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PROPRIÉTÉS CYTOTOXIQUES DES SÉRUMS

rotoxines. Ehrlich a montré cependant que l'inoculation de globules rouges de chèvre à une autre chèvre déterminait l'apparition dans le sérum de celle-ci d'une hémolysine, qu'il se fait, autrement dit, une isohémotoxine, c'est-à-dire un poison hémalique pour des globules rouges d'un animal de même espèce.

Autohémotoxines . — Ehrlich n'a pu, par contre, en inoculant à une chèvre les propres globules rouges de cette chèvre, retirés par saignée, déterminer l'apparition dans le sérum des propriétés hémotoxiques. Les globules normaux de l'animal vont, en effet, se mélanger aux autres globules rouges, sans être résorbés par les macrophages, et l'hémotoxine ne se produit plus. Il ne se produit pas d'autohémotoxine .

On peut cependant, comme l'a montré Metchnikoff, déterminer la formation d'auiohémofoxine, à la condition que les globules rouges, qui vont être ensuite inoculés à l'animal, soient altérés, se comportent, autrement dit, comme des corps étrangers.

Ces faits sont intéressants à rappeler car ils nous expliquent le mécanisme de la formation naturelle des autocytotoxines dans le sérum des animaux normaux. Il se produit sans cesse, en effet, dans l'organisme, une destruction des hématies, des leucocytes vieillis et, sans doute aussi, d'autres cellules des parenchymes. Les cellules usées sont englobées par les macrophages et résorbées ; cette destruction, comme l'a montré Besredka, s'àccompagne du développement, dans le sérum, de propriétés hémolytiques, leucolytiques, etc.

La destruction incessante de ces cellules détermine, dans l'organisme de l'animal, des phénomènes analogues à ceux que produirait l'inoculation de ces mêmes cellules avariées à un autre individu de la même espèce animale. Ainsi, de même que l'inoculation de cellules rénales de lapin à un autre lapin détermine la formation du sérum néphrotoxique pour les lapins, de même, comme l'a montré Nefedieff, la destruction massive des cellules rénales, telle qu'elle se produit après la ligature de l'uretère, détermine l'apparition dans le sérum de néphrotoxines.

Ces cytolysines ne peuvent pas être décelées dans le sérum par un procédé direct parce qu'il semble qu'au fur et à mesure qu'elles se produisent, il se développe dans l'organisme des antihémolysines

ISOHKMOTOXINES ET AUTOHÉ.MOLYSINES.

qui empêchent la mise en évidence du pouvoir hémolylique. Le sérum d'un individu est le meilleur milieu conservateur pour ses propres globules, ce qui suffit à démontrer qu'il n'y a pas d'hémolysines en liberté. La production des isohémolysines ne peut être démontrée que d'une façon indirecte par la constatation d'antiisohémotoxines : Besredka a montré que le sérum de l'homme contient des antihémolysines puisqu'il empêche l'action hémolytique du sérum d'un animal chez lequel on a développé, par des inoculations de globules rouges d'homme, des projoriétés hémolytiques vis-à-vis des globules rouges de l'homme. Ainsi, le sérum d'une chèvre préparée par des inoculations de globules rouges de l'homme, a des propriétés hémolytiques vis-à-vis de ces globules ; le phénomène ne se produit plus si on ajoute du sérum d'homme au mélange de sérum hémolytique et de globules rouges humains ; tandis que le sérum d'aucun autre animal n'est capable de manifester la même action protectrice.

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