‹ Traité d'hématologieChapitre 103 sur 236 · AGE FEMMES · texte numérisé non relu

AGE FEMMES

1 à 14 jours 5 360 000

2 à 20 ans 3 120 000

13 à 28 ans 4 820 000

41 à 61 ans , 5 010 000

Races. — Le nombre des hématies paraît sensiblement le même

1 Schwinge. Pflugers Arch., 1898, p. 299.

2 Duperrié. Thèse de Paris, 1878.

3 Sorensen. Deul. ined. Woch., 1878, n° '23; et Undersoor/er om Antallet of rode orj hoice BLodleçjemer. Kopcnhagen, 1876.

* Parisot et Jeanuelise. Coiujrès de Nancy, 9-11 avril 1896.

NOMBRE DES GLOBULES ROUGES

dans toutes les races humaines (Hajem). Cependant Maurel admet que les habitants des pajs chauds ont, en général, un peu moins d'hématies qne les habitants des pays tempérés.

Alimentation. — L'influence de l'alimentation est diversement interprétée suivant les auteuis : le nombre des globules rouges augmenterait d'une façon passagère après le repas (Sorensen) ; il diminuerait au contraire (Vierordt Duperrié, Reinert '-).

En somme, l'alimentation, la boisson modifient peu l'équilibre hématique : Leichlenstern n'a pas vu de modification chez un sujet qui avait bu en trois jours 21 litres 5 d'eau; Schmaltz n'a vu qu'une très légère diminution de la densité, 45 minutes après l'ingestion de 4 litres de sérum artificiel.

Les études faites chez les jeûneurs, Cetti, Breithaupt, Succi, et chez les hystériques en état de sommeil prolongé, ont montré en général une augmentalion du nombre des globules et de la quantité d'hémoglobine dans ces conditions ; il y a des variations passagères en rapport avec l'absorption d'eau. La reprise de l'alimentation est suivie inversement d'une diminution des globules et de l'hémoglobine.

Chez Breithaupt, Senator a vu :

Avant le jeûne 4 953 000 hématies 107 p. 100 d'héraog-lobine

Au 2' jour du jeûne... o 450 000 — 114 p. 100 —

Au jour du jeûne. . . 4 801 000 — 130 p. 100

Au 2"= jour de nourriture 4 812 000 — 114 p. 100 —

Rousse et Wilder* ont vu que l'inanition produit, chez le lapin, une augmentation relative des hématies et de l'hémoglobine par concentration du sang ; si l'inanition entraîne rapidement la mort, on ne constate que l'augmentation ; si la mort ne survient que tardivement, à une première période d'hyperglobulie, succède une diminution du nombre des globules.

Menstruation. — Après la menstruation, le nombre des globules diminue légèrement, pour remonter rapidement à la normale.

1 ViEuoHDT. .l/c/(. /'. phys. Heilkunde, 1832, t. XI; et 185i, t. XIII.

2 Ueineiit. Die Zahlung d. Blutkôrperchen. Leipsig, 1891.

3 Senatoh. Charité Annalen, 1883, XII, p. 317 ; et Virchow's Arch. Supp., t. GXXXI, 1893. * Rousse et Wilder. Arch. inlern. de pharmacodynamie, 1903, t. XI, 3 et 4,

CONDITIONS PHYSIOLOGIQUËS.

Grossesse. — Pendant la grossesse, surtout à la fin, le nombre s'abaisse un peu chez les primipares, mais il ne change pas chez les multipares. La lactation n'abaisse le nombre des globules rouges cpie dans des conditions pathologiques ^.

Saisons. — Le chiffre des globules rouges est plus élevé en hiver cpi'en été. Ainsi Malassez a vu sur lui-même le nombre des gloliules qui était de 4 500 000 en hiver, descendre à 4 000 000 en été dans le milieu parisien. Il a montré à ce propos que les variations saisonnières pouvaient être imputées bien plus aux conditions d'existence différentes qu'à la saison elle-même; ainsi il a vu le nombre de ses globules rouges augmenter en été au bord de la mer ou à la campagne, lorsqu'il menait une vie physique active, tandis qu'au contraire, à la même époque et dans le même lieu, le nombre diminuait lorsqu'il restait au repos.

En outre, Malassez ' a insisté sur les variations qui peuvent exister chez un même individu à l'état de santé ; le nombre des globules est à l'élat de perpétuelle variation, et il suffit d'une ingestion de boissons, d'une transpiration, pour voir le nombre diminuer ou augmenter d'vme façon légère et transitoire. L'équilibre a toujours tendance à se rétablir.

Climats. — Tropiques. — La pâleur du teint des Européens qui séjournent sous les tropiques a fait admettre par la plupart des médecins que le climat tropical est anémiant. Cependant les observations de Marestang en Nouvelle-Calédonie et à Taïti, de Eijkman, de Glogner, de Grijns ont montré que le nombre des globules du sang et la quantité d'hémoglobine sont plutôt augmentés par un séjour dans les pays chauds. Marestang a noté jusqu'à 6 758 000 hématies.

La pâleur du teint des Européens ne serait donc pas due à l'anémie; Ehrlich l'explique par une inégale répartition des globules dans les vaisseaux; Y. der Scheer par une anémie des vaisseaux cutanés, le

1 Reyne. Thèse Paris, 1881.

2 Malassez. Tribune médicale, 22 janv. 1902.

3 Malassez. Société de Biologie, 31 octobre 1874.

NOMBRE DES GLOBULES ROUGËS

sang se logeant dans les vaisseaux profonds. Cependant, il n'en est pas toujours ainsi ; il y a des cas où, même en l'absence de toute cause pathologique apparente, l'anémie est réelle.

Maurel ' a observé sur lui-même que le chiffre de ses globules, qui était en France de o 000 000, était tombé à 3 906 000, après un séjour de trois mois en Cochinchine, malgré la persistance d'un état de santé excellent. Il a vu en outre que chez les militaires qui n'ont subi l'atteinte d'aucune maladie, après un séjour de 6 à 32 mois à la Martinique, le nombre des globules rouges est augmenté ; si le séjour se prolonge durant 5 à 15 ans, le nombre des globules diminue ensuite. Il explique ce phénomène par une adaptation de l'organisme au climat tropical, car de ses recherches, il résulte que les peuples des pays chauds ont un nombre d'hématies moindre que ceux des pays tempérés

Plehn a conclu, de ses recherches faites à Kamerun, que peu de temps après l'arrivée sous les tropiques, les européens présentaient un appauvrissement du sang en hémoglobine. Il retrouve dans les hématies des granulations basophiles qu'il interprète conmie des hématozoaires et considère l'anémie des tropiques comme une forme larvée du paludisme

Grawilz admet aussi que cette anémie tropicale peut être due au paludisme, mais comme il a vu dans le sang de paludéens la dégénérescence granuleuse des hématies, il pense que les granulations basophiles ne représentent point des parasites, mais une altération des hématies. D'ailleurs, suivant lui, les températures élevées peuvent avoir pour résultat une dégénération des globules rouges. Chez des animaux exposés pendant un certain temps à une haute température, il a vu des lésions analogues. Il place des souris blanches dans une étuve à 35" et les habitue peu à peu à supporter une température de 45° ; avec des précautions, il parvient à les conserver longtemps vivantes. Au bout de 8 jours, elles sont malades, leur sang est pâle et les globules rouges sont atteints de dégénérescence granuleuse. Plus tard, elles guérissent et leur sang se répare.

1 Mauhel. A7-ch. de méd. navale, nov. 1900, p. 23; et Hématimétvie normale el pathologique des paijs idiauds, 1883, Paris, Doin.

2 Maurel. Congrès de Nancy, 6 août 1886. Sect. d'anthropologie.

3 Pleiin. Deul. med. Woc/t., 1899, n» 28.

CONDITIONS PHYSIOLOGIQUES

Climats froids et humides. — Les expériences de Lôwenthal, qui a exposé des cobayes à de mauvaises conditions atmosphériques, montrent que le froid et Thumidité exercent une action nocive sur les hématies et y produisent des granulations basophiles.

Climat maritime. — Marestang ' a constaté l'augmentation des hématies chez les recrues de la marine après un voyage de 3 mois 1/2 en mer.

Climats polaires. — D'après Fliigge, Uubner, les hommes qui voyagent ou habitent dans les climats polaires deviennent pâles, anémiques, déprimés, quand la nuit polaire commence. Cette anémie serait due à la privation de la lumière solaire, qui est aussi utile pour le développement du sang et de l'hémoglobine des animaux que pour la chlorophylle des végétaux.

Des observations et des expériences nouvelles n'ont point confirmé celte opinion. L'expédition polaire de Nansen a montré que, si les conditions hygiéniques restent bonnes, s'il n'y a jDas de scorbut, la nuit polaire, même durant plusieurs mois, ne modifie pas le sang. Schônenberger dit que les chevaux qui ont travaillé constamment durant 10 à 24 ans dans les mines, sans revoir le jour, ne sont pas anémiés. En outre, Schônenberger ' a soustrait des lapins à la lumière, soit en leur fermant les paupières, soit en les faisant vivre dans des caves pendant 30 à 40 jours : il a obtenu ainsi une concentration du sang. Il en conclut que les adultes peuvent supporter la privation de lumière sans devenir hypoglobuliques.

Il n'en est pas de même pour les individus jeunes, en voie de développement, chez qui l'absence de lumière arrête la croissance et produit l'anémie.

Altitude. — L\il/i(uc/e, probablement par l'intermédiaire de l'état de la pression atmosphérique, a sur la composition du sang une influence très grande ; les recherches de Paul Bert ont attiré pour la première fois l'attention sur ce sujet en 1882.

1 Makestanc. Arch. de inéd. naoale, 1889, p. 401 ; — Eykmanx. Vircliow's Arc/>., Bd. CXX\' — Gl(i(;xeh. ibid. — Gm.ixs. iôid. Bd. CXXXIX, p. 97. - SciiôNiîNBEiiGEit. Inaiig. Dissert., Berlin, 1808. 3 P. Bert. Académie des sciences, 1882.

NOMBRE DES GLOBULES UOUGES

Cette question très importante pour la physiologie, la pathologie et la thérapeutique, a été très étudiée dans ces dernières années. Des recherches de A'iault', faites sur les Cordilières, des études de Mercier-, Egger% WoHT*, Kôppe Jaruntowski et Schrœder ^, Miescher Kundig% Voornveld^, Campbell et Hoagland'", etc., il résulte que lorsqu'un individu sain se transporte à une altitude supérieure, le nombre de ses globules rouges augmente.

Cette augmentation est très rapide. Mercier a constaté chez sa fille, 5 heures après son arrivée à Arosa, une augmentation de 790 000 hématies par millimètre cube. Dans la suite, l'augmentation se poursuit, mais moins rapidement. En 10 ou 15 jours, le chiffre globulaire est fortement accru, mais le maximum n'est atteint que tardivement au bout de cinq ou six mois (Mercier). A ce moment, le sujet acclimaté possède un nombre de globules rouges, identique suivant certains auteurs, légèrement inférieur suivant d'autres, au nombre des globules d'un individu né dans la montagne et accoutumé à y vivre.

Mais cette hyperglobulie n'est pas définitive ; quand le sujet acclimaté aux hauteurs, redescend dans la plaine, ilreprend rapidement le chiffre des globules qu'il avait antérieurement. Ainsi Mercier, dont le nombre des hématies était à Arosa de 7 dOO 000, étant descendu à Bâle, ne comptait plus le lendemain matin que 6 160 000.

L'augmentation du nombre des globules rouges est d'autant plus considérable que l'altitude est plus grande. Déjà un très petit changement d'altitude suffit à modifier le nombre des globules rouges. L'augmentation du chiffre globulaire peut être figurée par une courbe-, qui s'élève à mesure que l'altitude augmente, assez régvilièrement jusqu'à 1800 mètres, et beaucoup moins rapidement ensuite.

1 ViAuiyr. Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1890, p. 917.

2 Mercier. Arch. de physiologie, oct. 1894.

3 Egger. XU° Kongress f. inn. Medicin., Wiesbaden, 1893, p. 262.

<• WoLFF. Ueb. den Einfluss der Gebirgsklimas auf den gesunden und A'/'ff;!/i:PH,M'iesbaderi, ' 89.'i.

5 KôPPE. Milncli. med. Woch., 1893, p. 904.

•> Jaruntowski et Sciiroeder. Mï/nch. med. Woc/i., 189'f, n° 48.

7 Miescher. Corresp. Bl. f. Schweizer Aerzle, XXIH, 1893, n° 24.

8 KuNDiG. Corresp. Bl. f. Schweizer Aerzle, 1897, n" 1.

' H. V. VoouNVELD. Das Blut im Hochgebirge, Arch. /'. 'l. gesam. l'hysiol., XCII, p. 1, 1902. Campbell et Hoaglaxd, Am. .7. of med. sciences, nov. 1901,

CONDITIONS PHYSIOLOGIQUES

Le tableau suivant de Kôppe donne un aperçu des hyperglobulies produites par l'altitude.

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