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LOIS GÉNÉRALES

§ 406. Une note ne peut être ornée (dans le sens qu'on prête ici à ce mot) que par l'un de SCS degrés conjoints (*). La note ornée s'appelle note principale; celle qui sert d'ornement prend le nom soit d'appoggiature, soit de broderie, soit d'échappée (ou broderie tronquée), selon qu'elle précède, ou qu'elle sépare en deux, ou qu'elle suit sa note principale. L'ornement est ou SUPÉRIEUR ou INFÉRIEDR, selon qu'il se trouve au-dessus ou au-dessous de sa note principale.

S 407 L'ornement est diatonique lorsqu'il appartient au même ton et au même mode que la note principale qu'il orne. Ainsi l'ornement diatonique forme, avec sa note principale, ou une seconde majeure, ou une seconde mineure, selon la place qu'occupent les deux notes dans la gamme {^voyex £x. 1 ).

(*) n «t bien entendu qu'il n'est question, ici, que d'ornements formés par des notes essentiellement mélodiques, c'està-dire étrangères i l'accord .'. ,isi, quoique certaines noies connues sous le nom de ports-de-voix (voir I Ei- ci-dessousl toieit aussi des espèces d'orni'ments, ces notes sont toujours notes réelles donnant lieu à des formules qui sont de la cattSforie de* accords brisés ( voir page 124 et suiTanles), à moins que leur émission ne précède le frappé de l'accord; ei. es ca», •• loot lr« anticioations indirectes ( § 389).

Biemple -^ ■ " J^ ■»— ^ •— '' ^J^^=^

$ 408. L'cmment diatonique maintient InftlUiblement la tonalité ; c'est-à-dire qu 11 ne peut. yn aucun cas, déterminer modulation :

Exemple.

(tn L'T majeur)

fefe?

s 409. L'ornement est ALTÉRÉ lorsqu'il est affecté d'un accident qui n'appartient pas au ton établi. En ce cas, selon la nature de l'altération, l'ornement se trouve nécessairement ou plus rapproché, ou plus éloigné de sa note principale qu'il ne le serait dans l'ordre diatonique; mais jamais on ne peut altérer un ornement qu'à condition de ne pas l'éloigner de plus d'une seconde majeure de sa noie principale.

S 4iO. L'intervalle mélodique de seconde augmentée que forment, entre elles, la sixième et la septième note de la gamme mineure, nécessite toujours l'altération de celle de ces deux notes qui sert d'ornement à l'autre; celte altération n'influe en rien sur l'effet tonal et modal, et se pratique ainsi qu'il suit :

§411. Pour appliquer l'ornement supérieur à la sixième note du mode mineur, il faut altérer la note sensible en la baissant dun demi-ton chromatique :

Exemple. /

(en LA mineur) :&

§412. l'our appliquer l'ornement inférieur à la note sensible du mode mineur, >1 faut altérer la sixième note de ce mode en la haussant d'un demi-ton (Ex. 3); on la hausse même quelquefois d'un ton entier ( Ex. 4).

-JTtJ^

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S 413. En dehors des cas [>articuliers imposés par le mode mmeur, et consignés dans les deux paragraphes précédents, il convient souvent d'enfreindre l'ordre diatonique à l'égard des notes qui servent d'ornement, en faisant subir à ces notes une altération soit ascendante, soit descendante. Ces altérations peuvent, selon le cas. Influer ou ne pas influer sur la toiMité établie; leurs conséquences vont être développées dans ce qui suit:

S 414 l/)rsque l'ornemont et supérieur et diatonique forme, avec sa note ^rincipal(\ une -econde majeure, et qu'on fait subir, à la note qui sert d'ornement, une altération descendante qui la rapproche do sa note principale ( Ex. 5 et 6), on provoque une modulation; en d'autres

berraes : la note altérée devient note caractéristique (*) et acquiert la même influence tonak Qa eiU) aurait si elle était note réelle.

Cependant celte altération, dans les conditions qui viennent d'ôtre énoncées, peut n'ôlre que passagère, et n'impose pas toujours absolument un ton nouveau (Ex. 7); il est un cas, surtout, où elle n'ébranle pas la tonalité : c'est lorsque le mode majeur emprunte, à son mineur direct, la sixième note pour servir d'ornement à la cinquième (**) (Ex. 8).

s 4l5. Lorsque l'ornement et inférieur et dialomque forme, avec sa note principale, une seconde majeure, on peut altérer la note qui sert d'ornement, c'est-à-dire la rapprocher d'un demi-ton de sa note principale (Ex. 9), sans influer en rien sur la tonalité; cette manière d'altérer l'ornement inférieur est extrêmement usitée dans la musique moderne.

-f-tr^

3nç5:

§416. Mais, lorsque l'ornement dtatomque ^oil supérieur, soit inférieur, forme avec sa nott principale, une seconde mineure, la note qui sert d'ornement ne peut subir une altération qui Véloigne de sa note principale sans qu'il y ait modulation évidente et impérieuse (Ex. 10 et 1 1).

10 en I

en rr maj.

rM-

en so!, maj.

en La min.

il en LA n

fâ—r

en DTmaj.

§ 417. RÉSUMÉ. L'ornement supérieur doit suivre l'ordre diatonique si on veut maintenir la tonalité. — L'ornement inférieur peut aussi se pratiquer diatoniquement; mais en outre, il peut, en toute circonstance et sans porter atteinte à la tonalité, s'effectuer par la seconde mineure, que celle-ci soit, ou non, conforme à l'ordre diatonique.

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