NUMÉRATION DES ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SANG
de suite un peu de sérum qu'on repousse aussitôt dans l'éprouvette. On plonge ensuite l'agitateur dans le mélange et on lui imprime un mouvement de rotation pour obtenir une bonne répartition des éléments.
Quand la dilution est faite, il faut immédiatement pratiquer la numération des globules de peur que l'évaporation du liquide de dilution, ou la dissolution de quelques globules ne modifient les résultats et ne fassent paraître les globules plus nombreux ou plus rares qu'ils ne sont en réalité.
2° L'hématimètre est placé sur la platine du microscope et on amène au centre du champ l'image quadrillée.
Avec la palette, on dépose au milieu de la cellule de l'hématimètre une goutte du mélange bien agité, en prenant soin que cette goutte ne touche pas les bords de la cellule. Puis la lamelle est déposée doucement sur la goutte et on introduit un peu de liquide qui se répand par capillarité entre la cellule et la lamelle couvre-objet de façon à luter et à empêcher l'évaporation.
Fig. 33. — ■ Héœatimètre de Hayem.
On obtient de cette façon une tranche liquide à surfaces parallèles épaissie de I/o de millimètre. D'autre part, le système de lentilles de l'hématimètre projette sur le fond de la cellule un carré de 1/5 de millimètre de côté. On observe donc un cube de I/o de millimètre de côté.
Au bout de quelques minutes, les globules rouges se sont déposés au fond delà cellule. On met au point et on compte les globules. Pour cette opération on peut employer n'importe quel microscope ; un grossissement moyen est nécessaire. Avec le microscope Nachet, l'objectif 5 et l'oculaire 3 sont recommandables ; avec le microscope Leitz on emploiera de même l'objectif 5, 6 ou 7 et l'oculaire 3 ; avec le microscope Stiassnie, l'objectif 6 et l'oculaire 3.
Le grand carré projeté au fond de la cellule est, pour plus de commodité, subdivisé en seize petits carrés. La numération se fait successivement dans chacun de ces carrés, en comptant pour 1/2 seulement les globules qui sont à cheval sur les bords. On additionne ensuite les 16 chiffres obtenus. La numération doit être répétée plusieurs fois en des points différents de la préparation, et l'on fait la moyenne des chiffres obtenus ; si les écarts entre ces chiffres sont très grands, c'est que le mélange a été mal fait ; il faut, sans hésitation, recommencer l'opération,
TECHNIQUE GÉNÉRALE
3" Le chiffre moyen des globules rouges contenus dans le grand carré étant connu, pour en déduire le chiffre des globules dans 1 millimètre cube de sang, il faut multiplier par 31 000.
Il suffit, en pratique, de se reporter à une table contenue dans la notice de riiématimètre pour obtenir ce chiffre.
Fig. 3i. — Coupe de l'iiéniatimètre.
Voici l'explication du numérateur 31 000 : La grosse pipette ayant, en général, G millim. cubes de mouillage, les 500 millim. cubes de liquide pris avec cette pipette n'en fournissent que 494, auxquels on ajoute 2 millim. cubes de sang.
Fig. 3j. — Numération des globules.
Le volume total étant de 496 millim. cubes, dont 2 de sang, la dilution est au 248«.
De plus, la numération a été faite dans un cube de 1/5 de millimètre ; or, dans un cube de 1 millimètre, il y aura 125 cubes de 1/5 de millimètre. il faut donc multiplier le chiffre obtenu par :
Numération des éléments f'igurés du Sanû.
Aussitôt après l'opération, l'hématimètre et les accessoires doivent être nettoyés avec soin à l'eau, puis à l'alcool, et séchés. La pipette capillaire est immédiatement nettoyée avec une solution de soude ou de potasse, de l'eau distillée, puis de l'alcool, et séchée avec soin. Avant de s'en servir à nouveau, il faut vérifier si la pipette a été bien nettoyée, bien séchée et si elle ne contient aucun corps étranger qui diminuerait son calibre ou deviendrait le point de départ d'une coagulation. Si un coagulum vient à s'y produire, il peut être chassé à l'aide d'un long fil métallique très fin.
De temps en temps, il est nécessaire de vérifier ou de faire vérifier par le constructeur l'exactitude de l'hématimètre ; cet instrument peut, d'ailleurs, servir fort longtemps sans s'altérer.
Le sérum artificiel employé pour la numération peut être l'un des trois
liquides suivants :
1° Pour le sang normal, Hayem recommande :
Eau distillée 200 g r.
Chlorure de sodium pur 1 gr.
Sulfate de soude pur o gr.
Bichlorure de mercure 0,aO.
2° Pour le sang phlegmasique et les hématoblastes, Hayem indique :
Eau distillée 200 gr.
Chlorure de sodium 1 gr.
Sulfate de soude o gr.
Solution iodo-iodurée 3,5 ce.
La solution iodo-iodurée a pour formule :
Eau distillée 100 gr.
lodure de potassium i 5 gr.
Iode en excès.
3° On peut encore avec avantage utiliser le liquide de Marcano :
Solution de sulfate de soude pesant 1020 100 ce.
Formol du commerce à 40 p. 100 1 ce.
En aucun cas, on ne doit se servir de sérum artificiel ordinaire (chlorure de sodium à 7 p. 1000), qui ne conserve pas suffisamment les globules rouges et qui, dans les cas où le sang est peu résistant, donne des chiffres inférieurs à la réalité, par suite de la dissolution d'un certain nombre de globules.
B. Globules blancs. — La numération des leucocytes doit être faite après celle des hématies avec la môme préparation, mais le nombre des leucocytes étant beaucoup plus faible, et leur répartition étant inégale, il faut passer en revue un bon nombre de grands carrés (20 à 60). Pour cela, on déplace la cellule de l'hématimètre d'abord dans le sens transversal, puis dans le sens perpendiculaire,
TECHNiQUË GÉNÉRALE.
Il est assez facile de distinguer les globules blancs des globules rouges : ils se reconnaissent à leurs dimensions qui sont généralement un peu supérieures à celles des globules rouges, à leur absence de coloration, au cercle noir qui les cerne, à leur réfringence beaucoup plus marquée, et surtout à ce fait que si on élève ou abaisse l'objectif avec la vis micrométrique, on voit, quand la préparation n'est plus tout à fait au point, les globules blancs apparaître comme de larges cercles clairs, tandis que les globules rouges s'effacent.
Chaque fois qu'on a noté, dans un carré, la présence ou l'absence de leucocytes, on pousse la cellule de façon que les globules rouges qui étaient à cheval sur l'un des bords du grand carré soient vus à cheval sur le bord opposé. Un déplacement régulier est difficile à obtenir à la main ; aussi Nachet a-t-il construit dans ce butun hématimètre dont la platine, mobile transversalement par une vis, déplace régulièrement la cellule (Fig. 36). Tout récemment encore, Nachet a perfectionné cet appareil en rendant la platine mobile dans deux sens perpendiculaires.
Fig. 35. — Platine mobile de l'iiématimètre de Hayem.
Lorsqu'on a compté les leucocytes dans un certain nombre (r>) de carrés, un calcul analogue à celui qu'on a déjà fait pour les hématies donne le nombre des leucocytes par millimètres cubes de sang.
Le numérateur est ici — . En comptant dans 31 carrés, il suffit de multiplier par 1000 le nombre de leucocytes observés pour obtenir le nombre de ces éléments dans un millimètre cube de sang.
Nachet a établi également une table qui, en tenant compte du nombre des carrés observés et des leucocytes trouvés, donne le chiffre des leucocytes par millimètre cube de sang.
G. Hématoblastes. — La numération des plaquettes sanguines ou hématoblastes se fait, comme celle des leucocytes, dans un certain nombre de grands carrés ; la même préparation peut servir à compter successivement hématies, leucocytes et hématoblastes, pourvu qu'on ait employé comme sérum le liquide iodé. Le sang peut encore être dilué dans du sérum amniotique de vache ou dans de l'urine de diabétique (Hayem).