‹ Traité d'harmonieChapitre 119 sur 137 · en UT mai · texte numérisé non relu

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§ 448. Toute note, qu'elle soit consonnanl*» ou dissonante., réelle ou accidentelle, peu) être ornée par la broderie; (voir, outre les Kxemplos précédents, tous ceux que contient ce paragraphe; on trouvera, S 488, dus exemples où la broderie s'applique aux notes de passage); la broderie elle-même peut être brodée (Ex. 32).

N.B. Cette propriété de pouvoir orner toute espèce de note, sans exception aucune, distingue parliculièrcment la broderie de toutes les autres notes mélodiques.

On remarquera, toutefo's, qu'on ne se sert jamais que de valeurs courtes pour broder, et les notes dissonantes qui exigent une préparation, et les notes accidentelles.

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S 448 b«». La broderie, ornant certaines suspensions comme celles des Ex. 33 et 34, est considérée, dans beaucoup d'écoles, comme formant, dans l'Ex. .'53, une quinte retardée, et, dans l'Ex. 34, une octave relardée. Lorsque le mouvement est lent, et que, d'ailleurs, la valeur de la broderie a une certaine importance, ces exemples peuvent effectivement donner la sensation de quintes et d'octaves retardées; mais quand la broderie est de très courte durée (Ex. 33 bi$ et 34 bis), cette sensation n'a pas lieu. La faculté de se servir de la broderie, en pareil cas, est donc soumise à l'appréciation du goût.

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s 44^9. L'appoggiature peut aussi, à son tour, s'appliquer à la broderie: (comparez i'Ex. 35 avec l'Ex. 32.)

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Appoggiature

de la

Broderie

5 450. Dans ses rapjjorta avec les notes intégrantes de l'harmonie, une note brodée peiit généralement être ronsidcrée comme si elle était tenue, c'est-à-dire comme si cette note était dénuée d'ornement; par conséquent on peut changer d'accord pendant sa durée, peu importe qnr ce changement d'accord coïncide avec l'alt^ique de la noie principale (l.x. 37). ou aver .-.•11,- ,|e la broderie même (Ex. 37 ftii); tout c«foi.s cette facullo est soumise au .-nul et dépend ùo Ittleiilour ou de la rapidité du moavainent ; ainsi une broderie l'une duico nucl-

que peu longue produit souvent mauvais effet en correspondant au frappe d'un nouvel accord; c'est pourquoi, à l'école, on ne permet le changement d'accord que lorsqu'il coin cîde avec la note principale et réelle (Ex. 37).

57 Ht.

S 450 bis. On peut môme changer d'accord pendant la durée de la broderie: (i;x 38 et V.\

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s i51 La réalisation des broderies, par rapport aux notes intégrantes de l'harmonie qui frappent simultanément avec elles, est, en général, assez indépendante. Ainsi, dans le cas de deux quintes justes consécutives, il suffit que l'une ou l'autre de ces deux quintes soit formée par une broderie d'une part et par une note réelle d'autre part, pour qu'il n'y ait point de faute (Ex. 40, 41 et 42); car, ainsi qu'on l'a dit § 450,1a note brodée est considérée comme si elle était tenue; ce principe autorise de même, et les octaves consécutives (V.\. 43 et 44), et certaines fausses relations entre la broderie et une note réelle de l'harmonie (Ex. 45, 46 et 49). ainsi que le choc simultané de la broderie avec une note réelle, que ce choc provienne du mouvement direct ou du mouvement contraire, et quel que soit l'intervalle dissonant qui en résulte (Ex. 47 et 48).

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§4.il6i.i. Le principe contenu dans e §451 explique le cas remarquable de l'Ex. 50 cidessous, où les trois quintes consécutives par demi-Ions, loin de produire mauvais effet, ont un charme tout particulier; chacune des deux parties qui concourent à ces quintes renferme alternativement une broderie et une note réelle de l'harmonie, de manière que l'une des deux notes de chaque quinte est toujours une brodericD; en d'autres termes, il n'y a pqs ici de quintes réelkt.

V. B. 11 est important, toutefois, de faire remarquer que toutes ces libertés de réalisation ne sont bonnes qu'avec des broderies d'une durée courte ou, au moins, moyenne, et que dans un mouvement très lent, ou avec des valeurs longues, elles produisent souvent des effets très mauvais; c'est pourquoi il est préférable de les interdire à l'école, quelle que soit d'ailleurs la durée de la broderie.

§ 452. Mais dans ses rapports avec les notes accidentelles, la broderie doit, en général, être soumise aux lois ordinaires qui concernent la pureté de réalisation exigée pour les notes intégrantes de l'harmonie. Ainsi tout intervalle formé par deux notes accidentelles quelconques, frappées simultanément, doit ôlre traité comme le serait tout intervalle harmonique formé de deux notes réelles; (les notes de passage seulement permettent quelques licences consignées dans le chapitre suivant qui traite de ces sortes de notes). En conséquence, dans l'Ex. 51, les deux quintes consécutives sont d'un mauvais effet, parce qu'elles ne sont plus ici dans les conditions particulières mentionnées S 451; les deux notes ré et la, de la première de ces quintes, sont, toutes deux, étrangères à l'accord (car le ré est une suspension et le lu une broderie), et les deux notes ut et sol. de la quinte ultérieure, sont réellet toules deux. De môme, dans les quintes consécutives et réitérées de l'Ex. 51 bis, dont l'effet est intolérable, l'une des quintes est toujours formée de deux notes réelles, l'autre de deux broderies.

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S 453. Broderies simultanées. — Deux ou plusieurs notes, entendues simuUanéir ent, peo- Tcnt èlre brodées simultanément. Lorsque les broderies simultanées ont lieu par mouvemmi semblable, on les traite d'après la règle du § 452 (déjà appliquée aux appoggiatures simultanées § 431), c'est-à-dire que ces broderies doivent se trouver entre elles en rapjiorts de tierces ou désistes (Kx. 52, 53 et 54); lt;s quartes successives ne peuvent se pratiquer qu'à condition de les accompagner par des sixtes disposées comme dans l'Ex. 56 prérérablement à l'Ex. 57. La quinte diminuée peut être suivie de la quarte augmentée (et vice versa), à condition que ces intervalles soient accompagnés, au grave, par la sixte (Ex. 58). La fausse relation, entre broderies doubles simultanées (Ex. 53 et 54), ou d'une broderie quelconque à une autre (Ex. 55), est sans inconvénient dès que l'une de ces broderies est altérée dans les conditions du §415.

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Mais lorsque c'est le moutemen/ contraire qui mène à des broderies simultanées, celles-ci permettent de nombreuses licences, telles que : le choc de toute espèce d'intervalle dissonant (Ex. 60 et 61), ou même le choc d'une note altérée dans les conditions des SS 410 et 411 ou du § 416, avec la même note non altérée (Ex. 62 et 63), pourvu que toutes ces duretés n'aient àeu qu'avec des valeurs brèves. Ces licences, toutefois, doivent être défendues à l'école.

% 454. De même que les appoggiatures simultanées, les broderies simultanées se présetuont quelquefois sous la forme Raccords (Ex. 64); mais, pour peu que les valeurs en soient

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brèves, c'est la sensation de la broderie qui l'emporte. — Quant au genre de réalisation qui tonsiste à doubler toutes les notes brodées simultanément par les mêmes notes non brodées (Kx. 6i 6»»i, il en résulte ici, en général, desefTets moins durs qu'avec les appoggiatures S 432. On remarquera, cependant, que la réalisation de rKx.64 est, en tout cas, la meilleure; car dans un mouvement lent, ou même modéré, l'Ex. 64 bis, devient inadmissible; il en est de même de l'Ex. 59 fe»s, comparé à l'Ex. 59.

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