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CHAPITRE II

TOXICITÉ DU SÉRUM

La transfusion du sang d'un animal à un animal d'une autre espèce entraîne fréquemment la mort de l'animal ; c'est là un fait d'observation qui a conduit à la notion de la toxicité du sang. Les phénomènes sont à peu près identiques, comme l'a montré Bouchard', que l'on injecte le sang défibriné ou le sérum.

Le sérum d'une espèce animale n'a pas de toxicité propre ; sa toxicité varie selon l'animal récepteur et aussi pour chaque espèce animale, selon le lieu d'inoculation : tissu cellulaire, péritoine, veine, cerveau. C'est ainsi que 6 cenlim. cubes de sérum de bœuf tuent 1 kilogr. de poulet, tandis que 20 cent, cubes restent sans effet sur le pigeon (Roger) - ; que le sérum humain inoculé dans le cerveau se montre très toxique pour le cobaye et l'est à peine pour le lapin. D'une façon générale, le sang des mammifères est très toxique pour certains oiseaux, tandis que, entre animaux d'espèces voisines, l'inoculation du sang ne produit pas d'accidents notables ; on peut injecter sans inconvénient, dit Roger, du sang de lièvre à un lapin, du sang de poule à un pigeon. Le sangd'une espèce animale, inoculé à un animal de même espèce est très peu toxique. Bouchard a vu que le sang de chien injecté au çhien n'entraîne pas d'accidents graves à la dose de 30 cent, cubes par kilogr., et que le sang du apin n'est toxique pour le lapin qu'à la dose de 126 cent, cubes.

La nature des manifestations toxiques varie avec l'espèce animale qui fournit le sérum : le sang de la brebis est surtout paralysant pour le lapin, celui du poulet plutôt convulsivant.

La toxicité du sérum est en général étudiée par inoculation intraveineuse chez le lapin. Nous rapjDcllerons la technique usuelle et es principaux renseignements qu'elle a apportés; nous compléterons

Bouchard. Leçons sur les aiito-inloxicalions dans les maladies, 1887 ~ RoGEit. Toxicité du sérum. Presse méd., 1893, p. 1C9.

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