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FORMULE LEUCOCYTAIUE ET IMMUNITÉ

le streptocoque, le pneumocoque, etc. Le phlegmon, l'érysipèle, la pneumonie, les angines banales, etc., sont essentiellement récidivants ; loin de vacciner l'organisme, une première atteinte le prédispose plutôt à subir une infection similaire subséquente. La clinique nous offre sans cesse des exemples de ces furoncles, de ces érjsipèles, de ces angines à répétition, de ces pneumonies récidivantes.

Sans discuter ici la pathogénie du rhumatisme articulaire aign, notons qu'il prend place à côté des maladies dn groupe précédent, et par sa formule de polynucléose et par la facilité avec laquelle il récidive.

L'hyperleucocjtose polynucléaire s'observe aussi dans l'angine diphtérique, la blennorrhagie, maladies pour lesquelles une première atteinte ne confère pas l'immunité.

La scarlatine seule, parmi les maladies qui s'accompagnent de polynucléose, semble faire exception à la règle. On considère encore volontiers, aujourd'hui, que cette maladie, comme les autres fièvres éruptives, ne récidive que rarement. Cette dernière proposition n'est peut-être pas cependant à l'abri de toute critique, surtout si l'on tient compte de ce que le cadre de la scarlatine est encore mal délimité ; déjà on en a retranché toutes les manifestations scarlatiniformes sujettes à récidive, la scarlatine traumatique, la scarlatine puerpérale, les érythèmes secondaires aux angines, à la fièvre typhoïde, à la diphtérie, etc., que l'on sait aujourd'hui être des manifestations de la streptococcie ; bien plus, l'extrême fréquence de l'infection streptococcique au cours de la scarlatine a conduit certains auteurs à se demander si la scarlatine elle-même ne devait pas être rayée du nombre des entités morbides, pour être rangée à son tour dans le groupe des érythèmes scarlatiniformes infectieux.

Si, dans l'état actuel de la science, il est impossible de se prononcer, il n'en est pas moins intéressant de remarquer que c'est précisément cette fièvre éruptive dont la spécificité est si discutée, que sa formule hémoleucocytaire à polynucléose rapproche des infections banales.

2" Maladies a mononucléosi:. — Les maladies à mononucléose

LES LEUCOCYTES A l'ÉTAT PATHOLOGIQUE.

sont, au contraire, celles qui laissent après elles una immunité assez solide pour que la récidive ne se produise pas ou soit exceptionnelle.

La mononucléose est, en effet, la formule de maladies spécifiques telles que la coqueluche et les oreillons, des fièvres éruptives, variole, vaccine, varicelle, rougeole, de la fièvre tjphoïde et du typhus.

Si, en raison même de la spécificité de ces diverses maladies, il existe des variantes dans la formule générale de la mononucléose, si la lymphocjtose caractérise surtout la coqueluche et les oreillons, la mononucléose avec réaction myélocv taire, la variole et la varicelle, l'hypoleucocytose avec mononucléose relative, la fièvre typhoïde ; si ces différences individuelles sont suffisamment marquées, pour contribuer au diagnostic de ces diverses maladies, il n'en reste pas moins vrai que, au point de vue hématologique, le trait essentiel à toutes ces maladies c'est la présence en excès des lymphocytes et des grands mononucléaires dans le sang.

Cette mononucléose elle-même va en s'exagérant à mesure que la maladie approche de la guérison ; ainsi, pour ne parler que de la fièvre typhoïde, c'est soit au moment de la défervescence, soit au cours de la convalescence que la mononucléose atteint son maximum, et qu'on constate 20 à 30 p. 100 de grands leucocytes mononucléaires, comme l'ont montré Chantemesse et Millet.

L'apparition précoce de la mononucléose au cours de la période d'état de la maladie, la persistance de cette réaction pendant toute cette période et pendant la convalescence, telle semble être la condition du développement d'une immunité solide dans l'organisme infecté.

Dans la vaccine expérimentale du lapin, Dominici a vu de même la mononucléose apparaître le 6" jour, c'est-à-dire au moment où se constitue l'immunité vaccinale.

3° Mononucléose de la convalescence dans les maladies a poly- NUCLÉosE. — L'étude de la formule leucocytaire de la convalescence des maladies à polynucléose vient encore confirmer le rapport que nous avons établi entre la mononucléose et l'établissement de l'immunité.

Au moment de la convalescence de ces maladies, la polynucléose disparaît et une réaction mononucléaire s'ébauche.

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