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ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DES GLOBULES ROUGES

physique que subissent tous les corps plats mobiles dans un liquide, lesquels tendent toujours à se mettre en rapport par leur plus grande surface (Welcker). Elle est en rapport aussi avec un certain degré de viscosité de la substance du globule ; quand on essaie de séparer des globules empilés, on voit que ces éléments s'étirent plus ou moins, et une fois écartés, restent adhérents par une sorte de filament ténu, qui ne tarde pas à se rompre; ce filament serait constitué, d'après Weber et Suchard, par la substance même du globule.

§ III. — Rôle des g-lobules roug'es.

Les hématies, grâce à leur hémoglobine, sont des fixateurs, des condensateurs, des convoyeurs d'oxygène. Ils empruntent celui-ci (voir chap. Gaz du sang) à l'air extérieur au niveau des capillaires des poumons et vont ensuite le distribuer aux tissus.

On admet volontiers que les hématies, de même que les spermatozoïdes et contrairement aux leucocytes, ne sont pas des cellules, mais des organites dérivés de la cellule, incapables de reproduction. Ce ne sont pas cependant des éléments morts, car ils conservent une composition chimic[ue dilTérente de celle du milieu ambiant et sont le siège de phénomènes nutritifs nettement caractérisés.

Si cette idée n'est pas contestable pour les hématies des mammifères, elle est loin d'être démontrée pour les hématies des ovipares ; l'existence de chromatine dans le noyau des globules rouges nucléés ferait de ces éléments des cellules capables de reproduction, ayant donc toutes les propriétés de la cellule en activité, aussi bien chez l'adulte que chez l'embryon.

Quoique les globules rouges non nucléés, n'ayant plus la valeur de cellules, paraissent des éléments morphologiquement inférieurs aux hématies nucléées et surtout aux hématies nucléées embryonnaires, qui sont capables de se reproduire par division, ce sont des éléments fonctionnellement plus parfaits. Chez le globule rouge nucléé, en effet, ce processus de spécialisation s'est comme arrêté en route ; chez le globule rouge sans noyau, le travail de spécialisation a été poussé plus loin : ce n'est plus qu'un fragment proto-

RÔLE DES GLOBULES ROUGES

plasmique de cellule hémoglobique sans substance nucléaire ; ce n'est plus une cellule ; toutes les fonctions de la vie cellulaire semblent avoir disparu, sauf une seule, qui a pris alors un développement extrême, la fonction respiratoire. Il en résulte que si le globule sans noyau a une vie individuelle, une vie organique moins active que le globule nucléé, il remplit ses fonctions sociales, il respire avec une intensité bien autrement grande, puisqu'il n'est pas une seule de ses molécules qui ne contienne de l'hémoglobine ; bref, l'adaptation à la fonction est chez lui aussi parfaite que possible (Malassez).

La forme biconcave des hématies de l'homme semble, à ce point de vue, être aussi la forme la plus parfaite, puisque c'est elle qui, pour un même volume, offre la plus grande surface d'oxydation.

La réduction du volume de chaque hématie et, par suite , l'augmentation du nombre d'hématies par millimètre cube de sang, semble enfin réaliser encore un autre perfectionnement fonctionnel ; aussi les dimensions des globules ne sont-elles nullement en rapport avec la taille des animaux, mais bien avec l'acLivité de la respiration : ils sont plus gros chez les animaux à sang froid, plus petits chez les animaux à sang chaud. M. Duval fait aussi remarquer que, pour une même famille animale, telle que celle des rongeurs, les globules rouges les plus gros s'observent chez les animaux hibernants, c'est-à-dire chez ceux qui, jjendant une partie de leur vie, ont des échanges respiratoires très peu actifs.

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