‹ Traité d'équitation illustréChapitre 5 sur 68 · LE XVP SIECLE JUSQU'A NOS JOURS · texte numérisé non relu

LE XVP SIECLE JUSQU'A NOS JOURS

De l'Italie nous vinrent les premiers principes d'équitation. Ils subirent des modifications, des changements, des améliorations, en raison des différentes races, comme en raison du service auquel on voulait astreindre le cheval.

La chevalerie, considérant comme de première nécessité l'art de bien manier un cheval , institua les règles du manège afin d'exercer de bonne heure la jeunesse k la pratique de l'équitation. Le travail individuel, indispensable pour paraître avec avantage dans les tournois, ou avec grâce dans les carrousels, entraînait la jeunesse k une étude très longue ; car alors, non seulement il était nécessaire que le cavalier fût expérimenté, mais encore fallait-il aussi que le cheval fût rendu souple, liant et soumis h toutes les volontés de son maître. La fuite des talons, les changements de main, les voltes. demi-voltes, passades, pirouettes, etc., étaient autant de ruses mises en usage pour embarrasser un adversaire et l'attaquer avec succès.

X TRAITÉ d'ÉQUITATION.

Mais tous ces divers mouvements devaient être exécutés avec une justesse et une précision infinies ; car le cavalier qui, par le mouvement des mains ou des jambes, aurait laissé voir ses intentions d'agir, offrait par la de grands avantages a un ennemi expérimenté qui aurait su en profiter. C'est pour cela qu'il était nécessaire d'être placé à cheval de manière que la main tenant l'arme fût parfaitement libre ; c'est pour cela que les jambes avaient besoin d'être rapprochées et tombantes, afin de maintenir le cheval dans les talons, tout en permettant au corps du cavalier de se mouvoir en raison des attaques qu'il avait à faire, ou des coups qu'il avait à parer : c'est pour cela enfin que la main de la bride, assez fixée pour maintenir le cheval et régler ses mouvements, ne devait pas agir de façon à le restreindre, à le rétrécir et l'empêcher de se développer. De quelle utilité, je le demande, aurait pu être, pour un homme de guerre, une équitation oîi les deux mains et les deux jambes du cavalier sont continuellement occupées, et où chaque mouvement du cheval est prévu, a cause de la manière apparente dont les unes et les autres agissent? Un cavalier a besoin d'être à son aise ; il doit, en possédant le cheval, lui laisser développer les qualités qui lui sont propres. C'est pour cela que, tout en prenant pour base l'équitation de la chevalerie, nous devons élaguer les superfluités et ne prendre que ce qui convient à notre instruction militaire et civile. L'équitation avait peu de modifications à recevoir : elle ne devait subir que les changements en rapport avec le temps, les races de chevaux

TRAITE DEQUITATION. XI

et les progrès de notre civilisation ; elle devait chercher à rajeunir l'art. Voilà ce qu'avait fait l'Ecole de Versailles, dont on a complètement perdu le souvenir.

Les qualités que donne le sang nous venaient en aide pour simplifier l'équitation, puisque la nature donne au cheval de race un liant, une souplesse et surtout une énergie que les anciens écuyers ne trouvaient pas toujours dans leurs chevaux, mais dont ils reconnaissaient tellement les avantages qu'ils s'elForçaient de la provoquer dans le travail auquel ils les soumettaient. Depuis le quinzième siècle jusqu'à nos jours, le changement progressif qui s'est opéré dans les races, les différentes variétés ont nécessairement obligé les écuyers à modifier leurs moyens d'agir, à les augmenter, à les adoucir, en raison des chevaux qu'ils possédaient.

Nous avons l'avantage aujourd'hui de pouvoir prendre à chaque école ce qui peut être appliqué avec Iruit à la nôtre. C'est pour cela, qu'en raison des chevaux, nous pouvons emprunter à Grison sa brutalité, à Newcastle et à Pluvinel leurs moyens d'assouplissement, à la Guérinière la finesse et la régularité, à d'Abzac la justesse et l'énergie, à notre époque la vigueur et le décidé.

Est-il de bon goût, je le demande, de venir contester le savoir et le mérite des hommes dont je viens de parler? Peut-on supposer qu'ayant fait du cheval l'étude de toute leur vie, ils n'aient pas connu les moyens d'en tirer parti, tout aussi bien et beaucoup mieux que les hommes qui font résider à présent toute leur science dans le dressage de

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