MODIFICATIONS DE L ALCALINITÉ DANS LES ÉTATS PATHOLOGIQUES
Krauss attribue l'hypoalcalinité à la destruction des globules par les agents toxiques et aux produits acides de la globulolyse.
L'alcalinité du sang a été recherchée encore dans divers états pathologiques : on Ta trouvée généralement diminuée dans les néphrites, l'urémie, les affections hépatiques, l'ictère (de Renzi et Marotta), l'ictère grave (Drouin), les cachexies, la maladie bronzée d'Addison, les leucémies, les anémies.
L'alcalinité peut être très diminuée, mais jamais elle n'est remplacée par une réaction acide du sang ou du sérum. Les seuls auteurs qui aient observé la réaction acide du sang ou du sérum (Miahle, Lenoble, de Renzi et Marotta) n'ont pas étudié l'alcalinité en saturant le sang par des acides, mais ils ont apprécié la réaction du sang directement à l'aide du papier de tournesol ; aussi sont-ils arrivés à des résultats qui ne concordent pas avec ceux des autres observateurs.
Les seules notions un peu précises qui semblent se dégager des études sur l'alcalinité du sang et de ses variations dans les maladies, se résument dans les quelques faits suivants : Au cours des maladies infectieuses et des intoxications bien définies, nous voyons et, à ce point de vue les résultats de l'observation chez l'homme concordent avec ceux de l'expérimentation chez l'animal, qu'il existe un rapport entre la réaction du sang et la résistance de l'organisme.
Les infections et les intoxications aiguës diminuent l'alcalinité du sang, d'une façon passagère si l'infection ou l intoxication est curable, d'une façon progressive si elle est mortelle. Les infections chroniques aboutissant à la cachexie abaissent l'alcalinité d'une façon progressive.
Sans pouvoir affirmer que la réaction alcaline du sang constitue un processus de défense contre l'infection et l'intoxication, on est amené à constater un rapport entre l'alcalinité du sang et l'état d'immunité. Que l'immunité s'établisse à la suite d'une infection ou qu'elle soit produite artificiellement par l'inoculation de sérum antitoxique ou de vaccin, elle est accompagnée d'une augmentation de l'alcalinité du sang.
On ne peut cependant, comme on serait tenté de le croire, tirer
ALCALINITÉ DU SANG,
de l'élude de riiémoalcalinité des renseignements pratiques pour le pronostic des maladies.
Dans les étals pathologiques comme la goutte, le diabète, où l'étude des réactions chimiques du sang comparées à celle de l'urine, semblerait avoir une importance particulière, les résultats obtenus jusqu'ici ne sont pas suffisamment concordants pour qu'on puisse en tirer une méthode d'investigation clinique
1 La nature et la signification de l'alcalinité du sang sont encore loin d'être bien connues. Nous avons donné dans le chapitre ci-dessus les renseignements, souvent un peu contradictoires, puisés dans de nombreuses publications. Des études récentes de Henri Labbé, il résulte des faits intéressants de nature à modifier l'opinion que l'on s'était faite jusqu'ici sur l'alcalinité du sang.
Cette réaction était attribuée, ainsi que nous l'avons écrit plus haut, à la présence dans le plasma de sels minéraux d'à -.ides polybasiques, et principalement de phosphates monoacides alcalins et alcalino-terreux. Les recherches de H. Labbé montrent que l'alcalinité du sang est d'une nature plus complexe. Elle n'est pas due seulement aux phosphates du plasma, mais aussi à des bases ammoniacales ou alcaloïdiques (matières extractives) dont la présence constante est bien connue dans le sang. L'alcalinité du sang, étudiée par les divers auteurs, est la somme de deux alcalinités, l'une d'ordre phosphatique, l'autre d'ordre alcaloïdique.
Par le procédé suivant, on peut doser non seulement l'alcalinité totale, mais les deux alcalinités, minérale et organique, du sérum :
Dans 2 cent, cubes de sérum frais dilués avec 2 cent, cubes d'eau distillée, on fait tomber goutte à goutte avec une burette de Mohr, une solution centinormale de SO* et l'on suit la décroissance de l'alcalinité par la touche d'un papier de tournesol neutre et glacé sur une face. Pour cela, on recueille de temps en temps, avec un agitateur lavé dans l'eau distillée et essuyé avec un linge propre, une goutte du mélange que l'on dépose sur le papier de tournesol ; la goutte, essuyée aussitôt, laisse une tache bleue tant que le mélange reste alcalin ; quand celui-ci est devenu neutre, la couleur du papier ne change plus ; à partir de ce moment, il faudrait ajouter encore ime assez forte quantité d'acide sulfuriquc pour que la réaction devint acide, sans doute parce que l'acide, après avoir saturé les bases, est absorbé par les alburninoïdes du sérum.
On s'arrête quand la réaction est neutre. La quantité d'acide versé donne la mesure de l'alcalinité totale.
2 cent, cubes du même sérum sont ensuite neutralisés à froid par 2 cent, cubes d'une solution concentrée de BaCl'-; dans ce mélange, on fait encore disparaître l'alcalinité par addition, en proportion convenable, de la solution centinormale de SO^H^. Le nouveau chitfre obtenu mesure l'alcalinité basique alcalo'idique ; la différence des 2 chiffres représente l'alcalinité due aux phosphates minéraux. Dans une première série de déterminations :
L'alcalinité totale a été mesurée par 3 ce. 65 de sol. de SO* par ce. de sérum.
— phosphatique — 0 ce. 90 — —
— basique — 2 ce. "o — —
Cette méthode fournit un dosage approximatif des phosphates du sérum, ainsi que H. Labbé s'en est assuré par comparaison avec une solution titrée de phosphate acide. Quant à l'alcalinité leucomaïnique, si on l'exprime arbitrairement en ammoniaque, elle correspond en moyenne à 0,46 "/oo de cette base dans le sérum. Les variations dans l'alcalinité totale ont eniblé provenir surtout de l'alcalinité leucomaïnique.