RÉFLEXIONS SUR LA SEPTIÈME DOMINANTE
S 213. L'accord de septième dominante est le plus doux de tous les accords dissonants, aussi l'abus qu'on en fait dans la musique moderne est-il tel, que la plupart des compositeurs paraissent envisager l'accord consonnant de la dominante comme incomplet , et , quelque soit d'ailleurs le caractère du morceau, la dissonance leur semble nécessaire dans l'accord de la dominante. De plus, une erreur assez générale est de croire qu'on ne peut moduler qu'à l'aide des accords dissonants et surtout de la septième dominante; il est évident que cet accord a une puissance tonale incontestable, puisqu'il ne se trouve que sur le 5* degré des deux modes, et que, môme frappé isolément, il détermine irrécusablement le ton, sinon le mode; mais on a déjà pu se convaincre, au chapitre des modulations, qu'il existait bien d'autres moyens de moduler; se servir, à cet effet exclusivement de l'accord de septième dominante c'est appauvrir l'art en se privant de ses nombreuses ressources.