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ÉTUDE DES LEUCOCYTES DANS LES DIVERSES ESPÈCES ANIMALES

cumulent dans les vaisseaux périphériques par suite de la stase sanguine.

Limbeck pense que la leucocytose ante mortem est en rapport avec les infections agoniques, opinion qui peut rendre compte des polynucléoses, mais non des mononucléoses que l'on observe parfois à cette période.

La cause de cette hyperleucocytose est peut-être complexe, beaucoup de conditions capables de déterminer une réaction leucocytaire intervenant à la période agonique.

§ VI. — Etude des leucocytes dans les diverses espèces

animales.

Nous n'étudierons en détail la morphologie des leucocytes que chez les animaux de laboratoire, à cause de l'intérêt que présente cette étude pour les recherches expérimentales.

Cobaye. — Kurlotï a établi la formule hémoleucocytaire normale du cobaye : suivant lui, le nombre des leucocytes varie de 10 000 à 15 000. Il serait seulement de 6 000 à 7 000 chez le cobaye de six mois, d'après Courmont et Montagard.

Les variétés cellulaires sont : 1" des leucocytes polynucléaires à granulations fines qui se teintent par le triacide d^Ehrlich et aussi par l'éosine. Cette propriété tinctoriale a fait donner à ces granulations le nom à\iniphophiles . On les appelle aussi pseudo-éosiiiophiles^ dénomination mauvaise qui tend à introduire une confusion inutile dans la classification : en effet, ces granulations sont absolument assimilables aux tînes granulations neutrophiles des leucocytes polynucléaires du sang de l'homme ; elles n'ont rien de commun avec les granulations acidophiles ; celles-ci s'en distinguent par leur grosseur et par leur résistance aux solutions acides qui dissolvent au contraire les granulations dites pseudo-éosinophiles, aussi bien que les neutrophiles.

Ces leucocytes se distinguent des polynucléaires du sang de l'homme par la division beaucoup plus grande de leur noyau qui est formé de lobes multiples. Ces leucocytes sont au nombre de 40 à 50 p. 100 ;

LES GLOBULES BLANCS A l'ÉTAT PHYSIOLOGIQUE CHEZ l'hOMME.

2° Des leucocyles polynucléaires à grosses granulations éosinophiles, au nombre de 1 p. 100 ;

3° Des leucocytes, désignés par Kurloff sous le nom de nigrosinophiles, qui correspondent aux cellules éosinophiles, et ne s'en distinguent que par Faction du mélange éosine-nigrosine, qui donne une coloration rose aux vraies granulations éosinophiles et une coloration noire aux granulations nigrosinophiles ;

4" Des lymphocytes typiques, au nombre de 30 à 35 p. 100 ;

5" Des cellules à vacuoles, non granuleuses, présentant tous les termes de transition entre les gros mononucléaires et les polynucléaires (Kurloff). Il y a dans le protoplasma une vacuole arrondie, qui se colore comme le noyau de la cellule, grossit et finit par êire expulsée. Ces cellules, propres au cobaye, sont au nombre de 15 à 20 p. 100.

Lapin. — Le nombre des leucocytes du lapin ' est, à l'étal normal^ sujet à des variations considérables, allant de 8 800 tà 13 000, suivant Tallqvist et 'N'illebrand ; de 8 500 à 10 900, suivant Courmont et Montagard. D'après nos observations, les variations physiologiques sont encore beaucoup plus étendues ; il est impossible de donner une moyenne et, par suite, chaque fois qu'on met un lapin en expérience, il faut commencer par établir sa formule individuelle normale. Pour se placer dans des conditions de vaso-constriction identiques, E. Weil recommande de mettre pendant 10 minutes, avant l'examen, le lapin à l'étuve à 37°.

La proportion relative des diverses cellules est aussi assez variable à l'état physiologique : il n'y a pas, chez le lapin, un équilibre leucocytaire comparable à celui de riiomine.

Tallqvist et Villebrand indiquent :

Leucocytes polynucléaires à granulations amphophiles. . . ia à 55 p. 100

Leucocytes polynucléaires éosinophiles 0,5 à 3 —

Grands leucocytes mononucléaires et formes de transition ... . 20 à 2a —

Lymphocytes 20 à 2o —

Mastzellon 2 à o —

E. Weil donne comme chiffres moyens :

Polynucléaires o3 (de 50 à 65) p. 100

.Mononucléaires 48 —

Éosinophiles 2à4 —

1 Walter, Brixkehiioff et TyzzEii, Journal of Médical Research., mars 1902.

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