SECS
DU SÉIIU.M
Becquerel et Rodier résument dans le tableau suivant l'analyse chimique du sang de 6 chlorotiques :
Densité du sang- défibriné 1043,8
Densité du sérum 1028,1
Eau. 82i,l
Matières solides 171,8
Fibrine 3,4
Graisses 1,3
Albumine 72,1
Globules secs 86,0
Matières extractives et sels 8,8
V. Jaksch a vu que le sang dans toutes les formes d'anémie (chloroses, anémies secondaires, leucémies), présente des altérations analogues : la proporLion d'albumine, ainsi que le résidu sec du sang total s'abaissent, tandis que la proportion d'eau augmente ; de sorte que le rapport de l'albumine à l'eau au lieu d'être comme normalement atteint dans les cas extrêmes : en résumé il y a surtout hydrémie et hypoalbuminémie. Il fait remarquer, par contre, que les variations de l'albumine du sérum sont très faibles; même dans les cas d'anémie pernicieuse, l'albumine du sérum conserve un taux à peu près normal.
Erben ^ a vu que dans le sérum des chlorotiques la teneur en sérine et en globuline est normale, la teneur en fibrine est accrue, la proportion de graisse est augmentée ; la lécithine, diminuée dans le sérum, paraît accrue dans les hématies. Dans les cendres du sang, la quantité d'acide phosphorique, de potasse et de fer est moindre
1 Ekben. Zeit. f. klin. Med., 1902, XLII, p. 302.
ANALYSE CHIMIQUE DU SANG
qu'à TéLat normal tandis que la quantité de magnésie et de chaux est plus élevée.
Jolies', Dixon ont noté ime diminution de l'albumine du sang" chez les anémiques.
De très nombreuses recherches ont été faites sur la teneur en eau du sang total et du sérum chez les anémiques. De ces recherches et de celles de Askanazy-, il résulte que la densité du sang et du sérum des chloroliques sont ordinairement normales, ce qui se comprend aisément, car les auteurs désignent en général sous le nom de chlorose les anémies légères dans lesquelles l'hémoglobine est seule diminuée, tandis que le nombre des globules rouges reste normal ou à peu près. Par contre, dans les anémies secondaires graves, dans les anémies pernicieuses, on trouve, en général, une diminution du résidu sec du sang et même du sérum, en rapport avec l'intensité de l'anémie.
La dilution du sang total s'explique, en partie, par la destruction des globules rouges des sujets anémiques ; Grawitz admet aussi que chez certains sujets, chez les cancéreux et les tuberculeux fébriles par exemple, les substances toxiques sécrétées par la tumeur ou par les microbes exercent sur les échanges entre le sang et la lymphe une action spéciale qui aboutit au passage de l'eau des tissus dans le sang. La dilution du sérum est peut-être due à une cause analogue. Limbeck et Pick^ pensent, en outre, que dans les maladies chroniques anémiantes^ la destruction générale des tissus produit un appauvrissement en albumine qui porte sur tous les tissus et en particulier sur le sérum dont l'état peut servir à mesurer le degré de cachexie du malade.
A. Robin * a recherché d'une façon indirecte la composition du plasma sanguin en se basant sur l'étude des urines. Suivant lui, le rapport du résidu minéral au résidu sec total des urines indiquerait la proportion de substances minérales soustraites à l'organisme et éliminées par l'urine et représenterait le coefficient de déminéralisation plasmatique.
1 JoLLES. Mùnck. med. Woch., 23 septembre 1902.
2 AsKANAZY. Deut. At'cfi. f. klin. Med., 1897, t. LIX, p. 385.
3 Limbeck et Pick. P rager medic. Woch., 1893, 12 et 13.
* A. Robin. L'anémie plasmatique. Académie de médecine, 16 déc. 1902.
LEUCÉMIE.
Pour établir ce coefficient, il faut commencer par soumettre le sujet à un régime fixe, dans lequel on a pu calculer la teneur minérale des aliments. A l'état normal, le coefficient de déminéralisation varie dans d'étroites limites, de 0,28 à 0,33. Il s'élève à la première période de la tuberculose pulmonaire (0,40 à 0,45) ; dans le phosphorisme, dans certaines formes d'hémogiobinurie. L'élévation du coefficient indiquerait, suivant Robin, une « anémie plasmatique », Malheureusement cette conception, très séduisante au premier abord, ne repose pas sur une étude comparative préalable des variations du coefficient et de la teneur en sels du plasma sanguin.
§ III. — Epanchemeiits sérevix.
L'équilibre chimique du sang est peu modifié par les épanchements séreux qui soustraient du sérum au sang. Le taux du chlorure de sodium et, partant, la concentration moléculaire ne sont pas changés.
Le taux de l'albumine totale s'abaisse dans le cas d'épanchements récidivants riches en albumine, il reste identique dans le cas d'épanchements pauvres en albumine.
La constance relative de l'équilibre chimique du sang dans ces conditions est à opposer aux variations rapides du nombre des globules rouges résultant de dilutions et de concentrations du sang.
§ IV. — rjcucémie.
Le résidu sec du sang et du sérum des leucémiques est plus ou moins abaissé.
D'après Scherer, le sang contient dans la leucémie des bases xanthiques, des acides gras, de l'acide lactique. Kossel a trouvé dans le sang d'un leucémique 0,104 p. 100 d'hypoxanthine, tandis que le sang normal n'en contient que des traces. Ces bases xanthiques, aussi bien que la lécithine qui se trouve en excès dans le sang des leucémiques, sont les produits de dédoublement des nucléines des globules blancs; on les trouve accompagnées de proportions considérables d'acide phosphorique en combinaison organique. Kossel a
ANALYSE CHIMIQUE DU RANG
trouvé 51,6 d'acide phosphorique nucléiniqiie pour 100 d'acide phosplîorique total, tandis que le sang normal n'en contient que des traces.
L'acide urique, éliminé par l'urine des leucémiques en très grande quantité (jusqu'à 4 et 5 grammes par jour) n'a pas été trouvé dans le sang par Salkowski, Landwehr et Bockendahl, Salomon etc. Korner seul l'a rencontré dans le sang provenant de la saignée d'un leucémique.
Le sang des leucémiques est très riche en peptones (V. Jaksch, Freund et Obermayer) ; il en peut contenir jusqu'à 12 p. 100, ce qui est en rapport avec la théorie de Hofnieister qui considère que le globule blanc sert au transport de la peptone ; Kottnitz a signalé la peptonurie comme symptôme de la leucémie splénique.
D'après Scherer et Gorup Besanez, le sang leucémique contient une substance analogue à la gélatine, capable de former une gelée par refroidissement.
Dans un cas de leucémie lymphatique, Prus a vu des cristaux de leucine dans le sang et dans l'urine.
Le sang, comme la rate et le foie des leucémiques, contient des cristaux de Charcot, semblables à ceux qu'on trouve dans les crachats des asthmatiques. Ces cristaux incolores, allongés, octaédiques sont considérés par Schreiner comme identiques à ceux que l'on obtient par dessication lente du sperme; ils représenteraient une combinaison de l'acide phosphorique avec une base organique, la spermine; Ladenburg et Abel les considèrent comme formés d'étylénimine; pour la plupart des auteurs ce sont des cristaux de tyrosine.
Krûger a donné l'analyse suivante du sang d'un leucémique :
Densité du sang. . . 1054,8
— sérum 1037,o
Résidu sec pour ICO parties de sang 18,63
— — sérum 11,90
Résidu des globules dans 100 parties do sang 10,82
Poids des globules dans 100 parties de sang 34,29
— du sérum — 6i5,71
Résidu sec de 100 parties de globules 31, oo
Poids d'iiémoglobine (en centièmes de la quantité normale).. 0,53
1 L.\MiiLiNG. Encijclop. chiinicjiie de Fremij, t. IX, Chimie organique, art. le Sang, p. 226.