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DESTRUCTION DES GLOBULES HOUGES

d'évaporation, servirait encore à prouver la rapidité extrême de la néoformalion sanguine.

A Télat normal, on voit dans le sang circulant quelques globules un peu irréguliers, ou un peu moins bien colorés que les autres ; ce sont probablement des globules rouges vieillis. Mais ces formes sont rares, et la destruction des globules rouges ne paraît pas se faire dans la circulation ; on ne rencontre jamais dans la circulation de macropliages cbargés d'iiématies. La destrnction se fait dans les organes liémalopoïéliques, qui sont en même temps hématoly tiques, de sorte que les matériaux de la destruction globulaire s'accumulent dans ces organes et servent peut-être à la régénération des nouveaux globules. C'est surtout dans la rate, puis dans les ganglions, dans la moelle des os et dans le foie que se fait cette destruction. Là les globules de vitalité insuffisante sont absorbés par les macrophages et disparaissent par phagocytose.

Le protoplasma des globules rouges est détruit et digéré par les macrophages à rintérieur desquels on peut suivre ses transformations qui aboutissent à la production de grains basopliiles ou « tingible Kôrper ».

L'hémoglobine mise en liberté par la destruction des hématies est transformée en pigment ocre qu'on retrouve, ainsi que nous l'avons observé, dans la rate et dans les ganglions lymphatiques, à l'intérieur des phagocytes. Mais une partie de cette hémoglobine mise en liberté dans la rate n'est pas transformée en pigment ocre et est apportée au foie par la circulation : au contact de la cellule hépatique elle se transforme en pigment biliaire. C'est aux dépens de riiémogiobine, mise régulièrement en liberté chaque jour par suite de la destruction globulaire normale, que se forme le pigment biliaire. On juge par là que cette destruction globulaire doit être assez considérable dans les conditions physiologiques.

Les expériences de Piigliese et Puzzati ont bien mis en relief le rôle différent du foie et de la rate dans la destruction du sang, et la nécessité de l'accouplement physiologique de ces deux organes pour la transformation de riiémogiobine en pigment biliaire : chez les chiens splénectomisés, la pyrodine, poison destructeur des globules rouges, ne provoque ni liémoglobinurie ni urobilinurie, comme elle

DESTnUCTION DES GLOBULES ROUGES.

le faisait chez les chiens normaux ; en outre, les chiens splénectomisés sécrètent, après l'intoxication par la pyrodine, une bile beaucoup moins riche en pigment que celle des chiens qui ont conservé leur rate ; mais l'élimination de pigments biliaires dure plus longtemps chez eux. C'est que la rate, à l'état normal, détruit les globules rouges altérés par le toxique, et met en liberté l'hémoglobine que la veine porte amène directement et rapidement au foie pour y servir à la fabrication de la bile; tandis qvie si la rate est enlevée, le sang se détruit dans les autres organes hématopoïétiques qui transmettent plus indirectement et plus lentement que la rate leur hémoglobine au foie.

Dans les états pathologiques, le processus prend une importance plus considérable. Nous verrons que, dans certaines anémies, les globules rouges présentent des altérations très marquées. Ces globules altérés sont-ils tous voués à la destruction ? Jusqu'à quel point sont-ils susceptibles de régénération ? C'est ce que nous ne savons pas. Cependant, si on considère que le globule rouge n'est pas comme le globule blanc une cellule complète pourvue d'un noyau, on est amené à penser que le globule rouge n'est pas susceptible de régénération et que tout globule altéré est voué à la mort.

Exception faite pour certaines infections telles que le paludisme, dans lesquelles le globule rouge est détruit dans le sang parle parasite, la règle, au cours des infections et intoxications, c'est que la destruction des globules rouges s'accomplit dans les organes hématopoïétiques, principalement dans la rate qui, par suite de l'abondante destruction de globules qui se fait dans son parenchyme et de l'accumulation de pigment ocre, forme une véritable tumeur « spodogène » [itioooç scorie).

D'ailleurs le processus de destruction ne s'accomplit pas seulement dans les organes hématopoïétiques, mais encore dans tous les tissus. Partout où il se fait une congestion intense et des hémorragies, les globules rouges sont détruits de même par les phagocytes, et il se fait une accumulation de débris globulaires et de pigment dérivé de l'hémoglobine.

Quand la destruction globulaire est abondante et prolongée, tous les organes de l'économie sont surchargés de pigment. Ce sont ces

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