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DES ACCORDS ALTÉRÉS

§ 265. L'inconvénient du manque de précision des termes aif^er, altération, dont nousarons parlé dans le chapitre précédent, se fait surtout sentir dans la théorie des aecordi altérés. Ainsi,

il est évident que, dans l'exemple suivant :

zaz

le second accord

(mi, sol J, si) n'est pas un accord altéré; c'est un accord parfait majeur; or, si l'accord n'est pas altéré en lui-même, il ne peut contenir aucun élément altéré; donc le sol $, quoique précédé d'un sol naturel, n'est pas une note altérée, mais simplement, si l'on peut ainsi dire, une note accidentée, nécessaire à la constitution de l'accord de la dominante qui doit déterminer la modulation de La mineur.

S 266. 11 est donc bien entendu qu'il ne suffit pas de faire subir un changement chromatique, à l'une des notes d'un accord quelconque, pour qu'il en résulte un accord altéré, et qu'on n'appelle pas accords altérés ceux des exemples suivants:

^enharmT^

V^ I il- I

g}:#^:^^^^Pf^^a <>tc., etc.,

chacun de ces exemples ne présente que la transformalion d'un accord en un autre accord déjà connu et classé (*), sauf le dernier exemple, lequel, rigoureusement parlant pourrait être qualifié d'accord altéré; mais, de fait, son effet est identique à celui du premier renversement de l'accord parfait majeur (fa) dont il n'est que l'équivoque partiellement enharmonique.

§ 267. DÉFINITION DES ACCORDS ALTÉRÉS. On entend, par accords altérés, tous ceux dont la tierce est majeure et dont la qtiinte, de juste qu'elle devrait être selon la constitution tonale et diatonique de ces accords, a été altérée par le fait d'un changement chromatique soit ascendant soit descendant.

S 268. Cette altération de la quinte, dans les accords à tierce majeure, fait naître une nouvelle catégorie d'accords différant de tous ceux qui sont constitués par les notes naturelles de la gamme, et dont l'effet, quoique dissonant, est accepté par l'oreille lorsque ces accords sont présentés dans de certaines conditions exposées dans les divers articles de ce chapitre. Ces sortes d'accords, qui enrichissent considérablement l'harmonie, forment, à eux seuls, les véritables accords altérés; quelques-uns d'entre eux peuvent, à la vérité, s'obtenir en altérant, dans certains accords, une note autre que la quinte; mais comme, en résumé, ces accords obtenus ainsi , ne sont que les équivoques de ceux qui se rapportent à la définition du S 267 ci-dessus, il est préférable de ne pas s'arrêter ici à ces équivoques qui ne font que jeter de la confusion dans la théorie et dont il sera d'ailleurs parlé d'une manière suffisamment détaillée dans les § 294 à -296.

S 269. En-dehors des combinaisons harmoniques dont on vient de parler sommairement, toute altération dissonante ne produit qu'une agrégation de notes dont l'effet, comme accord, est intolérable et inadmissible, et qui ne peut exister que dans des conditions passagères d'altération simplement mélodique, dont il sera question dans les chapitres concernant iei "lùifs essentiellement mélodiques.

4*) Oa peut faire rabir lef oitmes transformations à eertaios aocords dissonaU».

— mm

On ne prétend pas dire ici que telle combinaison qui, à l'état actuel de l'art, nous parait madmissible, ne puisse être acceptée, dans l'avenir, lorsqu'un génie nouveau l'aura sanctionnée par une heureuse application; tout ce qu'on peut affirmer c'est que les œuvres des naltres ne contiennent pas d'exemple qui ne fasse partie des tableaux que renferment les articles 2 et 3 de ce chapitre (*); ces tableaux contiennent non-seulement les accords altérés le plus généralement usités, mais aussi certains accords et particulièrement certains renversements qui sont d'un usage excessivement rare et dont môme quelques-uns sont à peu prè« inusités à cause de leur dureté.

S 270. Tout accord à altération conserve sa dénomination primitive à laquelle on ajoute seulement la qualification qu'exige la quinte par suite de son altération, par exemple: accord de septième majeure avec quinte augmentée; accord de septième dominante avec quinte dirninuée.

S 271. REMARQUE IMPORTANTS. Il est nécessaire de faire remarquer, dès à présent, que les accords altérés peuvent quelquefois, au premier abord, susciter des difficultés d'analyse, en ce que, selon l'armature de la olef, ou selon la modulation, ou selon que l'altération porte sur un accord emprunté à un autre ton (§ 144), plusieurs notes d'un accord peuvent paraître altérées in ce qu'ellfs sont accidentées, c'est-à-dire affectées d'accidents (**). Ainsi l'Ex. 1 (voir ci dessous) contient, en apparence, deux notes altérées, (le ia b et le /a J); mais c'est le la b seul (quinte de l'accord) qui est la note altérée, tandis que le fa t appartient à l'accord de septième dominante du ton de sol et n'est que note accidentée relativement à l armature de la clef. — Il se peut même que la note altérée ne soit affectée d'aucun accident; ainsi, dans l'Kx. 2, c'est le ré J qui est la note accidentée; le /a, quoiqu'il ne soit affecté d'aucun accident, est la vraie note altérée puisqu'elle est la quinte de l'accord; (on comparera les Ex. 1 et 2 aux exemples correspondants, 1 bis et ibis, placés au-dessous, et dont l'harmonie n'est pas altérée). C'est donc toujours en remontante la loi de formation de l'accord (S 12), afin de .se rendre compte de sa fondamentale, qu'on trouvera l'origine de tout accord altéré, qu'on ne s'exposera jamais à confondre la noie altérée avec les notes accidentées (***), et que la définition du § 267 se trouvera constamment justifiée.

Exemples, dont chacun contient un accord altéré.

(Même harmonie non altérée.)

zn

:ân.i

Ibis

-.aiz

-zr zaz

ibit

zc/z

(*) Quciquerois on en renconlre d'autres, il est vrai, mail co sont de« accords écrits, à dosseio, d'une façoD lncorr«m, Mit ea vue d'un cbangemenl enbarmoalque {$ ISO), soit pour faciliter l'exécution ou la lecture.

(*•■ ) Otie dlstinctinn est tr*s-iniiiortanlc, rar on verra, S '^71, que la note alliSn'i- ne dnii jamais Jlre dimbli^e, 1» «dif qu'unr note sini|ilt;mi ol acddi'Ulic pcul se doubli.r, à iiiuitis, toute fois, qu elle m: smt Dote siDMbli' i,.<i 35).

ARTICLE I

S&OLBS QéNéBALBS COMOERMANT LBS ACOOBDS ALT^BâS.

272. RÉsOLUTioy DE LA NOTE ALTÉRÉE. Toute Dote altérée a une tendance naturelle i se résoudre sur le degré conjoint supérieur lorsque l'altération est ascendante, et sur le degré ^onjoint inférieur lorsque l'altération est descendante. — Exceptionnellement, et dans des cas très-rares , la note altérée reste immobile, ou change enharmoniquement, pour faire partie intégrante de l'accord suivant.

EKCBAINEMEM OV BÉSOLVTION DE L'ACCORD ALTÉRÉ.

§273. De même que tous les accords dissonants (§ 199), tout accord altéré fait sa résolution NATURELLE sur un accord dont la fondamentale se trouve à distance de quinte inférieure de la fondamentale de l'accord altéré.

S 273 bis. Cependant tout accord autre que celui de la quinte inférieure peut servir de résolution à l'accord altéré, pourvu que la note altérée fasse elle-même sa résolution conformément au §272 (*); mais alors les différentes versions qui peuvent en résulter se nomment

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