» le cheval devant

rester placé à droite, la jambe droite servait à maintenir les hanches.

Le galop pouvait parfaitement s'obtenir de cette manière, lorsque la main agissait avec assez de justesse pour arrêter le développement de l'épaule gauche et dégager la droite, et quand, après cela, le cavalier avait assez de tact pour faire agir la jambe au moment où le cheval se présentait a droite.

Ce moyen demandait une bien plus grande précision, et, quand il était employé par des hommes peu habiles, il échouait très souvent; car alors la jambe droite, au lieu de pousser le cheval en avant, pouvait agir de façon à traverser les hanches a gauche, et faire partir le cheval à faux.

L'ancienne équitation, en faisant agir la jambe droite, pour déterminer le galop k droite, était obligée de rectifier ensuite l'action de la jambe droite par la gauche. Je crois qu'il est beaucoup plus simple de faire agir la jambe gauche, qui offre plus de garanties pour déterminer le galop à droite, et de rectifier l'action de cette jambe par le soutien de la droite.

Malgré les principes que je viens de poser, il peut néanmoins arriver que la jambe droite ait besoin d'agir quelquefois seule pour déterminer le galop à droite. Ainsi, par exemple, un cheval, avant d'être embarqué au galop, viendrait a se traverser de façon à laisser tomber les hanches complètement à droite : on comprend bien alors qu'une fois le cheval présenté à droite plus qu'il ne faut

pour déterminer le galop de ce côté, la jambe gauche n'a pas besoin d'agir, et que la jambe droite, tout en cherchant à redresser les hanches, pourra pousser le cheval en avant pour déterminer le galop k droite.

En thèse générale, quelle que soit la jambe qui pousse, un cheval prendra le galop du côté qui sera le plus en avant,

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