‹ Traité d'harmonieChapitre 74 sur 137 · DES ALTÉRATIONS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES ALTÉRATIONS EN GÉNÉRAL

S 260. Si l'on admet le terme altéhàtion dans le sens général qu'on lui a prêté jusqu » présent dans la musique, il s'applique à tout changement chromatique qu'on fait subir à unf note. Mais c'est là une des pauvretés de notre langue musicale, assez souvent dénuée d( termes précis et explicites; car ce n'est pas l'accident, quel qu'il soit, qu'on doit envisagei comme signe irrécusable de l'altération , mais bien certains rapports des notes entre elles.

S 261. Le mot altération ne devrait donc apporter à l'esprit que l'idée de certaines modifications, de certaines combinaisons, soit mélodiques, soit harmoniques, que ne fournit pas la constitution naturelle de nos deux modes, et c'est dans ce sens seulement que nous l'appliquerons désormais,

S 262. L'altération est ou ascendat^, ou ie$eendanU, selon que le changement chromatique se fait en montant, ou en descendant.

S 263. L'altération peut être ou mélodique , ou harmomque : dans le premier cas elle porte rarement sur des valeurs longues, elle peut d'ailleurs se pratiquer à l'égard de toutes sortes de notes soit réelles, soit accidentelles, et avoir lieu dans plusieurs parties à la fois (il t>n sera question au chapitre des notes mélodiques); dans le second cas elle n'alTecte jamais qu'une seule note de l'accord et produit les accords allérés dont la durée est arbitraire et quelquefois fort longue. Il arrive cependant que l'analyse peut envisager indilToremment certaines altérations comme mélodiques (*) ou comme harmoniques ; toutefois l'altération n'est généralement considérée comme harmonique que lorsqu'elle porte sur des valeurs qui ont quelque importance par leur durée, et qu'elle accuse un temps fort; on s'en rendra compte en comparant les deux versions de chacun des deux exemples suivants :

/'^ mélodique *\ ^^ harmonique - "Il I / I ait.

, ail.

.ait.

rz:

harmonique

- mélodique

Néanmoins certaines altérations mélodiques peuvent aussi accuser le temps fort comme on le verra dans l'article appoggiature. En résumé, l'altération est surtout qualifiée de mélodique lorsqu'elle affecte des notes essentiellement mélodiques elles-mêmes, telles que l'appoggiature, les notes de passage, etc., quelle que soit alors leur durée ou la place qu'elles occupent dans la mesure.

S 26i. Les notes essentiellement mélodiques sont considérées comme altérées toutes les fois qu'elles enfreignent l'ordre diatonique, c'est-à-dire lorsqu'elles n'appartiennent pas au ton établi par l'harmonie. Ces notes mélodiques altérées sont de deux sortes: ou elles servent à moduler, et, dans ce cas, elles déterminent l'ordre diatonique d'un ton différent de celui qui a précédé; ou bien elles appartiennent au genre chromatique et n'ébranlent pas le ton établi, car le chromatique est en-dehors de toute tonalité, ou, pour mieux dire, il aipartienl indistinctement à tous les tons; c'est pourquoi une mélodie chromatique pont , quclqui-fois, être accompagnée par une harmonie purement diatoniqua, c'est-à-dire uniloniquc.

(*) C'«6l-à-dire,4»nt«Mc>s, tomatwHmie

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