VALEUR DIAGNOSTIQUE DE LA SÉRORÉACTION
agglutinante positive vis-à-vis du bacille tuberculeux homogène, au cours de la fièvre typhoïde ; la réaction existait dans 14 cas sur 15 et était en général beaucoup plus intense qu'avec aucun sérum de tuberculeux. Dans le seul cas où la réaction fit défaut, il s'agissait précisément d'une fièvre typhoïde au cours de laquelle le sérum présentait une faible réaction agglutinante ^au vis-à-vis du
bacille d'Eberth. La réaction fut observée aussi dans la pneumonie (7 cas positifs sur 8), dans la fièvre puerpérale (2 fois sur 2), dans la grippe, dans un cas de rhumatisme enfin.
Si, dans les cas où l'on constate une réaction positive chez un individu sain en apparence, on peut, avec Arloing et Courmont, penser que cet individu est porteur d'une tuberculose latente, cette hypothèse ne peut plus être soutenue lorsqu'on voit la fréquence des réactions jDositives au cours des infections aiguës ; dans une observation de fièvre typhoïde à réaction positive , l'autopsie nous démontra d'ailleurs l'absence de toute lésion tuberculeuse.
L'existence de propriétés agglutinantes vis-à-vis du bacille d'Arloing dans le sérum de malades atteints d'infections aiguës s'explique par le fait que les agglutinines qui se développent alors sont susceptibles, dans certains cas, de manifester leur action non seulement vis-à-vis du microbe de la maladie, mais encore vis-à-vis d'autres microbes ainsi que nous en avons rapporté de nombreux exemples. La facilité avec laquelle le bacille homogène d'Arloing (ancestralement agglutiné et immobile) revient à son état naturel ; la présence d'agglutinines puissantes dans le sérum des typhiques ou des pneumoniques, font que l'on observe alors détermine bien plus facilement l'agglutination que dans les cas où le bacille d'Arloing et Courmont est seulement en présence des faibles agglutinines spécifiques contenues dans le sérum des tuberculeux.
Le faible degré du pouvoir agglutinatif du sérum des tuberculeux vis-à-vis du bacille d'Arloing, la possibilité de causes d'erreurs, tenant au développement d'agglutinines dans le sérum sous des influences autres que l'infection tuberculeuse, font que le sérodiagnostic de la tuberculose n'a pas, au point de vue pratique, la valeur du sérodiagnostic de la fièvre typhoïde.
La recherche du sérodiagnostic pourra cependant rendre des
SÉRODIAGNOSTIC.
services au clinicien dans des conditions qu'il importe de bien préciser. Chez des malades apyrétiques, étant donné que le sérum des tuberculeux avérés agglutine, dans la majorité des cas, le bacille homogène, Vahsence de réaction agglutinante^ constatée dans un sérum aura une réelle valeur pour écarter le diagnostic de tuberculose, sans toutefois exclure absolument ce diagnostic, puisque dans certains cas de tuberculose pulmonaire au début et chez des lupiques, la réaction s'est trouvée en défaut.
La constatation d'une réaction positive est, par contre, d'une interprétation beaucoup plus délicate, étant donnée la facilité avec laquelle se produit sous des influences diverses la réaction agglutinante. Elle ne suffira jamais à elle seule pour entraîner le diagnostic de tuberculose. Dans les deux cas suivants, où elle était positive, pour ne citer que ces exemples, elle eût induit le clinicien en erreur : Dans un cas de tubercule anatomique, où la réaction s'était montrée positive, l'examen histologique du tubercule ne permit pas de déceler la nature tuberculeuse de la lésion ; enfin, dans un cas d'ostéoarthrite du pied, considérée comme tuberculeuse parce que le malade avait un sérum agglutinant, le traitement mercuriel détermina cependant la guérison de l'arthropathie.
Dans les états infectieux aigus fébriles mal déterminés, le sérodiagnostic ne peut guère donner de renseignements utiles au diagnostic car, d'une part, la réaction est négative dans la tuberculose aiguë; et, d^autre part, elle est souvent très intense dans les infections à pneumocoque, à streptocoque, dans la grippe, et surtout dans l'infection éberLhienne.
En admettant, enfin, que la constatation d'un sérodiagnostic positif chez un individu non tuberculeux en apparence soit l'indice qu'il est porteur d'une tuberculose latente^ on est en droit de se demander quelle valeur pratique il faut attacher k cette constatation. Etant donnée la fréquence de la tuberculose latente, nous croyons qu'on devra plutôt conclure qu'il peut s'agir d'une affection de nature toute différente chez un sujet porteur d'un foyer latent de tuberculose et non rattacher nécessairement l'affection actuelle à la tuberculose.
Tout récemment, Koch a proposé un nouveau procédé de séro-