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Sang des différents vaisseaux. — Il existe de légères différences dans la composition du sang selon le point du système vasculaire où il a été recueilli. Suivant Malassez, il n'y a pas d'écart appréciable entre le nombre de globules du sang provenant d'une grosse et d'une petite artère, tandis qu'il y a de grosses différences entre le sang des capillaires et celui des veines : le sang des capillaires de la peau est plus riche en globules que celui des veines et que celui des artères. D'autre part, le sang des veines contient plus de globules rouges que celui des artères.

Influences vaso-motrices. — Le chiffre des hématies, qui est à près constant dans les gros vaisseaux, subit au contraire dans les capillaires des variations qui sont en rapport avec les phénomènes vaso-moteurs.

Malassez ' a montré que la section du grand sympathique amenant une vaso-dilation au niveau de la peau ou de la glande sous-maxillaire, diminuait dans les vaisseaux de la région le nombre des hématies. Golinstein et Zuntz -, sectionnant la moelle au-dessus de l'origine

1 Malassez. Sur la numération des globules rouges du sang. Thèse Paris, 1873.

2 CoHNSTEiN et Zuntz. Pflugers' Archiv. BdXLII.

NOMBRE DES GLOBULES ROUGES

des nerfs splanchniques, produisent une paralysie vaso-molrice qui se traduit par une dilatation des vaisseaux et par une diminution des hématies dans le sang; au contraire, Félectrisation de la moelle produit une concentration du sang.

Les recherches de Grawitz ' sont à cet égard très complètes et très intéressantes. Il a vu que l'action passagère du froid (bains et douches froides) sur la surface du corps, en produisant une vaso-constriction intense, augmente le nombre des hématies comptées dans 1 mm. c. de sang ; cette hyperglobulie se produit rapidement, en quelques minutes. Au contraire, la chaleur, le frottement de la peau, les inhalations de nitrite d'amyle, qui produisent une vaso-dilatation, abaissent le nombre des hématies. Ces actions sont très passagères, et très rapidement, au bout de 15 à 20 minutes, la concentration normale du sang se rétablit. Les observations de Winternitz -, de Knôpfelmacher % de Breitenstein de Becker % de Friedlânder de Lôvs^y % etc., ont montré de même que l'action du froid et du chaud sur la peau produisent, l'une une hyperglobulie, l'autre une hypoglobulie passagères.

Par contre, Laqueur et Lœwenthal ^ n'ont pas constaté de différence dans l'action des applications chaudes et froides ; ils ont vu que les modifications sanguines locales étaient en sens inverse des modifications du sang dans la circulation générale.

Pour expliquer ces modifications du nombre des globules, Winternitz admet que la vaso-constriction fait passer dans la circulation périphérique des globules qui étaient à l'état de stagnation dans les gros troncs vasculaires.

Zuntz et Gohnstein, Friedlander, Lowy admettent une répartition différente des globules. Mais Becker a trouvé des modifications corrélatives du nombre des globules dans les capillaires et les veines.

1 GuAWiTZ. Zeit. /'. klin. MecL, Bd. XXI, 1892, H. 3-6 ; et Centmlbl. f. innere Med., 1900, n» 3.

2 Winternitz. Cenlvalbl. f. inn. Med., 1893, nû 9 et 49.

3 Knôpfelmacheu. Wiener klin. Woch., 1893, p. 810. '<■ BiiEiTENSTEiN. Avcli. f. Bxpsr. Puth., 1896, p. 253.

Beckek. Deut. Avch. f. klin. Mea. Bd CXX, 1901, s. 17. FiuEULANDER. Kon(j)'ess f. inn. Med., 189T, p. 386. 7 LôwY. Berlin, klin. Woch., 1896, 41.

^ Laql'eur et LoE'WEXTHAL. Zeit. /'. i/idlel. u. pliys. Thérapie, 1903, Bd Vil, s. 211.

CONDITIOiNS PHYSIOLOGIQUES. 319

Grawilz admet que la contraction des capillaires produit une élévation de la pression sanguine et une issue de la sérosité du sang qui se répand dans les tissus; de sorte que le sang perdant de l'eau se concentre. L'effet contraire se produit dans la vaso-dilatation. Cette opinion est partagée par Limbeck et par Knopfelmacher : il est certain que des échanges se font très rapidement entre le sang et les sérosités interstitielles ; ainsi, au cours même d'une saignée, l'eau des tissus pénètre déjà dans le sang pour aider à la réparation de sa masse primitive. Il est donc possible que, sous l'influence de la vaso-constriction ou de la vaso-dilatation, les échanges d'eau qui se font entre le sang et les tissus amènent soit une concentration, soit une dilution rapide du sang.

De ces phénomènes consécutifs à l'action de la température sur les vaisseaux, il faut rapprocher les modifications du sang qui se produisent sous des influences psychiques (Lloyd Jones) Grawitz attribue à une vaso-constriction réflexe produite par la douleur la concentration du sang observée chez les lapins opérés sans anesthésie.

C'est encore le réflexe vaso-constricteur qu'on peut invoquer pour expliquer l'augmentation des hématies que Chéron -, Quiserne * ont notée immédiatement après les injections sous-cutanées de sérum artificiel, et que \\ idal a vu survenir aussitôt après une injection sous-cutanée de cacodylate de soude.

Inversement, c'est sans doute à la vaso-dilatation observée pendant la fièvre qu'on doit attribuer la dilution du sang que Stein* a noté chez les sujets fébricitants.

Enfin, c'est à des phénomènes du même ordre qu'il faut rattacher les variations globulaires dans le sang des doigts atteints à'asphyxie /oca/e. Vaquez a vu dans un cas 4 500 000 globules dans les régions cyanosées et 3 980 000 au niveau des parties saines.

Vaquez^ a observé aussi une augmentation du nombre des hématies

1 LLOYn Jones. Jouvii. of physiologie, t. VIII, 1887.

2 Chéron. Académie des Sciences, août 1893.

3 QuisEitNE. Thèse de Paris, 1902.

4 SïEiN. Cenlralb. f. kUn. Med., 1892, n» 23. ° Vaquez. Soc. méd, des Hôpitaux, 1891.

NOMBRE DES GLOBULES ROUGES

dans les vaisseaux de la peau, chez les myxœdémaleux ayant des troubles circulatoires locaux.

On voit par là combien il est nécessaire, quand on recueille du sang pour faire une numération, de se mettre à l'abri des perturbations dues aux troubles vaso-moteurs, telles que peuvent en déterminer la compression, la position déclive d'un membre, la chaleur ou le froid.

Age. — Dans les conditions physiologiques, le nombre des globules rouges se modifie aux différents âges.

Au moment de la naissance^ il y ^ ^i^e véritable hyperglobulie, qui tient sans doute à l'établissement brusque de l'exhalation pulmonaire et de l'évaporation cutanée, ainsi qu'au faible apport de liquides extérieurs ; le nouveau-né mange son sérum, suivant l'expression de Brouardel, et ainsi se produit une concentration relative du sang. Le nombre des globules, à la naissance^ est en moyenne de 6 000 000 et va quelquefois jusqu'à 8 500 000, suivant Schilî^

Hayem a trouvé une moyenne de 5 368 000 ; pour lui le nombre des globules est en rapport avec le moment où a été faite la ligature du cordon ombilical : plus la ligature du cordon a été tardive, plus le nombre est considérable ; ainsi, pour 6 enfants chez qui le cordon a été lié immédiatement, la moyenne est de 5 087 000 ; pour 8 enfants, dont le cordon n'a été lié qu'après la cessation des battements, la moyenne est de 5 576 000.

D'après Lépine -, Germond et Schlemmer % le lendemain de la naissance, il y a ime augmentation considérable du nombre des hématies qui correspond à la perte du poids du corps.

Le maximum du nombre des hématies est atteint au 2*^ ou 3'' jour; puis le nombre baisse progressivement dans les jours qui suivent ; vers le 6^ jour, il commence à se rajjprocher du chiffre normal des adultes qu'il atteint rapidement. Durant toute celte période, les fluctuations du chiffre des hématies sont très marquées d'un jour à l'autre; le sang est en évolution; suivant Hayem, un très grand

1 Lépine. Soc. de biologie, 1876.

2 GeKMOND et SCLEMMER.

3 ScHiFF. Zeit. f. Heillninde, Bd. XI, 1890.

CONDITIONS pMysiologiqoës. 3âl

nombre d'éléments nouveaux se produisent, de sorte que le diamètre moyen des globules est inversement proportionnel au nombre des globules ; quand il y a beaucoup de globules, ce sont surtout des éléments jeunes, de petite dimension.

Jusqu'à la puberté^ le sang de la femme contiendrait un peu plus de globules rouges que le sang de l'homme ; après l'établissement des règles, le rapport se modifie (Stierlin). Suivant Schwinge', le nombre des hématies est plus faible chez la femme durant la période d'activité sexuelle ; après la ménopause il est égal à celui des hématies de l'homme (Schwinge).

Le nombre des globules rouges s'abaisse à l'âge adulte.

Chez les vieillards, il est le même que chez les adultes (Duperrié et Cadet), ou légèrement inférieur (Sorensen) ^.

Parisot et Jeandelise admettent que chez le vieillard la moyenne du nombre des hématies par millim. cube donne :

Pour l'homme 4 300 000

Pour la femme 3 400 000

Sorensen a résumé l'évolution du nombre des hématies dans le tableau suivant :

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