‹ Traité d'harmonieChapitre 92 sur 137 · EC · texte numérisé non relu

EC

S 334. On peut établir, en principe général, qu'une suspension peut avoir lieu dans n'importe quelle partie et avec n'importe quel renversement; les restrictions auxquelles cette faculté est soumise sont consignées dans les §§ 348, 357, 362 et 368.

S 335. La durée d'une suspension est pour ainsi dire, arbitra ire; elle est soumise à l'instinct et au goût ; généralement on n'en rencontre guère qui prenne plus d'une mesure entière d'un mouvement adagio.

S 33H. La suspension occupe momentanément la pidce de la note retardée qui est celle dudegré inférieur conjoint; en d'autres termes; la su:ipension représente la note inférieure conjointe:

Exemple.

Même harmonie sans suspeDsion.

:1fai

par extension et par analogie, un retardement occupant un temps fort et représentant la note tupèrieure conjointe, est de même appelé sus/jenston ;

Exemple.

SE

Même harmonie sans suspenBion.

~rr-

Dans le premier cas la suspension est supérieure ; dans le second cas elle est inférieure.

S 337. On voit, d'après tous les exemples précédents, que toute fus/>ension fait sa résolution naturelle sur la note retardée qu'elle remplace. Ainsi la suspension supérieure se résout en </escemian< d'un degré, c'est pourquoi on l'appelle aussi suspension descendante ; la suspension inférieure se résout en montant d'un degré, c'est pourquoi on l'appelle aussi juspenston ascendante.

S 338. La résolution a lieu, généralement, sur un temps faible, ou sur un temps moins rr.\ eue celui qu'occupe la suspension, à moins que celle-ci n'ait la durée d'une mesure euuou.

5 3.>9. L'accord peut changer au moment où la suspension se résout, pourvu «l"® '^ ^^^^ de résolution devienne note intégrante du nouvel accord :

Ex.

Jf

"^Cf

p~ly

S 340. Au moment où la suspension se résout, aucune autre partie ne doit se porter, par

mouvement direct , sur la note de résolution ou sur l'octave de celle note (*) : Ex.

(mauvait)

(tTiauvais)

(inanvaU)

^^EE

S 341. Conditions de l'emploi de la suspension. Le moyen de s'assurer qu'une suspension est praticable, est de lui faire subir les deux épreuves suivantes :

1* En substituant à la suspension la note réelle qu'elle représente, l'harmonie ne doit rien contenir d'incorrect (§ 328). Ainsi les deux exemples suivants :

"rr

sont mauvais, parce qu'en les réduisant à leurs notes intégrantes,

on obtient

■' gti'.-

Escr:

•Et:

xsnc

c'est-à-dire, deux octaves consécutives dans le premier exemple, et deux quintes consécutives dans le second exemple. Ce sont là les çuinte* et les octa\>e% qu'on pourrait appeler cachées (voyez la note du S 51); on les nomme sous-entendues, ou, plus généralement encore, retardée»; mais celte dernière qualification peut les faire confondre avec celles dont il a été question § 89 et §90, et qui n'ont pas le môme caractère que celles des exemples ci-dessus.

A'. U. Cependant les quintes sous-entendues sont tolérées lorsqu'elles sont formées par une parlie intermédiaire et par la partie supérieure, et que la suspension est placée dans la partie intermédiaire :

Ex.

toltré

jBl:

ou bien encore , lorsqu'elles sont formées par deux parties intermédiaires, et que la Basse en atténue la dureté (S 105) :

Ex.

toUré

JQ.

^ \ji note de résolution ne dcit produire aucune faute d'harmonie à l'égard des notes

n OtU r«(l« eorretpoDd à c«Uc du S 188 eonccriuDl la ritolutioD dw aolei dlisoBanlM

frappées simultanément avec elle : ainsi l'harmonie de l'Ex. A qui est correcte, devient fau tivb en y introduisant les suspensions de l'Ex. B.

Page 1