BOITEUSE
S 183. 2° Un accord dissonant se place de préférence sur un temps fort de la mesure. Cette observation devient une condition absolue dans le style rigoureux, à moins qu'on n'enchaîne une série d'accords dissonants occupant alternativement les temps forts et les temps faibles. — En générai, le tomps fort convient d'autant mieux à un accord dissonant que la dissonance est plus caractérisée, c'est-à-dire plus dure.
S 184. DEUiiÈME RÈGLE. RÉSOLUTION DES NOTES DISSONANTES. Toute note dissonante doit se résoudre sur le degré conjoint inférieur, c'est-à-dire en descendant de secomle majeure ou mineure : -Q g"
Exemple
:Si
-en-
rcr
Le résultat de toute réalisalion conforme à cette règle s'appelle résolution réguliàrb de la note dinonante.
S 185. EXCEPTIONS. Une note dissonante, au lieu de se résoudre réguliirement, peut rester immobile; en d'autres termes, elle peut se maintenir en place pour faire partie constitutive de
de l'accord suivant. Exemple djjLjzz^r: 3:^n|| , ou bien elle peut se résoudre chromatique-
"*' tI^^^ mo-
ment: Exemple
enfln (ce qui d'ailleurs est rare) elle
peut se résoudre en changeant enharmoniquement: Exemple :
jf-o-
Tous les résultats qu'on obtient par l'un ou l'autre de ces trois procédés: sont appelés rétolutions exceptionnelles de la note dissonante.
S 186. OBSERYATioys. l°Toute note dissonante dont la préparation n'est pas nécessaire peut, pendant la durée de l'accord dont elle est note intégrante, être quittée pour une autre noie de l'accord, soit momentanément: i J 1
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EyeAiples.
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on est <ÏTld/!nt que l'elTet d'une liaison boiteuse «si d'auhint moint sensible que les note* ont nne râleur plus longue oa ^tt le mouTCDannl est plut lent.
soit définitivement, en passant dans une autre partie, pourvu qu'elle y fasse alors sa résolu» tion au moment du changement d'accord :
Exemples.
TT
iE
S 187. 2* la note dissonante peut être séparée de sa note de résolution, soit par un silence (Ex. 1 et 3;, soit par quelque autre note intégrante de l'accord dont cette note dissonante fait partie (Ex. 2, 4 et5j; toutefois cette séparation doit, en général, être courte et d'autant moins accusée que la dissonance dont elle représente la continuation est plus dure :
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S 188. TROisiÈiiE RÈGLE. Lorsqu'une dissonance de septième fait sa résolution régulière, la fondamentale de l'accord dissonant (quelleque soit d'ailleurs la partie oii celte fondamentale se trouve placée) ne doit pas aller simultanément sur la note résolutive de la septième.
Exemples.
Les cas anologues à ceux des exemples précédents produisent un mauvais effet d'octaves, malgré le degré conjoint de la partie supérieure et le degré disjoint de la partie inférieure (Ex. 6 et 7), et même malgré le mouvement contraire de l'Ex. 8.
S 189. QUATRIÉUE RÈGLE. L'intervalle harmonique de septième mineure et surtout les intervalles harmoniques de seconde majeure et de neuvième soit majeure soit mineure ne doivent jamais provenir d'un mouvement direct (**):
Exemples.
§ 190. EiCETTiom. \° Toutefois le mouvement direct peut aboutir à une septième mineure lorsque la partie supérieure procède par degré conjoint tandis que la partie inférieure pn^ cède par degré disjoint :
Exemple.
(') L'inlerfalle mélodique de quinte diminuée est ici permis feoyei S 76;.
(**) Quoique cette r^le ioit moins rigoureuse dans la musique instrumentale, il est toujours préférable de s'y eonfomiv.
S 191. 2° Le mouvement direct est encore permis lorsque, pour aboutir à une septième mineure ou à une seconde majeure, l'une des parties efTectue un changement chromatique tandis que l'autre partie procède par degré conjoint; mais, parmi les diverses réalisations auxquelles peut donner lieu ce cas particulier, la dissonance de septième (Ex. 9) est toujours meilleure que celle de seconde (Ex. 10, 12, et 13); en outre on doit éviter de placer à la fois dans les deux parties extrêmes les deux notes qui forment dissonance entre elles (Ex. il et 13)-, enfia en ce qui concerne la dissonance de seconde (Ex. 12), il est préférable de la disposer de manière à former un intervalle de neuvième (Ex. 10). — I xemples :
à éviter dans la musique vocale 12 13
=fevrH
—pbo*'*
Les Ex. Il, 12 et 13 ne sont guère usités que dans la musique instrumentale.
N. B. Il est bien entendu que la quatrième règle ainsi que ses exceptions ne concernent que les accords dont la dissonance n'exige point de préparation ; c'est pourquoi il n'y est pas question des intervalles harmoniques de septième majeure et de seconde mineure lesquels, en tout cas, doivent être préparés.
S 192. Quant aux intervalles harmoniques de septième diminuée et de seconde augmentée, les compositeurs modernes les abordent généralement par n'importe quel mouvement; néanmoins, principalement dans la musique vocale, on doit autant que possible appliquer à ces intervalles la quatrième règle ainsi que ses exceptions. Dans le contrepoint, dans la fugue et dans le style rigoureux en général, on exige la préparation des dissonances de septième diminuée et de seconde augmentée.
S 193. La quatrième règle s'applique aussi, dans le style rigoureux, aux intervalles harmoniques de quinte diminuée et de quarte augmentée; mais, dans l'harmonie simple, cette règle n'est généralement pas observée relativement à ces intervalles, sauf dans le cas où la quinte diminuée est formée par les deux parties extrêmes (Ex. 15); par conséquent on peut se permettre, dans les parties intermédiaires, de faire succéder une quinte diminuée à une quinte juste conjointe (Ex. 14), quoique cette licence ne soit pas tolérée dans certaines écoles.
S 194. CBOii DES KOTKS À DOUBLEtt DANS LES ACCORDS DissoyANTs. [)e même que dans les accords coiisonnants, c'est toujours la fondamciilale qu'on double de préférence ; quelquefois on double la quinte, rarement la tierce (§ 33).
$ 194 bit. Quant aux notes dissonantes, la règle générale est de ne pas les doubler à cau.se de leur résolution rontrainle. Cependant, lorsqu'une note dissonante reste immoliilo (S 185) pour faire partie inlogrante de plusieurs accords consécutifs, elle peut être doublée et même triplée etc.. otc. selon les convenances qui résultent du nombre des parties: {voye* S 236, Ex. 13).
S 195. soppRBSSiOiSDE CEBTAiifES yOTES DANS LUS ACCORDS DTSsoyANTS. On Supprime de préférence la quinte. La tieree ne se supprime presque jamais, si ce n'est quelquefois dans l'accord de septième ayant pour fondamentale la dominante dans les deux modes (S 38).
La suppression de la fondamental « ne peui avoir iieu qu avec les accuras lornies sur 1» dominante des deux modes; on en traitera aux arlirles qui concernent ces accords.
AT5TICLE II.
DB8 LOIS QUI BÉaiSSBNT l'BNCHAIN EMBNT DBS AOOOBDS DISSONANTS.
S 196. On a vu (S l^S) que tout accord dissonant impliquait un accord de résolution. En outre, certains accords dissonants ne pouvant être attaqués sans que l'accord qui les précède contienne la note de préparation (§ 179), il en résulte que le mot enchaînement., appliqué à ces accords, a souvent une double acception et compi end alors, à la fois, le rapport de l'accord dissonant avec son accord de préparation et avec son accord de résolution.
S 197. Les lois qui régissent l'enchaînement des accords en général ont été exposées au chapitre IV de la première Partie. Ces lois s'appliquent de même aux accords dissonants, sauf les modifications causées par l'influence des notes à résolutions forcées. La principale de ces modifications est celle qu'entraîne la règle § 188 et qui, par conséquent, ne permet pas à un accord contenant une dissonance de septième de s'enchatner à son accord de résolution par la succession de tierce inférieure:
Exemple.
(mau tais)
5 198. Les accords dissonants ont donc une allure moins libre que les accords consonnants, certaines successions étant entravées par le fait de la dissonance. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, parmi les diverses résolutions (*) praticables des accords dissonants, iJ en est une que l'instinct musical choisit généralement de préférence et comme étant, pour ainsi dire, la conséquence naturelle de ces accords; c'est pourquoi on l'appelle résolution NATURFXLE; le principe de cette résolution est contenu dans le paragraphe suivant; toutes les autres résolutions sont appelées exceptionnelles (**).
S 199. résolution naturelle des accords dissonants. Tout accord dissonant a une tendance naturelle à se résoudre de préférence sur un accord (soit consonnant, soit dissonant ) dont la fondamentale se trouve à distance de quinte inférieure (ou quarte supérieure) de la fondamentale de cet accord dissonant; en d'autres termes: la résolution naturelle dCun accord dissonant a lieu par la succession de quinte inférieure, à condition toutefois que les notes à marche contrainte fassent leur résolution régulière (§ 184).
Exemples. <f
Sont générateurs :
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(*) § 175 — (•") Ces qiialilicaiions de nnturelle el d'exceptionnelle, appliquées aux résolutions de- accords dissonants, pourront, parfois, paraître impropres ou cimlesiables, en ce que, dans certains cas, certaines résolutions exceptionnelles sont plus usitées que la résoluiioa naturelle elle-mSme. On prévient donc ici que ces terme», tou; eo étant justifiés dans U »lus grand nombre des cas, ne serrent, de Tait, que de classiOeatioa
S wn. itÉsoLunoNS exceptionnelles des accords dissonants. La résolution d'un accord dissonant peut se faire par des successions autres que celle de quinte inférieure, pourvu que chacune des notes à marche contrainte fasse sa résolution, soit régulièrement (S 1*4), soit conformément aux exceptions (S 185).
Exemples:
Note dissonante se résolvant régulièrement: ,fa .§ — i^rr* — \
Note dissonante se maintenant en place: (jr^ g A- — *^V*— ^
Note dissonante se résolvant chromaliquBment : . . . . A— §^, ^ [|
Note dissonante se résolvant enharraoniquement : . . . . :^ § |r=^^-|]
S 201. LICENCES. A mesure qu'on traitera de chaque accord dissonant on indiquera quelques-unes des licences les plus admissibles soit dans la réalisation soit dans la résolution de ces accords. Ces licences consistent à ne pas préparer certaines dissonances ou bien à ne pas les résouJre régulièrement selon les principes précédents. L'élève ne pratiquera que celles qui sont signalées à dessein comme très-usitées et qui sont en très-petit nombre; il s'abstiendra complètement des autres.
- S 202. REMARQUES SUR L'EMPLOI DU SECOND RENVERSEMENT DES ACCORDS DISSONANTS. On SC rappellera que, dans tout second renversement [produisant une quarte juste, cette quarte doit être préparée et résolue (S 109). En conséquence tous les accords dissonants dont la quinte constitutive est juste exigent, dans leur second renversement, une double préparation: celle de la dissonance (à moins que sa préparation ne soit facultative, § 180) et celle de la quarte; ainsi qu'une double résolution concernant de même et la dissonance et la quarte.
S 202 Us. Dans le style rigoureux le second renversement de tous les accords dissonants est proscrit, lors même que la quarte en est préparée; dans le style libre môme il est inusité dans la plupart de ces accords, son eflFet étant généralement mauvais.