‹ Traité d'hématologieChapitre 60 sur 236 · NUMÉRATION DES ÉLÉMENTS FIGURES DU SANG · texte numérisé non relu

NUMÉRATION DES ÉLÉMENTS FIGURES DU SANG

Cette numération constitue une opération très délicate ; il est nécessaire d'employer un plus fort grossissement que pour les hématies. En pratique, la numération approximative des hématoblastes, faite sur des préparations de sang sec, est très suffisante.

'1^ PROCÉDÉ DE MALASSEZ

Le compte-globules se compose :

4° Du mélangeur Potain, pipette calibrée et graduée, avec réservoir, destinée à faire des mélanges de sang et de sérum très exactement titrés au 50% au 100% au 500^

De la chambre humide graduée, qui comprend : un couvre-objet reposant sur des vis, maintenu par un compresseur et donnant des préparations de sang d'épaisseur connue (I/o ou 1/10 de millimètre).

Un porte-objet présentant un réseau micrométrique formé de rectangles, mesurant 1/5 sur 1/4 de millimètre et subdivisés en 20 carrés. Si l'épaisseur du sang est 1/5 de millimètre, chaque rectangle limite un volume de 1/100 de millimètre cube.

La numération des globules rouges comprend trois temps : 1° la dilution du sang au titre voulu ; 2° la numération des globules ; 3° le calcul des globules contenus dans 1 millimètre cube de sang pur.

1° Avec le mélangeur, on aspire du sang jusqu'à la division 5, 4,... ou 1, suivant qu'on veut avoir une dilution au 500^, au 400%. . . au 100*. La dilution doit être d'autant plus grande que le sang paraît plus riche en globules.

On essuie la pointe de l'instrument. Puis, sans tarder, on aspire le sérum qui, précédé par le sang, pénètre dans le réservoir; le mélangeur est maintenu bien vertical pendant tout le temps de l'opération, afin qu'il ne s'emprisonne pas de bulles d'air dans le réservoir. On s'arrête quand le mélange est arrivé au trait 101. On agite alors en tous sens pour que la petite boule à l'intérieur du réservoir brasse le mélange et le rende homogène.

2° Après s'être assuré que le compresseur joue bien et que la lamelle s'applique d'aplomb sur les vis, on rejette une petite quantité du liquide contenu dans le mélangeur, les parties restées dans le tube n'ayant pas pris part au mélange; puis on dépose une gouttelette sur le porte-objet de la chambre humide, en l'agitant avec la pointe du mélangeur pour qu'elle reste homogène. On rabat la lamelle et le compresseur, et l'on porte la chambre humide sous le microscope.

TÈCHNIQUE GÉNÉRALE.

Après quelques instants, les globules sont tombés au fond: on compte alors les globules dans les carrés successifs compris dans un des rectangles.

3° Si l'on s'est servi d'une chambre humide graduée au 5®, et si l'on a fait un mélange au 100% on se trouve, ayant compté tous les globules contenus dans un rectangle, avoir analysé la lûOOO'' partie d'un millimètre cube de sang; il faut donc, pour avoir le nombre par millimètre cube, multiplier par 10000 celui qui a été trouvé dans un des rectangles. Si le mélange a été fait au 200"^, on multiplie le nombre trouvé par 20000, ou mieux, on additionne les chiffres de globules trouvés dans deux rectangles voisins et on multiplie encore par 10000. Avec un mélange au 300%... au SOO'', on compte dans 3,. . . 5 rectangles et on multiplie par 10000.

Si la chambre humide est graduée au 10'', c'est-à-dire deux fois moins haute, on compte les globules dans un nombre double de rectangles et on multiplie toujours par 10000.

Après l'opération, l'appareil est soigneusement nettoyé et séché ; le mélangeur avec de l'eau distillée, puis de l'alcool et de l'éther ; le couvre-objet avec de l'eau distillée, puis de l'alcool et un linge fin.

Pour la numération des globules blancs, le procédé est le même : il suffit de compter dans une dizaine de rectangles ; alors si la chambre humide est graduée au 5'' et si le mélange a été fait au 100% on se trouve avoir numéré la lOOO*' partie d'un millimètre cube, et l'on n'a plus qu'à multiplier par 1000 le

Fig. £8. — Mélangeur Potain.

Fig. o9. — Chambre bumiJe avec compresseur.

chiffre trouvé pour avoir le nombre des leucocytes par millimètre cube de sang.

Un des avantages de cet appareil est qu'on n'a pas besoin de pratiquer immédiatement la numération. Le sang, recueilli au lit du malade et mélangé au sérum dans le réservoir, peut être transporté dans cet état pour être examiné plus tard

ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SANG

Il suffit de fermer avec un anneau de caoutchouc les deux extrémités du mélangeur et de le maintenir horizontal pour empêcher le liquide de s'échapper.

3° AUTRES PROGÈDIÉS

L'appareil de Thoma-Zeiss étant très analogue à celui deMalassez et n'en différant que par des détails sans importance, nous ne le décrirons pas.

A l'étranger, on emploie encore : l'hémocytomètre de Durham ; l'hémocytomètre de Oliver; l'hémocytomètre de Gowers.

Page 1