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troublé, on désordre de circulation et de plasticité qui m peut de même que revenir au sang, cl un troisième élément achève de prouver en sa faveur : c'est la chaleur, qui n'est pas le moins important de ces éléments, et dont rOrganicisme s'est très -peu occupé, sans doute dans l'impuissance de la théoriser. De sorte que l'état morbide, au môme titre que l'état normal , nous révèle le sang comme le support direct de la force vitale et l'agent effectif des maladies.
417. Parmi celles-ci, la dialhèse n'admet guère qu'un vice de plasticité. Deux de ses espèces, chlorose et anémie, se caractérisent même par un simple défaut de densité et do vitalité du sang , qui, en tant que chargé de sa propre élaboration, doit demeurer le seul arbitre des phénomènes. Deux autres espèces, scorbut et hémorrhagie, avec une composition du sang également défective, comportent déjà une fluxion dont le blastème a cela de particulier que, bien loin de recevoir le moindre degré d'élaboration, il en est plutôt négatif et ne consiste que dans un sang plus ou moins altéré et abondant. Quant au reste des dialhèses, toutes aboutissent à des produits, soit solides, soit liquides, dont les uns, normaux quant à leur nature, ne pèchent que par leur volume, leur abondance ou leur siège, et ne demandent pas à être théorisés par un autre procédé que celui des produits correspondants, qui font partie de l'organisme. D'autres produits sont hétéromorphes et n'ont pu davantage être soustraits à l'action plastique souveraine du sang, qui, de même qu'il donne habituellement naissance aux tissus osseux, fibreux, parenchymateux, doit aboutir avec une égale facilité au cancer ou au tubercule.
Des deux ordres de maladies affectives, l'une, la fièvre essentielle, tout comme les premières diathèses dont nous parlons, se renferme dans le système circulatoire, dont l'agitation no peut de même être attribuée qu'au sang, et bion plus encore la chaleur, impossible à théoriser sans
lui. On a pu voir combien peu valent, pour expliquer la fièvre, le stimulus et toutes les sympathies qu'on lui prête , et lo spasme, et la paralysie, et les humeurs elles-mêmes; combien ces grossières hypothèses sont surtout inhabiles à nous faire concevoir cette régularité que la fièvre affecte dans sa marche, sa durée, dans tous ses phénomènes ; ce qui, disons-nous, fait d'elle une véritable fonction morbide qui, comme toutes les fonctions, n'est qu'un acte de la vie, principalement de la vie du sang.
La phlegmasie ressemble trop à la fièvre essentielle pour que nous ayons dû lui chercher une origine et des procédés dilîérenls. Elle ne s'en distingue que par une fluxion, qui lui appartient en propre et qui ne s'opère pas autrement que la fluxion pyrexique. Tandis que celle-ci n'aboutit qu'à une injection fugitive, à une simple excitation fonctionnelle, l'autre a pour expression un exsudât, un blastème, dont le pus est la conséquence, mais sans qu'il soit besoin de changer son mécanisme ni de prêter au sang autre chose qu'une lésion nouvelle, une tendance plastique de plus qui doit obtenir satisfaction.
La fièvre et la phlegmasie ne sont pas toujours semblables. Non-seulement elles présentent des natures et dos formes diverses, mais on les voit subir des accidents qui les compliquent et les aggravent : natures, formes et accidents qui n'ont pu être rapportés qu'à la même origine d'où proviennent déjà les maladies, c'est-à-dire à un changement survenu dans le génie de l'affection ou à des aggravations supplémentaires, imprimant au ton morbide des degrés divers, d'où résultent les accidents de malignité, do putridité, d'adynamie et autres.
Si telle est bien l'origine de la malailie et de toutes les circonstances qui s'y rapportent, si le sang et ses lésions y jouent le rôle à eux assigné, il va de soi que le seul moyen de réprimer la maladie est do l'attaquer dans ces lésions du sang; et tous les agents, toutes les méthodes thérapeutiques ne sont pas à autre intention. En principe, les mé-
'oi2, THAITÉ u'iIÉMATOLUGIE IJYNAM1(JUE.
dicameiils n'oblionnenl lours efTols qu'on porlanl sur la force vitale, particulièi'oment sur ses lésions siégeant dans le sang; on l'a vu pour les diathèses, A peine est-il besoin de dire que, pour celles qui se bornent à altérer l'étal plastique du liquide, il faut avant tout rétablir le ton qui préside à la reconstitution de cet état. Pour le plus grand nombre, où existe un blastème, normal ou non, solide ou liquide, il s'agit également de modifier les tendances fluxionnaires et plastiques du sang, en dehors de quoi il ne reste que l'ablation ou l'élimination du blastème. On se fait généralement, à cet égard, les idées les pins fausses. Quand un médicament, mercure, iode ou autre, va résoudre une tumeur dialhésique, on s'imagine que c'est on dissolvant, en fondant ses éléments plastiques. Or, ces éléments ne diffèrent pas de ceux du reste des tissus, car c'est seulement contre les produits analogues que les fondants obtiennent leurs effets, les autres leur étant réfractaires. Si donc le médicament avait en réalité le pouvoir de dissoudre le tissu dialhésique, on ne voit pas pourquoi il ne l'exercerait pas contre les tissus similaires du corps et à son grand préjudice. Et comme il n'en est rien, absolument rien, que tout l'effel se concentre dans la tumeur, il faut bien admettre que les choses se passent tout autrement. Le prétendu fondant s'adresse à la vie du sang, à la lésion diathésique qui donnait lieu à la fluxion et à son blastème ; et en supprimant celle-ci il fait que la tumeur, ne recevant plus d'éléments nouveaux, se trouve peu à peu détruite par le jeu des absorptions.
Bien mieux encore les maladies affectives nous ontelles accusé l'obligation de les attaquer dans la lésion dynamique du sang qui leur est propre. Nous n'avons pu assigner d'autre but à toutes les méthodes qui triomphent de la fièvre essentielle : saignée, évacuations gastro-intestinales, sodorifiques, vésicatoire, agents de toutes sortes. Et nous voudrions bien savoir comment une pareille variété de moyens aurait pu se fonder sur la pauvre et étroite
base du stimulus; comment il arrive si souvent que la fièvre ne peut être guérie que par des moyens qui, en aggravant le stimulus, sembleraient ne pouvoir qu'exagérer et prolonger le trouble circulatoire.
La phlegmasie n'étant autre que la fièvre essentielle, avec une scène locale de plus, rentre exactement dans les voies thérapeutiques de celle-ci. Dans chaque espèce, la méthode qui, réprimant le trouble affectif, modère le mouvement général du sang, ne peut manquer de modérer de même la fluxion locale. Et c'est en s'opposant à ce qu'elle apporte incessamment à la partie de nouvelles quantités de sang , qu'elle permet à celui déjà épanché d'être élaboré, converti, absorbé, par où s'obtient la résolution. L'eS'et anti-affectif est si bien toujours le but poursuivi, que, de même que dans la fièvre, on le réalise par les moyens les plus divers, les plus opposés, et même par ceux qui iraient toutdroit à empirer le stimulus et la scène locale. On se fait alors une illusion analogue à celle que nous venons do relever dans la diathèse ; on se figure que pour guérir la phlegmasie le but suprême est de déplacer le sang qui la constitue, de l'appeler ailleurs, à l'aide d'une irritation qu'on qualifie de révulsive. Bien malheureux serait le praticien s'il devait en être ainsi, car rien n'est plus difficile! Non, il faut bien se garder de croire que par la révulsion soit obtenu le retour, le rappel du sang engagé dans les maiUes du tissu enflammé. La chose n'est pas possible ; on n'a qu'à l'essayer contre l'ecchymose ! Les prétendus révulsifs opèrent exactement comme les prétendus fondants : ils enraient la fluxion ; et le blastèmo, cessant d'être entretenu, ne tarde pas à disparaître.
Enfin, les divers accidents qui compliquent la fièvre et la phlegmasie n'étant qu'un degré surajouté à la lésion morbide, qui déjà les a provoquées et les entretient, ils n'ont pu nous suggérer que le même devoir de les attaquer diins leur essence dynamique. Nous voudrions bien qu'on nous dise ce que le stimulus, l'action réflexe, la
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paralysie vaso-molrice, pourraient nous apprendre pour les indicalions de la pulridilé, de la conlagiosilé ou de rinlerraiUenco , ce que pourraient les humours ellesmômes, à moins de voir en elles, suivant rpie nous le proposons, un emblème des lésions vitales et morbides du sang.
418. C'est ainsi qu'à l'aide de notre Hématologie dynamique nous avons pu édifier un système complet de pathologie, dans la véritable acception du mot ; un système qui nous offre un ensemble où tout s'enchaîne et se correspond : les causes, la préparation des maladies, leur naissance,leurmarche, leur durée, leurs terminaisons, leur thérapeutique, aussi bien que leurs formes et leurs accidents divers ; un système, en un mot, qui ne nous laisse rien ignorer de tout ce que doit comprendre une théorie médicale rationnelle. Et si nous ajoutons que dans les maladies spasmodiques dites sans matière, la force vitale parait exercer sur le système nerveux les mêmes évolulions, les mômes actes, le même empire qu''elle fait sur le sang dans les maladies fébriles, moins, bien entendu, les actes do plasticité; s'il est permis de dirp que la névrose, avec son trouble général nerveux, aboutissant toutefois pour chaque espèce à un système organique particulier, peut très-bien se comparer à la fièvre essentielle, comme la névralgie, avec ses concentrations, ses fluxions violentes et douloureuses, à la phlegmasie ; si, en un mot, de la part de la force vitale nous pouvons saisir, sur le système nerveux, un mode d'action entièrement analogue à celui que nous lui prêtons sur le sang dans les maladies aiguës, les deux modes se répétant ainsi tout naturellement sur les deux grands systèmes qui se partagent le corps vivant; si nous observons tout cela, nous avons le droit de nous en prévaloir pour affirmer toute notre théorie pathologique, pour insister sur la richesse, l'harmonie, l'universalité d'applications que nous y introduisons, à l'eirct de réaliser, une fois poiir toutes, ce modus unus tant célébré,
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dont Ilippoorale faisait la grande lui do la Médecine, eL dont aucun syslènic nialérialislo n'a pas mémo soupçonné l'imporlance.
Avec celte théorie, le Vitalisme entrerait dans une voie [ipatique toute nouvelle, où, nous l'espérons, on n'aurait [)lus à lui reprocher le vide, la vanité de ses enseignements. Ce n'était pas tout d'avoir j)roclamé l'existence préalable d'un agent invisible, d'un principe, d'une force présidant à tous les actes de la vie ; il fallait indiquer le procédé qu'elle y emploie, et nous entreprenons de dire que c'est en s'exerçant sur nos deux grands systèmes organiques, et, pour ne pas sortir de notre sujet, sur le système sanguin, où elle suscite tous les faits de mouvement, de chaleur et de plasticité, dans lesquels se résume la vie, et dont l'exercice anormal représente essentiellement la maladie.
La pierre d'achoppement pour le Vitalisme, c'est qu'il ne parvient pas à démontrer, à mettre sous les sens l'agent, la force dont il excipe, lequel, dit-on, ne saurait dès-lors être l'objet tl'une étude sérieuse et utile. Pourquoi donc cela, et combien do phénomènes où, sans se démontrer mieux, cette idée de force ne s'impose pas moins ! La passion morale, par exemple, est en possession d'exciter des troubles de circulation et de chaleur très-analogues à ceux des maladies aiguës, et au sujet desquels on s'abstient d'invoquer aucune participation organique. Et l'on ne voit pas quelle raison on aurait do refuser à l' affection morbide, qui n'est qu'un autre mode anormal de la force vitale, le pouvoir d'exciter tout aussi directement les mêmes troubles, qu'on n'a qu'à supposer plus intenses, plus durables, avec certains faits de plasticité qui, bien mieux encore, sont le propre du sang, pour en voir résulter la lièvre essentielle et la phlegmasie.
Quand on parle de la démonstration d'une force, les sciences physiques elles-mêmes sont-elles parvenues à isoler, à saisir directement leurs agents impondérables, D,
^■^^'^ TIIAITÉ U'IIKMATOLOOIE IJY,vA\ligUE.
l'aide desquels elles lliéoriseut tous les faits de leur domaine? Elles n'en ont pas uiêmo affiché la prétention. Elles se bornent à analyser les faits, et tous ceux dont la matière ne rend pas compte par elle-même, elles les aUribuent résolument aux agents. Et personne ne s'est trouvé pour réclamer contre ce procédé, et ces sciences ne s'en proclament pas moins en possession de la vérité ! Pourquoi chercher querelle au Vilalisme, dont les procédés sont absolument les mêmes?
Et, pour tout dire, lorsque dans ses théories le Matérialisme vient, à tout bout de champ, se casser le nez contre Vaction nerveuse, s'explique-t-il plus clairement? Celte action, qu'il ne connaît en aucune façon, ne peut évidemment représenter qu'un phénomène vital, dynamique ; et, en le plaçant sur les nerfs, il n'entreprend pas même de saisir comment il s'y comporte pour produire les accidents. Si tant est que nous ne connaissions pas mieux au fond le phénomène, au moins par le seul fait de son déplacement et en l'étudiant dans le sang, il nous est permis d'en déduire une théorie parfaitement susceptible de contrôle et de vérification.
C'est au moins le témoignage que nous nous plaisons à nous rendre. Notre théorie ne manquera pas de soulever tous les reproches d'obscurité, de vanité , d'incertitude , qu'on aime tant à prodiguer au Vitalisme. Cependant, qu'on veuille bien l'examiner avec quelque attention, et l'on pourra se convaincre qu'elle ne met pas l'esprit à une plus rude épreuve que les systèmes matérialistes, dont elle diffère même beaucoup moins qu'on ne serait tenté de le croire. Le plus accrédité d'entre ces systèmes, tout en prétendant se fonder sur la fibre solide , n'a pu la mettre en œuvre qu'à l'aide d'un fait abstrait, dynamique : stimulus, spasme, réputé la cause des troubles circulatoires. Mais ce fait, il ne le connaît ni ne l'établit ou le démontre, et bien moins le trouble prétendu dont l'expérimentation lui révèle la non-existence. Le système n'a donc point abouti.
La pluparL do ces ditTicullcs sont au moins sauvées par le YiLalismo. Parti d'un fait du môme ordre , l'affection morbide, il essaie d'abord delà définir comme un mode anormal delaforce vitale, et, en la faisant opérer sur le sang, il n'émet pas une idée plus inabordable que de l'adresser à la fibre solide. Au contraire, vu la part manifeste que la force vitale prend au mouvement et, aux divers actes du liquide, rien n'est plus légitime que de déduire de ses lésions tous les troubles possibles de ce mouvement et de ces actes, révélés par l'état morbide, et dont l'autre système ne prend pas le moindre souci.
Le Matérialisme ne le veut pas ainsi et s'obstine honteusement dans ses visées organico-physiques. Si le lecteur veut être de bonne foi, il peut juger, des succès qu'il y obtient. En s'attachant à quelque phénomène isolé, il peut bien se donner un moment le change. Mais, nous le demandons : a-t-il réellement tiré , a-t-il seulement affiché la prétention de tirer de ce phénomène des conséquences générales susceptibles d'entrer dans un enseuible , dans un tout qui puisse à bon droit porterie nom de système? Il y a de plus cela de fâcheux, de sa part, que lui-même il se rend très -bien compte de son impuissance, ce qui ne l'empêche pas de persévérer et d'insulter les autres. Il ne parvient pas à se dissimuler que, quand il a mis à nu toutes les conditions physiques d'un phénomène, il lui reste encore quelque chose à savoir : rien moins que la cause, l'essence de ce phénomène. Par malheur, sa donnée ne la, lui fournissant pas, il en désespère et y renonce. Ce en quoi nous différons, c'est que nous avons un espoir et un courage meilleurs. Arrivé à cette même limite, nous n'hésitons pas à la franchir, à poser hardiment le pied sur la portion inconnue du terrain de la science; faute de quoi nous ne saurions nous flatter de l'explorer, de le féconder. Notre tentative pourra être insuffisante ; nous souhaiterons à un autre un meilleur succès !
En tout cas, ce n'est pas la concurrence du Matérialisme
oio TUAITÉ U IIKMATOI.OGIK I) VNAMIMUK.
qui pourra nous humilier ni diminuer notre confiance en nos doctrines; il peut bien se décerner à lui-môme un brevet de supériorité, d'évidence, d'infaillibilité, se vanter. elTrontément d'avoir bouleversé, transformé la science en quelques années. Une telle prétention a pu être traitée de monslrucuse par un esprit sérieux et profond, nourri pourtant à son Ecole, qui lui reproche surtout de n'avoir rien fait pour la pratique; car, sans la tradition, aux enseignements de laquelle il se garde bien de renoncer, ses conquêtes, àlui, nous laisseraient dans le plus complet désarroi, ce qui suffit pour faire apprécier sa valeur théorique'.
Aussi nous préoccuperons-nous fort peu du jugement que le Matérialisme pourra porter de notre travail. Lui qui ne poursuit la vérité scientifique qu'à grand renfort d'instruments et d'observations physiques, qui prétend n'étudier la vie et ses phénomènes que comme une dépendance directe des lois, des forces qui régissent la matière brute, il ne saurait rien entendre aux choses du Vitalisrae, d'une Philosophie qui se fonde avant tout sur l'opération de l'fsprit, sur le raisonnement et l'induction. Et, à vrai dire, ce n'est pas pour lui que nous avons écrit, le dispensant au besoin de nous lire, et l'apostrophant fièrement, à notre dernière ligne, des mômes paroles qu'Hippocrate lui adressait déjà de son temps : « Quiciionque de naturâ humanâ amplius disserentes audire consuevit, quam ejus ad Medicinam pertinet, huicnon est commadum hune ineum sermonem audire'.))
^ G. Daremberg ; Sur le concours d'agrégation. {Journ. des Débats, A mai 1875.)
Hippocrate; De nat. Iium., I, 273; édition Vaa der Liuden.