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SPECTRE DU SANO

Imp Monrocg; - Pari

DOSAGE DE l'hÉMOGLOBINE. 233

Ce procédé spectroscopique est préférable aux procédés colorimétriqiies : il n'exige pas de dilution sanguine, ni d'appareil coûteux et compliqué; il est rapide, exact, précis ; c'est un vrai procédé clinique.

Hénocque a fait aussi construire d'autres modèles d'appareil : Xhématoscope à échelles spectromélriques et Vhématospectroscope grand modèle, instruments de laboratoire qui permettent une précision absolue dans l'appréciation de la largeur et du siège des bandes d'absorption, grâce à la projection, au moyen d'un

Fig. 57. — H''matospectroscope grand modèle.-

prisme à réflexion totale, des divisions d'une écbelle photographique qu'on peut superposer au spectre, et qu'on peut ensuite, par une échelle de concordance, transformer en longueurs d'ondes.

L'hématospectroscope grand modèle est constitué par une partie optique, le speetroscope et par une monture à colonne articulée, supportant deux platines et un miroir. Le speetroscope porte une échelle spectrométrique latérale ; il est fixé à la partie supérieure de la platine supérieure, sur laquelle il se déplace latéralement dans les deux sens au moyen d'une vis. Ce déplacement est mesuré sur une échelle placée à la face supérieure de la platine supérieure.

La mise au point est obtenue par un pignon. Un second pignon actionnant

l'hémoglobine.

une crémaillère, permet d'élever ou d'abaisser tout l'ensemble du spectroscope et d'introduire, entre les platines, les cuves hématoscopiques. L'ensemble de l'appareil peut s'incliner, de manière à permettre l'observation dans une position horizontale ou verticale.

II. — Analyseur chromatique. — L'analyseur chromatique d'Hénocque est un appareil qui permet de mesurer l'oxyhémoglobine du sang examiné à travers les tissus, sans qu'on ait besoin de faire de piqûre. Cet appareil a pour principe les phénomènes d'atténuation des bandes de l'oxyhémoglobine par des verres colorés.

Avec le spectroscope, on examine par réflexion l'ongle d'un doigt ou la paume de la main, bien éclairés par la lumière du jour, et l'on aperçoit ainsi les bandes d'absorption de l'oxyhémoglobine. On place ensuite devant le diaphragme du spectroscope des verres jaunes de plus en plus épais qui absorbent une partie 3g des rayons lumineux. Ces verres sont gradués de telle sorte que celui qui empêche complètement d'apercevoir les bandes de l'oxyhémoglobine indique la proportion de cette substance dans le sang. Le maniement est assez facile ; mais les résultats tique. obtenus n'ont pas la précision de ceux que donne le

procédé ordinaire. 11 est toutefois avantageux, car il évite les piqûres que redoutent certains malades, et ne donne de renseignements que sur la quantité d'oxyliémoglobine et non d'hémoglobine totale.

Fig. 58.

Analyseur cliroma-

III. Spectrophotométrie. — La méthode spectropliolométrique, basée sur T élude de la quantité de lumière absorbée dans les diverses plages du spectre par les solutions de matière colorante, permet d'apprécier avec une grande exactitude Fintensité des bandes d'absorption, et, par suite, la quantité d'hémoglobiné.

Les procédés spectrophotométriques permettent en outre de calculer les quantités respectives d'oxyliémoglobine et d'hémoglobine réduite contenues dans un mélange. Il suffit de déterminer la quantité de lumière absorbée par la solution mixte pour deux radiations limiineuses différentes ; cela permet d'écrire deux équations à deux inconnues, suffisantes pour calculer les quantités d'hémoglobine et d'oxyhémoglobine.

Les spectrophotomèlres sont nombreux et reposent sur des prin-

DOSAGE DE l'hÉMOGLOBINE.

cipes d'optique très divers. Les plvis connus sont ceux de A'ierordt, de Glahn, de Govi, de Trannin, de Gouy, de Branly', de d'Arsonval-, de Hiifner^ ; ces appareils, très compliqués et d'un maniement très délicat, ne peuvent être utilisés pour les recherches cliniques.

G. MÉTHODES FERROMÉTRIQUES.

Le fer fait partie intégrante des tissus animaux ; l'hémoglobine renferme environ 0,33 p. 100 de fer. Dans le corps d'un homme du poids de 65 kilos, il entre 3 grammes ènviron de fer. Chez le nouveau-né k terme, la quantité de fer oscille autour de 0 gr. 4.5 p. 1 ,000 grammes de sang*.

Pour mesurer la quantité de fer contenue dans le sang, comme on ne peut employer de fortes doses de sang, la méthode de Margiieriife, usitée en métallurgie, ne peut guère être employée ; on doit recourir aux méthodes de dosage colorimétrique qui n'exposent qu'à une erreur relative d'environ 2 p. 100 ; la réaction colorée des sulfocyanates d'ammonium par les sels ferriques en milieu acide est extrêmement délicate et décèle des quantités infinitésimales de fer ; plus il y a de fer, plus la coloration rouge est intense.

Méthode de Lapicque^ — Le sang à analyser, environ 2 grammes, est placé dans un ballon en verre de 88 à 100 cent, cubes : il n'est pas nécessaire qu'il soit desséclïé ni pulvérisé. On y ajoute 2 cent, cubes d'acide sulfurique concentré exempt de fer ; on chauffe doucement sur un bec Bunsen en tenant le ballon incliné pour éviter les projections. La matière organique se dissout dans l'acide sulfurique chaud et forme bientôt un liquide goudronneux ; celuici ne tarde pas à foisonner, puis des gouttelettes jaillissent sur toute la surface interne du ballon et, finalement, l'acide sulfurique se met à distiller, redescendant le long des parois en filets brunâtres.

On laisse refroidir U7i peu Vacide sulfurique et on ajoute, toujours en tenant le ballon incliné, quelques gouttes d'acide azotique concentré, il se produit alors un foisonnement prolongé avec dégagement de vapeurs intense. On ajoute

1 BuANLY. Dosage de l'iiémoglobine dans le sang. Thèse Paris, 1882.

2 D'Arsonval. Soc. de biologie, 18 mai 1889.

3 HuFNER. Zeit. f. physiol. Chemie, Bd, I, S. 317.

* NiCLorix et Van Vyve, Soc. de biologie, 24 mai 1902. s Lapicque. Thèse Paris, 1895, n" 491.

l'hémoglobine.

goutte à goutte l'acide nitrique, tant que la réaction se produit, puis on replace le ballon sur le feu ; la liqueur qui s'était éclaircie après adjonction d'a(;ide nitrique, brunit de nouveau ; on recommence 2 à 3 fois comme la première fois, jusqu'à ce que finalement la petite quantité de liqueur placée au fond du ballon ne présente plus qu'une teinte jaune verdàtre très claire. La combustion est alors terminée ; on peut, s'il y a 1 milligramme de fer ou davantage, apercevoir dans la goutte d'acide sulfurique une poudre cristalline qui contient la majeure partie du fer. On laisse refroidir, puis on ajoute 20 cent, cubes d'eau distillée; on agite pour bien mélanger et on porte à l'ébullition pendant quelques minutes pour dissoudre le précipité et chasser les dernières traces de vapeurs nitreuses.

On a ainsi, dans le récipient même, une solution peu étendue, limpide et incolore, dans laquelle le produit est contenu à l'état de sulfate ferrique.

Le liquide complètement refroidi est alors versé dans une petite fiole dont le long col porte 2 traits de jauge, l'inférieur à 20 cent, cubes, le supérieur à 25 cent, cubes. Le volume du liquide doit être sensiblement inférieur à 20 centimètres. On rince le ballon avec un peu d'eau distillée, et on verse celle-ci dans la fiole pour compléter le volume exactement à 20 cent, cubes. On verse ensuiteScent. cubes de sulfocyanate à 10 p. 100 : on agite pour bien mélanger. On a alors une liqueur d'un rouge intense, transparente. On remplit à moitié de cette liqueur l'un des godets du colorimètre Dubosc, l'autre contenant l'étalon de verre; on étaient l'égalité de teinte, il ne reste qu'à lire sur l'appareil l'épaisseur correspondante.

Pour préparer l'étalon de verre de sulfate ferrique, on fait dissoudre 1 gramme de fil d'archal dans de l'eau acidulée par l'acide sulfurique (celui-ci en excès), peroxydant par l'acide nitrique, dont on chasse l'excès par une ébullition prolongée, et complétant le volume à 1 litre ; de cette liqueur mère, on prépare au fur et à mesure des besoins, une solution au vingtième. On en remplit la petite fiole jaugée à 2 traits jusqu'au trait inférieur. On ajoute 5 cent, cubes de sulfocyanate et on porte au colorimètre. Le rapport colorimétrique des deux ballons donne le poids de fer.

Il faut faire rapidement la lecture après la réaction du sulfocyanate.

Ferromètre clinique de Reichert. [SystèmQ Ad. Jolies). — Reichert, sur les conseils de Limbeck, a réussi à simplifier le ferromètre de Jolies et à l'adapter aux besoins de la clinique.

La détermination du fer contenu dans le sang est fort simple et n'exige, avec un peu d'exercice, que dix minutes environ. L'opération comporte les actes suivants : 1° Mesurage du sang ;

2° Incinération du sang dans un creuset de platine ;

IJOSAGE DE l'hÉMOGLOËINË.

3" Dissolution des cendres dans le bisulfate de potasse;

4° Nettoyage du creuset avec de l'eau tiède que l'on introduit dans le tube colorimétrique :

Fig. 59. — Ferromètres de Reicliert.

0° Addition d'une quantité déterminée de sulfocyanure d'ammonium et d'acide chlorhydrique ;

G» Observation du biseau de verre ;

7" Lecture du tableau, ajouté à l'instrument, indiquant la quantité de fer contenue dans le sang.

§ m. — Comparaison des résultats obtenus par divers procédés.

Barcl \ Mallet - ont recherché la quantité crhémoglohine ckt sang par trois procédés différents : hémoglohinomètre de SahH, hasé sur la chromomélrie, hématospectroscope d'Hénocque, ferromètre de Jolies. Ils ont vu que, pour le sang normal, les résultats ohtenus sont sensiblement les mêmes. Pour le sang pathologique, les résultats sont discordants, ce qui tiendrait à l'état variable dans lequel se trouve Thémogiobine. Cette substance existe en effet dans

1 Bard. Semaine médicale, 14 août 1901.

2 Mallet. Des variations de qualité de l'hémoglobine. Thèse Genève; 1901.

l'hémoglobi>e.

le sang, sviivani Christian Bolir et suivant Rard, soit à l'état criiémoglobine jeune, soit à l'état d'hémogloLine adulte. Les deux hémoglobines contiennent la même proportion de fer, mais elles n'ont pas la même valeur colorante : l'hémoglobine adulte est plus colorante que l'autre. La pi^oportion de fer dans le sang est en rapport avec celle de l'hémoglobime totale ; l'intensité de la coloration est en rapport avec la quantité d'hémoglobine adulte, de sorte que le procédé ferrométrique, qui tient compte de toute l'hémoglobine, ne donne pas les mêmes résultats que le procédé chromométrique qui tient compte surtout de l'hémoglobine adulte.

Dans les affections où le sang est en voie de rénovation active, la proportion d'hémoglobine jeune, non colorante, est considérable ; tel est le cas après les hémorragies, dans les anémies légères en voie de guérison, et même dans l'anémie pernicieuse bothriocéphalique après l'expulsion des ténias, de sorte qu'ici le dosage chromométrique donne des chiffres inférieurs à ceux du dosage ferrométrique.

Au contraire, dans les affections où l'hématopoïèse est entravée, comme dans les cachexies, c'est l'hémoglobine adulte qui domine, de sorte que le dosage chromométrique donne des chiffres égaux ou supérieurs à ceux du dosage ferrométrique.

Rosin et Jellinck * ont aussi constaté des discordances entre les résultats du dosage chromométrique et du dosage ferrométrique de l'hémoglobine; ainsi, dans les cardiopathies, le pouvoir tinctorial du sang est généralement élevé, tandis que le chiffre du fer est diminué ; ils attribuent ces discordances à ce que l'hémoglobine n'est pas le seul pigment du sang et que le fer de celui-ci n'appartient pas exclusivement à l'hémoglobine.

L. de Saint-Martin - a établi la concordance des méthodes spectrophotométriques et ferrométriques pour la détermination de l'oxyhémoglobine du sauff.

Les résultats fournis par le procédé speclroscopique d'Hénocque sont en général intermédiaires aux résultats donnés par les procédés ferrométriques et chromométriques. On conçoit facilement que le résultat fourni doit être différent puisque l'hémato-spectroscopie

1 Rosin et Jellinck. Zeil. f. kUn. Mec/., XXXIX, 1900. * L'. G. DE Saint-Martin. Soc. de biologie, 16 mars 1901.

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