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-N. des hem. nucloees par miUim. c. = =z 300
Diagnostic de forme leucocytaire. — Quand on a Thabitude des examens de sang sec coloré, le diagnostic des formes leucocytaires n'oflVe pas de difficultés, à l'état normal ; il n'en est plus de même dans les cas pathologiques : l'existence de formes leucocytaires qui né' se voient pas dans le sang normal (myélocytes), de leucocytes dégénérés et de leucocytes mal colorés, rend parfois la numération délicate.
Les principales causes cV erreur sont les suivantes :
1" Les li/mphocytes peuvent être confondus avec des hématies nucléées. Sur des préparations à Thématéine-éosine, trop fortement colorées, le noyau du lymphocyte peut apparaître comme une boule noire presque opaque et son protoplasma peut être coloré en rose intense; il ressemble ainsi à une hématie nucléée. Mais le noyau du lymphocyte est moins fortement et moins uniformément coloré que celui de l'hématie nucléée ; il est plus volumineux et n'apparaît jamais aussi nettement excentrique que le fait souvent le noyau de l'hématie. En outre, le protoplasma n'est jamais aussi nettement acidophile que celui des hématies.
Sur les préparations au triacide, le lymphocyte a un noyau moins foncé que l'hématie et un proloplasma lilas foncé, tandis que celui de l'hématie est d'un brun violacé.
NUMÉRATION DES DIVERSES ESPÈCES DE GLOBULES BLANCS
Le diagnostic sera facilité par la comparaison des préparations colorées au bleu de Unna, qui montrent le proloplasma du lymphocyte avec son aspect granuleux, bleu violet, tandis que celui de l'hématie nucléée est bleu gris verdàtre.
2° Certaines formes de leucocytes mononucléaires, à noyau incurvé, sont difficiles à distinguer des polynucléaires ; cependant, le noyau des mononucléaires, même lorsqu'il est incurvé et contracté, reste ordinairement plus clair et moins riche en chromatine que celui des polynucléaires. Le protoplasma est plus basophile et présente, sur les préparations à l'hématéine-éosine, une teinte lilas moins rose que celle des polynucléaires.
La distinction sera complétée par l'examen des préparations au triacide qui montrent des granulations neutrophiles dans le protoplasma des polynucléaires.
Cependant, malgré l'examen comparé des préparations, le diagnostic pourra être très difficile ; le noyau peut avoir des caractères intermédiaires à celui du mononucléaire et du polynucléaire, tandis que le protoplasma contient des granulations ; la cellule méritera alors d'être rangée parmi les formes de transition entre les mononucléaires et les polynucléaires ;
3" Le polynucléaire à granulations neutrophiles peut être confondu avec un mononucléaire chargé des mêmes granulations.
Quand le noyau est pâle, il est parfois difficile de distinguer les lobes des polynucléaires ; d'autre part, les granulations qui recouvrent en partie le noyau des myélocytes peuvent faire croire à une lobulation du noyau, qui n'existe pas.
La distinction ne peut être faite que sur des préparations au triacide et repose sur une bonne coloration des noyaux.
En outre, le myélocyte est généralement d'un volume plus considérable que le polynucléaire.
4° Les mastzellen ne peuvent, sur les préparations à l'hématéineéosine, être distinguées des leucocytes polynucléaires à granulations neutrophiles. Sur des préparations au triacide, elles s'en distinguent par l'absence de granulations et par les vacuoles ; sur des préparations au bleu de Unna, la mastzelle se reconnaît facilement à la présence de granulations basophiles métachromatiques.
LES GLOBULES BLANCS A l'ÉTAT PHYSIOLOGIQUE CHEZ l'hOMMË.
5" Les leucocytes polynucléaires neufrophiles sont, en général, très faciles à distinguer des polynucléaires acidophiles. Sur les préparations au triacide, les gi^anulalions acidopliiles sont plus grosses. Sur des préparations au bleu de Unna, elles apparaissent comme des vacuoles arrondies, transparentes, régulières, taillées à l'emportepièce, tandis que les granulations neutrophiles ne se voient pas. Enfin, les préparations à riiématéine-éosine permettent le mieux la distinction : le leucocyte polynucléaire neutrophile a un protoplasma lilas rose non granuleux ; le polynucléaire éosinophile a des granulations roses bien distinctes ; en outre, le noyau des éosinopliiles est, en général, plus gros, moins divisé et moins foncé que celui du polynucléaire ordinaire. Ce sont donc les préparations à l'hématéineéosine qui serviront le mieux à faire la numération des éosinopliiles.
Il y a pourtant des cas où le polynucléaire éosinophile est difficile à distinguer du polynucléaire neutrophile. Dans certaines anémies, la destruction hématique met en liberté dans le plasma de l'hémoglobine, qui est absorbée par les leucocytes polynucléaires et se retrouve dans leur protoplasma ; Hayem a insisté sur cette surcharge hémoglohinique des leucocytes dans les anémies.
L'hémoglobine communique au protoplasma des leucocytes polynucléaires une réaction acidophile, de sorle que le leucocyte pourrait paraître, à un examen sommaire, chargé de granulations acidopliiles.
La répartition inégale ou diffuse, la forme irrégulière des grains liémoglobiniques permet déjà, sur des préparations à l'hématéineéosine, de les distinguer des granulations acidopliiles ; toutefois, la distinction n'est pas toujours possible par ce seul examen, parce que les granulations éosinopliiles peuvent, dans les anémies, se montrer aussi irrégulières et mal colorées. Le diagnostic sera complété par l'examen des préparations au triacide, où les grains liémoglobiniques ne prennent pas la coloration rouge violet des granulations acidopliiles, et des préparations au bleu de Unna, où les grains d'hémoglobine n'apparaîtraient pas en clair comme les granulations acidopliiles.
6° Lorscju'on étudie le sang de certains animaux, comme le lapin et le cobaye, il faut savoir distinguer les leucocytes polynucléaires ordinaires ou pseudo-éosinophiles, des leucocytes polynucléaires
VARIATIONS PHYSIOLOGIQUES
éosinophiles. Svir une préparation à l'hénialéine-éosine, on voil les leucocytes polynucléaires ordinaires chargés de granulations qui se teintent par l'éosine de la même façon que les granulations acidophiles vraies.
Uien n'est plus facile cependant que la distinction de ces deux espèces de leucocytes, si Ton veut bien se fonder, non point sur la réaction colorante des granulations, qui est essentiellement trompeuse, mais sur le volume des granulations. Les granulations des leucocytes polynucléaires ordinaires sont fines et ponctuées, celles des leucocytes éosinophiles sont grosses et arrondies. La distinction de ces deux granulations du sang du cobaye, sur des préparations à riiématéine-éosine, est aussi simple que la distinction des granulations neutrophiles et des granulations acidophiles du sang de l'homme sur des préparations au Iriacide.
§ V. — Variations pliysiolog-icjues.
Selon l'âge. — Nouveau-né. — Le sang du nouveau-né renferme un nombre plus considérable de globules blancs que le sang de l'adulte. D'après Hayem, on compte 18 000 globules blancs par millim. cube, pendant les deux premiers jours de la vie extrautérine ; ce chiffre reste stationnaire pendant la période de diminution de poids de l'enfant, puis ne tarde pas à baisser pour revenir à 6 000 ou même 4 000 vers le troisième jour, au moment où l'enfant atteint son minimum de poids.
Les recherches de Rieder, de J. Courmont et Montagard ', de Da Costa, donnent des résultats comparables. Schiff-^ qui a étudié le sang de onze enfants, deux fois par jour pendant deux semaines, insiste sur les variations considérables du chiffre des leucocytes (10 000 à 56 000) pendant les premiers jours ; il les attribue à l'excès de la nourriture ou à la diarrhée. Rieder^ par contre, n'a pas observé de modifications appréciables sous l'influence de la digestion.
Le nombre des leucocytes se relève dans la suite et se maintient
1 J. Courmont et .Montagahd. Juurnal de physiol. el de pallt. générales, 1900.
2 SciiiFF. Zeit. f. lleilkunde, t. II.
^ RiEDEu. Beiir. z. Kennlniss d. Leucocytose, Leipzig, 1892,
LES GLOBULES BLANCS A l'ÉTAT PHYSIOLOGIQUE CHEZ l'hOMMË.
entre 7 et 9 000, avec de plus fortes oscillations que chez l'adulle ; à Tàge de huit mois, le sang renferme encore, en moyenne, de 14 à 20 000 globules blancs par millim. cube ; celte leucocytose est, d'ailleurs, transitoire ; à 15 mois elle a baissé de moitié et le nombre des leucocytes est tombé à 8 ou 10 000 par millim. cube.
La formule leucocytaire, chez le nouveau-né et pendant les premières années, est très différente de celle de l'adulte ; d'une façon générale, elle se caractérise par une véritable inversion de la formule, les mononucléaires étant en plus grand nombre que les polynucléaires. La proportion des diverses variétés de leucocytes varie d'ailleurs avec l'âge de l'enfant.
D'après Max Carstanjen au moment de la naissance et pendant les premières 24 heures, le sang est très riche en leucocytes polynucléaires et pauvre en lymphocytes ; après le premier jour, les polynucléaires diminuent, les lymphocytes augmentent, de sorte qu'à partir du douzième jour, il y a prédominance de lymphocytes. On trouve chez le nouveau-né de nombreuses formes de transition. La proportion des éosinophiles est sensiblement la même que chez les enfants plus âgés et chez les adultes.
Gundobin - admet aussi que le nouveau- né présente tout d'abord un pourcentage élevé de polynucléaires 60 à 70 p. 100 ; mais cette polynucléose persisterait plus longtemps que ne l'admet Max Carstanjen et ne disparaîtrait que vers le dixième jour.
Suivant Gundobin, la lymphocytose qui s'élève à 50 ou 60 p. 100 à partir du 10*" jour, persiste pendant les deux premières années, puis les mononucléaires diminuent pour atteindre les mômes proportions que chez l'adulte entre la 8'' et la 10'' année.
D'après Besredka% chez le nouveau-né il y a seulement 20 p. 100 de leucocytes polynucléaires à granulations neutrophiles ; le chiffre s'élève ensuite à 35 ou 40 p. 100, de 3 à 5 mois ; pour atteindre 50 p. 100 à 3 ans.
D'après Jolly, ce chiffre de 20 p. 100 serait trop faible ; on verrait à la naissance 40 p. 100 de polynucléaires.
1 Max Carstanjen. Jahrb. f. kinderkeilk., 1900. Bd. LU.
2 Gundobin. Jahrbuch fi'ir Kijiderheilkiinde, 1893, t. XXXV, p. 187.
3 Beskedka. Ann. de l'Inslitut Pasteur, mai 1898.
VARIATIONS PHYSIOLOGIQUES
CoLirmont et Montagard donnent des chiffres qui concordent à peu près avec ceux de Besredka. Ils ajoutent cette notion que la formule leucocytaire de 1 à 12 ans est caractérisée par 50 p. 100 de polynucléaires. La richesse du sang en leucocytes mononucléaires tient surtout à la présence de lymphocytes qui sont 4- à 5 fois plus nombreux que chez l'adulte. Les leucocytes éosinophiles sont augmentés et peuvent atteindre jusqu'à 7 p. 100 entre l'âge de 5 à 10 ans.
Chez les enfants nés avant terme, il y a aussi un nombre considérable de leucocytes comme chez les enfants nés à terme, mais la polynucléose des premiers jours fait plus rapidement place à la mononucléose (Da Costa).
Vieillard. — Les auteurs ne donnent pas de renseignements sur le nombre de globules blancs chez le vieillard. Dupérié', Cadet- ont trouvé les mêmes moyennes que chez l'adulte.
La formule leucocytaire oscille dans les mêmes limites que chez l'adulte, suivant la plupart des hématologistes. D'après Jolly, la proportion des leucocytes polynucléaires esl un peu supérieure à celle de Ladulte et s'élève à environ 70 p. 100 à l'âge de 70 à 75 ans.
Menstruation. — Les modifications du sang qui accompagnent et suivent la menstruation sont peu appréciables. D'après Hayem, elles sont en rapport avec l'abondance des hémorragies; elles se traduisent surtout par une augmentation de 1 000 à 2 000 globules blancs par millimètre cube.
Pour Sfameni, il y aurait plutôt diminution légère pendant la période menstruelle et augmentation des leucocytes dans les jours qui suivent.
Quant aux modifications de l'équilibre leucocytaire, Max Carstanjen pense qu elles sont absolument variables d'une femme à une autre et qu'il n'y a pas de loi à établir.
Grossesse. — La leucocylose est fréquente pendant la grossesse
1 DuPÉRiÉ. Globules du sait g. Variations physiologiques. Th.. de Paris, 1878, n° 124.
2 Cadet. Elude plujsiologique des éléments pgurés du sang. Th. de Paris, 1881, n° 32.
LES GLOBULES BLANCS A l'ÉTAT PHYSIOLOGIQUE CHEZ l'hOMME.
(Moleschott^ Nasse-, Malassez, Halla % Rieder, Limbeck, Cabot, etc) . Rieder a compté 13 000 globules blancs en moyenne cliez 21 femmes primipares enceintes de six mois ; 10 autres n'avaient pas de leucocytose, mais il s'agissait de multipares. Rouslacroix et Benoit* ont compté 12 000 à 20 000 leucocytes durant la grossesse chez les primipares et un chifi're toujours inférieur à 12 000 chez les multipares. Zangemeister et Wagner pensent que le chiffre des leucocytes oscille chez les femmes enceintes dans les mêmes limites qu'à l'état normal (7 500-15 000). Cabot, dans 3 cas, a observé le chilfre exceptionnel de 35 à 37000 leucocytes. Carton '^ l'a vu osciller entre 8 000 et 15 000, très variable d'un jour à l'autre, quelquefois même faisant défaut.
Cette leucocytose porterait surtout sur les polynucléaires, le chiffre des mononucléaires étant peu modifié (Rieder, Carstanjen). Carton a vu le taux des polynucléaires varier de 70 à 80 p. 100, et souvent s'élever davantage dans les jours qui précèdent le travail; les éosinophiles tendent plutôt à diminuer près du terme de la grossesse. Hibbart et White signalent 85 à 90 p. 100 de polynucléaires et souvent davantage. Par contre, Rieder pense qu'il n'y a pas de modification de l'équilibre et Bjôrkmann " estime même qu'il y a une mononucléose .
En résumé, la leucocytose se voit souvent au cours de la grossesse; mais elle n'est pas perceptible avant la fin des trois premiers mois ; elle va en augmentant jusqu'à l'accouchement; elle est plus fréquente et plus intense chez les primipares que chez les multipares ^
Accouchement. — Au moment du travail^ d'après Kosima et Eckert, la leucocytose est la règle et varie de 10 à 18 000. Suivant Zangemeister et Wagner ^ la leucocytose est progressive, et s'élève
1 MoLESCiiOTT. Wiener ined. Woch., 1834, p. 114. -i Nasse. Untersuch. z. l'/ii/siol. n. Palh., 1839, II. ■i Halla. Praf). Zeil. f. Ilt'il/. unde, 1883, p. 198.
4 RousLACnoix et Benoit. Réunion /jiolo(jir/ue de Marseille, 17 mars 1903. s Carton. Thèse Paris, 1903.
8 Hibuard et F. Wiiite. La leucocytose du travail et de la puerpéralité. Journal of experimenlal medicine, 1898, vol. III, n" 6.
" Bjôiikmann. .lî^ericaK -médico, surg. Bî(Z/.,1894, vol. VII, p. 17. 8 Mannicini. Arch. ilal. de gyne'coL, 1899.
f Zangemeister et Wagner. Deut. med. Woclien., 31 juillet 1902.
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à 26 000 ou 29 000 ; le chiffre est surtout élevé quand le bassin est rétréci, ou quand l'accouchement dure longtemps, ou bien s'il est rapide quand il y a de fortes contractions.
Suivant Carton, on observe pendant le travail une hyperleucocytose, souvent très accusée; elle commence avec le début du travail et atteint son maximum au moment de l'expulsion du fœtus. Elle atteint de 1 7 000 à 28 000 chez les primipares, de 9 000 à 23 000 chez les multipares. Elle est plus élevée encore chez les femmes qui ont un état pathologique quelconque ou de la fièvre.
Au moment de la délivrance^ il y aurait une augmentation rapide de la leucocytose, puis les globules blancs reviendraient graduelle-
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Fig. 74. — Accouchement normal (Carton).
ment à la normale, d'après Malassez. Suivant Zangemeister etWagner, il y a une chute rapide de la leucocytose après les couches normales; cette chute débute aussitôt après la naissance de l'enfant.
Apj'ès V accouche ment, les leucocytes diminuent graduellement et arrivent à la normale en l'espace de 14 jours (Ilibbart et White), au bout de 2 à 10 jours, avant même que l'involution utérine soit achevée (Rouslacroix et Benoit).
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LES GLOBULES BLANCS A l'ÉTAT PHYSIOLOGIQUE CHEZ l'hO.VIMË.
La leucocytose du travail et de raccouchement est aussi une polynucléose, plus marquée chez les primipares (85-95 p. 100) que chez les multipares (65-75 p. 100), suivant Rouslacroix et Benoit. Cette leucocytose est caractérisée par une polynucléose (86-94 p. 100 chez les primipares, 81-91 p. 100 chez les multipares) et par une disparition presque totale des éosinophiles (Carton).
Suivant Carton, après l'accouchement, la leucocytose baisse rapidement ; déjà commencée après une heure, la chute leucocytaire est terminée en 24 ou 48 heures ; cependant le chiffre des leucocytes reste encore légèrement au-dessus de la normale et oscille entre 8 000 et 15 000 durant les 5 jours qui suivent l'accouchement. En même temps, les polynucléaires reviennent au taux normal; les éosinophiles augmentent et oscillent entre 2 et 5 p. 100, du 3'' au 6" jour ; cette éosinophilie, très légère, est constante suivant Cova' ;
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Accouchement gémellaire, multipare (Carton).
Fig. 76. — Accouchement prématuré, 7 mois, enfant macéré, rétention de caduque (Carton).
les grands mononucléaires atteignent jusqu'à 1 0 et 15 p. 100 ; quelques éléments anormaux (mastzellen, grands basophiles) apparaissent. Dans un accouchement gémellaire^ la leucocytose se comporte de
1 Cova. Congrès de gynécologie et d'obstétrique. Rome, 1902,
VARIATIONS PHYSIOLOGIQUES
même ; toutefois, l'hyperleucocytose du travail est plus élevée, et la réaction éosinopliilique des suites de couches est plus marquée (Carton) .
L'accouchement c/'wa fœtus macéré s'accompagne d'une lencocytose analogue, mais plus irrégulière ; la réaction éosinopliilique est plus marquée ; souvent, à partir du quatrième jour après l'accouchement, il se fait une hyperleucocytose avec polynucléose, que Carton attribue au travail d'élimination de la caduque.
Suites de couches. — La lactation n'a pas d'influence appréciable sur la leucocytose.
'Une lymphangite du sein produit une hyperleucocytose polynucléaire passagère ou persistante s'il y a suppuration.
Une infection puerpérale légère produit une hyperglobulie et une hyperleucocytose de 15 000 à 28 000, avec polynucléose passagère et conservation des éosinophiles.
Une infection d'intensité moyenne est caractérisée par une hyperleucocytose de 20 000 à 30 000, par une polynucléose, une disparition des éosinophiles et une augmentation des éléments basophiles.
Une infection grave se traduit par une hypoglobulie progressive et souvent considérable (au-dessous de 1 million') ; une hyperleucocytose accentuée, restant au-dessus de 25 000 malgré les interventions thérapeutiques ; une polynucléose permanente et considérable (85 à 95 p. 100) ; la disparition persistante des éosinophiles ; l'absence d'éléments basophiles (Carton).
Leucocytose digestive. — Tous les hématologistes s'entendent, depuis les travaux de Virchow, pour admettre que la digestion s'accompagne d'une hyperleucocytose ; les expériences de Pôhl^ sur le chien, de Limbeck et de Millier- chez l'homme, ont établi cette donnée d'une façon solide. Comme cette leucocytose n'est jamais très considérable et pourrait ne pas dépasser les écarts physiologiques qu'on observe dans la teneur en leucocytes de deux individus différents, il est nécessaire pour l'apprécier d'avoir, comme terme de comparaison, établi à l'avance le chiffre des leucocytes présentés avant le repas par le sujet en expérience. Au point de vue pratique,
t PôiiL. Ai'cli. f. experim., t. XXII, p. 306. 2 MuLLEii. Zeil. /, Ueilkunde, 1890, p, 213.
LES GLOBULES BLANCS A l'ÉTAT PHYSIOLOGIQUE CHEZ l'hOMME.
la notion de cette leucocytose digestive oblige à ne jamais étudier VéquHibre leucocijinire après le repas.
L'hyperleucocytose n'est jamais très considérable ; le nombre des leucocytes augmente de 1 000 à 1 200 par millim. cube, suivant Ehrlich et Lazarus ; de 33 p. 100 suivant Rieder ; le chiffre des leucocytes s'élève rarement au-delà de 15 000 par millim. cube.
L'hyperleucocytose commence une heure après le repas, atteint son maximum au bout de trois à quatre heures et décroit ensuite graduellement ; elle est, en général, plus élevée chez les sujets malades que chez les sujets sains. Elle fait quelquefois défaut chez des individus en apparence bien portants.
La nature de la réaction leucocytaire provoquée par la digestion est discutée ; suivant Japha Limbeck, Rieder, Loeper, elle est caractérisée par de la polynucléose. Chez un sujet examiné par Leredde et Loeper, la polynucléose s'élevait à 72 p. 100 une heure après le repas, à 78 p. 100 deux heures après, et redescendait à 70 p. 100 après la troisième heure.
Max Carstanjen arrive à des résultats différents et voit, au contraire, le chiffre relatif des polynucléaires s'abaisser, tandis que s'élève celui des lymphocytes. C'est trois ou quatre heures après le repas que l'hypopolynucléose atteindrait son maximum ; à partir de ce moment, les polynucléaires augmentent de nouveau. Le chiffre des éosinophiles n'est pas modifié.
Le mode d' alimentation paraît avoir une influence sur l'hyperleucocytose digestive, mais les auteurs ne s'entendent pas sur le rôle joué par les diverses catégories d'aliments. La plupart des auteurs (Pôhl, Reinert, Rieder), admettent que les aliments albuminoïdes, absorbés en grande quantité et promptement digérés, ont plus d'influence sur l'hyperleucocytose que les aliments végétaux et gras - ; ainsi l'hyperleucocytose digestive manque, en général, chez les animaux végétariens, peut-être à cause de la lenteur de la digestion. Pour Dupérié, au contraire, le régime azoté augmente peu le nombre des globules blancs, tandis qu'une alimentation riche en végétaux, en lait, en matières grasses exagère notablement leur nombre.
1 Japha. Soc. de méd. int. de Berlin, juillet 19ûO.
2 Jez. Wiener /di?i.Woch., 29 avril 1898.
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Pour Acharcl et Loeper, le régime lacté produit constamment une hyperleucocytose avec polynucléose.
L'hyperleucocjtose digestive n'esL pas la même aux différents il g es ; elle est plus marquée chez les enfants que chez les adultes. Chez les nouveau-nés, elle se manifeste une heure après la première prise de nourriture et le chiffre des leucocytes peut atteindre déjà, à ce moment, d'après Schiff, 17 000 à 27 000 ; elle est encore plus marquée (36 000) 48 heures après le début de Talimentation. Cette hyperleucocytose digestive explique peut-être en partie le chitTre élevé de leucocytes qu'on trouve habituellement chez le nouveau-né.
L'hyperleucocytose digestive est encore très marquée chez les jeunes gens entre la lO*' et la 15^ année ; à cette période de la vie, l'augmentation du chiffre des leucocytes varie, d'après Rieder, entre 3 000 et 9 000.
Chez Vadulte et surtout chez les vieillurds, l'hyperleucocytose digestive est moins importante.
La pafhogénie de cette leucocytose digestive nous échappe. Suivant Hofmeister\ l'absorption des substances digestives albuminoïdes produirait une hypergenèse des leucocytes mononucléaires dans le tissu lymphoïde de l'intestin ; Suivant Rieder, le chyle déverserai^ ces leucocytes mononucléaires en grande quantité dans la circulation. Mais ces hypothèses n'expliquent en rien l'augmentation du chiffre des leucocytes polynucléaires.
A Vétat pathologique, le processus d'hyperleucocytose digestive est modifié : tantôt la leucocytose digestive est plus considérable que chez les sujets sains, tantôt elle fait défaut. Elle manque généralement chez les malades présentant une inertie de l'estomac et de l'intestin (Rieder). Chez les anémiques, Mûller, Rieder ont observé que l'hyperleucocytose digestive est, en général, faible ou absente.
Dans les états physiologiques et pathologiques qui s'accompagnent déjà d'hyperleucocytose, la digestion ne provoque pas une augmentation du nombre des leucocytes, mais plutôt une diminution. Dans les maladies à hypoleucocytose, comme la fièvre typhoïde, la leucocytose digestive est, au contraire, très marquée-.
1 HoFMEiSTER. Arch. f. e.vperim. Pat/i., t. XXII, p. 306.
2 TiKHANOw. Thèse de Saint-Pétersbourg, 1902.
LES GLOLULES BLANCS A l'ÉTAT PHYSIOLOGIQUE CHEZ l'hOMME.
Action du froid. — Le froid, par rintermédiaire des modifications vaso-motrices, diminue le nombre des leucocytes dans la circulation (Rey 1) ; Winternitz - a vu que les bains froids déterminaient une hypoleucocy tose .
La chaleur ne paraît pas avoir d'action sur la leucocytose, à moins qu'elle ne soit assez élevée pour entraîner la mort. Vincent a vu que des cobayes, mis à l'étuve à 41°, ne présentent pas de modifications de l'équilibre leucocytaire. A 42", ils meurent au bout d'un certain temps, avec une hypoleucocytose progressive ; la diminution porte principalement sur les polynucléaires et les grands mononucléaires.
Une sudation d'un quart d'heure dans un bain d'air chaud produit en général une leucocytose polynucléaire modérée (Krebs et Mayer).
Hydrothérapie. — Les bains chauds ordinaires à 40° produisent en général une diminution du nombre des leucocytes (Krebs et Mayer)*. Les bains chauds chlorurés sodiques de Biarritz déterminent un abaissement du nombre des leucocytes ; un quart d'heure après le bain, le nombre des leucocytes a diminué de 2 à 3 000 ; quand le chiffre des leucocytes était élevé au début, il revient en deux ou trois jours à la normale (A. Claisse).
Le massage général, et surtout le massage abdominal, produit une hyperleucocytose avec polynucléose. Cette hyperleucocytose débute dix minutes après le massage ; elle s'accentue parfois quelque temps après, mais elle est passagère et diminue progressivement (Ekren) ^
Larrabec ^ a vu que les exercices violents produisent une leucocytose polynucléaire.
Révulsion cutanée. — Ségelle aurait vu régulièrement une augmentation du nombre des leucocytes après application d'un vési-
1 Rey. Thèse de Paris, 1899.
2 Winternitz. Arch. f. experim. Path., XXXVI, p. 212.
3 Vincent. Soc. de biologie, juillet 1902.
4 Kheus u. Mayer. Zeif. f. diâl. u. p/njs. Thérapie, oct. 1902, t. VI, f. 7, p. 371. s Ekhen. Deut. med. Wochen., 17 juillet 1902.
6 Larrabec. Médical Research, l'^ janv. 1902.
7 Ségelle. Thèse de Montpellier, 1902.
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caloire chez des malades atteints de pleiiro-pneumonie, de tuberculose pulmonaire, etc.
Les recherches très précises de Zollikofer * ont montré que la révulsion cutanée ne modifie guère la leucocytose ; les excitations locales de la peau par la teinture d'iode, les sinapisines, sont sans action ; le vésicatoire produit quelquefois une liyperleucocytose générale, mais celle-ci est toujours très légère; elle s'accompagne d'une hyperleucocytose et d'une éosinophilie dans les vaisseaux de la peau.
Suivant Laqueur et Lôwenthal ^, les actions hydro thérapeutiques excitantes (enveloppements froids, bains froids), locales ou générales, produisent, localement ou à distance, des modifications du sang, mais celles-ci sont très restreintes ; ce sont les enveloppements froids qui agissent le plus. Les leucocytes sont surtout influencés; leur nombre augmente au point excité, il diminue dans les autres parties du corps.
Injections de sérum. — A. Claisse^ a vu que les injections intraveineuses ou sous-cutanées de sérum artificiel sont suivies d'un abaissement considérable du nombre des leucocytes.
Êlectrothérapie. — .T. Lépine* a vu que la faradisation du nerf sciatique chez le chien provoque une hyperleucocytose polynucléaire ; le nombre des leucocytes atteint son maximum au bout de 9 heures environ : il est de cà plus élevé qu'avant l'expérience . (28 000 au lieu de 18 000 par exemple).
Le chiffre des polynucléaires atteint 85 à 90 et même 93 p. 100. L'hyperleucocytose disparaît au bout de 3 jours environ.
Stade périphérique. — La stase périphérique entraîne localement une hyperleucocytose avec polynucléose (Rey, Stiénon, Bize^). C'est probablement à l'influence de la stase périphérique qu'il
1 Zollikofer. Deut. Archiv f. klin. Mer/., 1901. Bd. LXIX, Ileft. 3 et 4.
2 Laqueur et Lôwenthal. Ub. die Beeinlluss. d. Blutzusammensetz. duréh. lok. liydroth. Prozeduren. Zeit. f. (liât. u. phys. Thérapie, 1902, t. VI, p. 211.
' A. Claisse. Soc. biologie, 18 juillet 1896. J. Lépine. Soc. de Biologie, 6 dcc. 1902.
3 BizE. Thèse Paris, 1899.
LES GLOBULES BLANCS A l'ÉTAT PHYSIOLOGIQUE CHEZ l'HOMME.
faut attribuer l'hyperleucocjtose polynucléaire observée au moment de l'agonie (Litten) ; au cours des attaques d'asystolie ; dans tous les cas de cyanose péripbérique ^ ; dans le membre paralysé, cbez les hémiplégiques (Sicard et Guillain)
Emotions. — Les émotions agissent de façons différentes suivant qu'elles se traduisent par de la vaso-constriction ou de la vaso-dilatation, du ralentissement ou de l'accélération du cours du sang^
Leucocytose agonique- — Litten a observé une hyperleucocytose plus ou moins intense quelque temps avant la mort, chez des malades qui, antérieurement, n'avaient présenté aucun excès de leucocytes dans le sang. Cette hyperleucocytose était d'autant plus marquée que l'agonie était plus lente.
Gottlieb, Rieder, etc., ont signalé des faits identiques, de sorte que l'existence de cette leucocytose anle mortem est un fait bien établi.
On a observé une forte leucocytose agonique dans l'anémie pernicieuse, la diphtérie, la fièvre typhoïde, la malaria, etc.
Les caractères de la leucocytose ante mortem varient avec la maladie qui détermine la mort. Elle représente en général une exagération de la formule de cette maladie. Dans les maladies inflammatoires, les polynucléaires sont principalement augmentés; on voit, en outre, des globules rouges nucléés et quelques myélocytes passer dans la circulation. A la phase terminale de la leucémie lymphatique, les lymphocytes augmentent parfois dans des proportions considérables.
La pathogénie de la leucocytose ante mortem est difficile à comprendre. Cohnheim invoquait la diminution de pression sanguine, produisant un afflux considérable de lymphe et de globules blancs dans le sang ; mais cette hypothèse est en désaccord avec le fait que la leucocytose ante mortem est souvent une polynucléose.
Litten l'attribue à une inégale répartition des leucocytes, qui s'ac-
1 Decastello et Griner. Wiener klin. Woch., 13 avril 1899.
2 Sicard et Guillain. Revue ?ieurologiqice, 1899, p. S99.
3 Manniscalco. Arch. ital. de 7ne'd. int., 1900.