CULTURE DU SAN'G
On verse de l'alcool absolu jusqu'à ce qu'il n'y ait plus trace de matière colorante soluble. On lave à l'eau.
Si l'on veut colorer les hématies, on traite la préparation par une solution aqueuse d'éosine à 0,50 p. 100 ; puis on lave aussitôt à l'eau.
Pour les microbes qui ne prennent pas le Gram, le procédé de double coloration est différent : On fait agir d'abord sur la préparation une solution aqueuse d'éosine, à 0,o0 p. 100 pendant une demi-minute environ, on lave à l'eau, puis on colore pendant une minute avec une solution aqueuse saturée de bleu de méthylène ; on lave.
En dehors de l'hématozoaire, il est exceptionnel de trouver des bactéries dans le sang par l'examen direct. Rappelons Cependant que Doléris a trouvé le streptocoque par l'examen direct dans certains cas d'infection puerpérale ; que le pneumocoque, le bacille de la peste, le bacille tuberculeux ont pu être exceptionnellement décelés.
Même lorsqu'il s'agit de septicémie, les microbes sont en très petit nombre dans le sang et on n'observe jamais chez l'homme l'abondance de bactéries qui caractérise les septicémies expérimentales ; aussi, le plus souvent, est-il nécessaire, pour mettre en évidence le rôle des agents pathogènes, de recourir à la technique de la culture ou de l'inoculation à l'animal.
§ III. — Culture du sang-.
Lorsqu'on veut déceler, par la culture, la présence de microbes dans le sang, il est absolument nécessaire de puiser le sang directement dans les vaisseaux et l'on ne doit jamais se servir de sang recueilli par simple piqûre du doigt.
La piqûre du doigt, en effet, outre qu'elle ne donne pas une quantité suffisante de sang, expose à l'erreur, car le sang qui a été en contact avec la peau a pu se charger de quelques-uns des microbes saprophytes qui se trouvent toujours à la surface de celle-ci.
Le sang doit être recueilli directement dans la veine médiane céphalique au pli du coude, comme nous l'avons indiqué, après dénudation préalable du vaisseau ou après stérilisation de la peau par une pointe de feu.
ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DU SANG
L'enseniencemenI du sang ne saurait être pratiqué selon les règles ordinaires ; on se trouve en eiï'et aux prises avec des diflicultés de technique inaccoutumées qui tiennent, d'une part au petit nombre de microbes que renferme le sang de Fliomme au cours des septicémies, d'aulre pari aux propriétés bactéricides du sérum.
Le sang de Thomme ne contenant qu'un petit nombre de microbes, il est nécessaire de prélever pour la culture une quantité relativement considérable de sang. Cette technique présente tout à la fois des avantages et des inconvénients : la quantité relativement grande de sang prélevée augmente d'autant les chances de rencontrer le microbe en circulation. Mais ce perfectionnement de la technique entraîne, tout au moins pour certaines bactéries, des conditions défavorables de développement qui contrebalancent les avantages précités. Si en effet l'adjonction d'une grande quantité de sang au bouillon peut transformer ce dernier en un milieu particulièrement favorable au développement de certains microbes hémophiles, tels que le bacille de Pfeiffer, le pneumocoque, le fait ne saurait être généralisé, car dans certaines infections telles que la fièvre typhoïde, le sérum du sang possède des propriétés bactéiicides qui entravent le développement des bacilles apportés avec le sang dans le bouillon.
La technique la meilleure sera donc celle qui, tout en permettant d'introduire dans le milieu de culture une grande quantité de sang n'expose pas les germes présents à l'action empêchante du sérum. C'est à ce but que tendent les méthodes préconisées par J. Courmont et par Busquet que nous allons rappeler.
Technique de J. Courmont '. — Ensemencer un ballon contenant 300 à 500 centimètres cul)es de bouillon ou d'eau peptonée avec 2 à 4 cent, cubes de sang, puisé aseptiquement avec une seringue dans la veine au pli du coude. L'ensemencement doit être pratiqué aussitôt le sang sorti de l'organisme. Le ballon est alors mis à l'étuve à 37° et examiné au bout de 24 heures. Si, au bout de ce temps le bouillon n'est pas trouble, il faut agiter le dépôt, pour favoriser le développement du microbe, mettre de nouveau à l'étuve et examiner les jours suivants. 11 est des cas, en effet, où la culture n'a pu être considérée comme positive que le dixième jour qui suivit l'ensemencement.
1 J. CùuiiMONT. Soc. inéd. des Hûp., 21 décembre 1901.