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TROUBLES DE LA NUTRITION

Alimentation insuffisante. — Une alimentation insuffisante amène à la longue un état d'anémie. C'est le fait qui ressort de l'observation clinique et de l'expérimentation.

De très nombreux travaux ont été faits pour élucider le mode d'altération du sang par inanition et par alimentation insuffisante.

Dans Vinanition, il se produit d'abord^ ainsi que nous l'avons indiqué plus haut (voir p. 318), une concentration relative du sang.

En même temps que le sujet maigrit, la masse du sang diminue et le sang s'atrophie proportionnellement au corps, de sorte que le rapport du poids du sang au poids du corps reste constant (Panum ■').

La diminution du sang résulte surtout d'une perte d'eau et d'albumine, qui passent dans les tissus ; au contraire, les autres éléments du sang, subissant une déperdition moins grande, paraissent avoir augmenté et le sang se concentre ; le résidu sec du sang augmente ; les sels du sérum augmentent ; le nombre des globules rouges dans un millim. cube de sang, est plus élevé que normalement.

Même si le sujet en inanition absorbe beaucoup d'eau, la masse sanguine diminue proportionnellement au poids du corps ; seulement le sérum devient moins dense et montre une diminution plus importante du résidu sec (Panum).

1 Kr/Epelin. Deut. Arch. f. klin. Medic, t. 49, p. 587. - Vaquez. Soc. méd. des hôpitaux, 22 janv. 1897. 3 Paxu.m. Virchow's Archiv., t. XXIX, p. 241, 1864.

NOMBRE DES GLOBULES ROUGES

Ce n'est qu'après la cessation du jeûne, quand le sujet reprend de la nourriture, qu'un état d'anémie se manifeste. Il tient à ce que les tissus se réparent plus vite que le sang aux dépens de l'alimenlation.

Kieseritzky ' a vu qu'après la fin du jeiuie la perte d'eau du sang ne se répare pas aussi vite que celle des tissus, de sorte que le sang reste encore concentré pendant quelque temps ; puis la perte en eau du sang se réparant plus vite que la perte en albumine et en globules, le sang se dilue et une hypoglobulie se manifeste.

Les mêmes phénomènes se produisent lorsque le jeûne prolongé n'est pas absolu ou lorsque la nourriture est insuffisante en quantité ; au contraire, si l'inanition dure jusqu'à la mort, la concentration du sang persiste jusqu'au bout.

Lorsque la nourriture est insu/Jisante et n'apporte pas les principes nécessaires à la réparation des tissus, l'anémie se produit. Nasse -, Verdeil ', Subbotin '% Bisclioff, Voit ' ont vu que chez des animaux carnivores, l'alimentation avec du pain au lieu de viande diminue la densité du sang et la quantité d'hémoglobine. Leichtenstern a vu augmenter l'hémoglobine par une alimentation riche.

Cependant, Hôsslin" n'a trouvé que peu de différence entre le sang de deux chiens recevant l'un une nourriture riche, l'autre une nourriture pauvre en albuminoïdes. Il pense qu'une nourriture insuffisante produit seulement une atrophie du sang proportionnelle à celle du corps, et que l'anémie n'apparaît qu'à la suite de causes pathologiques, la nourriture insuffisante ne permettant pas la réparation du sang. Grawitz conclut de ses expériences sur l'homme qu'une alimentation insuffisante chez un sujet qui travaille, mène à l'anémie : il y a d'abord diminution de l'albumine du sérum, et plus tard alth\ation et diminution des globules rouges.

Bunge", Abderhalden*^ et Ilaûsermann'' admettent que l'insuftisance delà quantité de fer apportée par les aliments peut produire l'anémie.

^ KiESEiuTZKY. Deul. Aerzle ze'it. 1902.

- Nasse. Einfluss der Nahrung auf dus Blul. Marbiirg', 18.jO. 3 Verdeil. Liebig's Annal., 1849, t. LXIX, p. 89.

SuDBOTiN. Zeit. f. Biologie, 1891, t. VII, p. 185. s Voit. Zeil. f. Biologie, 1866, t. II. p. 307 ; ci; I/jid , 1894, t. XXX, p. 511. 6 V. HôssLiN. Miinch. med. Woch., 1890. n° 38. " Bunge. Zeil.f. Biologie, t. XII, p. 191. ^ Abueiui.vlden. Ibid., t. XXXIX, fasc. 4.

Hausehma:^n. Zeil. f. pivjsiol. Chemic, 1897, t. XXIII, p. Sao,

HYPOGLOBULIES.

Heubner et Monli considèrent l'alimentalion lactée trop prolongée chez les enfants comme une cause cranémie. L'insuffisance du fer est surtout nuisible chez les sujets jeunes, dont le développement n'est pas achevé et qui ont besoin de fer pour fabriquer des globules rouges et de l'hémoglobine. Chez eux, l'insuffisance ferrique se traduit par une quantité insuffisante d'hémoglobine dans le sang.

Chez les adultes, quand l'hémalopoièse est terminée, la privation de fer paraît avoir une action moindre ; elle produit un résullat différent : ce n'est pas de la pauvreté en hémoglobine qui se manifeste, mais plutôt une pauvreté du sérum en albumine, une diminution du nombre des hématies, et plus tard seulement une diminution de l'hémoglobine.

D'ailleurs, si on considère la faible quantité de fer (quelques milligrammes), dont un organisme adulte a besoin pour réparer ses pertes quotidiennes, on voit <pi'une nourriture, même insuffisante à d'autres égards, apporte toujours une quantité de fer assez grande, de sorte que l'insuffisance du fer dans l'alimentation ne paraît pas jouer un grand rôle dans la production des anémies de l'adulte.

Diarrhée. — Les diarrhées causent, dans les formes aiguës et passagères, une hyperglobulie parfois considérable (jusqu'à 10 millions dans les diarrhées infantiles, Malassez), aussi une affection comme la dysenterie aiguë, même lorsqu'elle s'accompagne d'hémorragies, n'abaisse-t-elle pas sensiblement le taux des globules rouges; il est rare que le nombre descende au-dessous de 4 500 000.

Dans les formes chroniques (dysenterie, diarrhée de Cochinchine), il n'en est plus de même ; l'hypoglobulie est progressive et parfois extrême; Malassez a trouvé une hypoglobulie allant jusqu'à 760 000 globules dans la diarrhée de Cochinchine ; Maurel a vu le nombre des hématies tomber à 2 000 000 dans la dysenterie chronique; pourtant la diminution du nombre des globules est encore masquée ici par la concentration du sang due à l'élimination des liquides, car le chiffre globulaire s'abaisse encore quand la diarrhée cesse.

NOMBRE DES GLOBULES ROLGES-

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