CHAPITRE XLVII
Changement de pied en l'air, le cheval étant au galop.
Quand on veut changer l'allure ou le travail d'un cheval, j ai démontré la nécessité de l'arrêter pour le prévenir. C'est en raison du tact du cavalier et de la manière dont il
' N'est-ce pas là une recommandiitioti du système des assouplissements ?
prépare son cheval que les changements s'obtiennent avec plus de promptitude et de précision.
Les changements de pied en l'air au galop sont très faciles k obtenir quand on possède bien les moyens de les prendre terre à terre; ce sont exactement les mêmes, excepté qu'ils sont exigés plus promptement.
Ainsi nous savons que l'on met un cheval à droite par l'arrêt de la bride et la résistance de la jambe gauche, dont l'action est soutenue et maintenue par la jambe droite ; que l'on met aussi un cheval à gauche par le même arrêt de la bride et par l'action contraire des jambes.
Le cheval étant a droite, veut-on le passer k gauche, il faut user du moyen indiqué ; seulement on fait agir simultanément les mains et les jambes. Ainsi, galopant k droite, au moment de passer k gauche, on marque un arrêt de la bride assez fort pour arrêter le développement de l'épaule droite qui marche la première, et en même temps on fait agir les jambes avec plus d'action, en exigeant plus de la droite que de la gauche, afin de pousser la hanche gauche k gauche.
Le cheval qui. par l'arrêt simple de la bride, se serait arrêté si la jambe du cavalier n'avait pas continué d'agir, se rassemblera ; alors la main agissant plus sur l'épaule droite que sur la gauche, cette dernière, poussée en avant par l'action des jambes et étant moins arrêtée que la droite, passera nécessairement devant celle-ci, et enfin l'arrêt qui empêchera le développement de l'épaule droite contribuera k faire échapper k gauche la hanche gauche.
TRAITE DEQUITATION. 111
mouvement déjà commencé par l'action jdIus forte de la jambe droite du cavalier.
Une fois ce travail conçu, on l'exigera en tenant le cheval droit, comme dans le travail des changements de pied terre à terre.
Le changement de pied étant exécuté, on donnera au cheval une plus grande liberté, pour qu'il se maintienne à la main où il sera passé; car si l'on continuait à l'arrêter, incertain dans son travail, il pourrait se désunir ou changer encore de pied.
Plus le cheval sera rassemblé, plus facilement il changera de pied en l'air, parce qu'en rapprochant ainsi ses moyens il trouvera dans la main un appui qui lui sera nécessaire pour mieux exécuter l'intervertissement de l'ordre dans lequel les jambes agissent.
J'insiste sur ce principe, parce que c'est toujours par là que pèchent les personnes qui veulent faire changer un cheval de pied : on se presse, on augmente le train, et l'on provoque ainsi un décousu qui fait que le cheval n'achève jamais de changer de pied, et reste désuni.
112 TRAITÉ d'ÉQUTTATION.