VALEUR GLOBULAIRE
La valeur globulaire normale est prise pour unité. Dans un état pathologique on peut avoir :
ou bien
ou encore
N = 2 dOO 000 =: 0,oO
On peut encore, étant donnée la quantité d'hémoglobine en poids, obtenir la valeur globulaire par la formule suivante :
Q Quantité d'hémoglobine en poids X 744, nombre des hématies X 2 100 000
Dans les états pathologiques, la valeur globulaire peut varier en divers sens. Dans les anémies légères, la quantité d'hémoglobine s'abaisse proportionnellement plus que le nombre des globules rouges et la valeur globulaire est inférieure à l'unité. Elle s'abaisse à 0,75, 0,50 et au-dessous. Cette formule a été considérée comme caractéristique de la chlorose ; en réalité on la trouve dans toutes les anémies légères, quelle qu'en soit la cause ; elle correspond à la présence de beaucoup de globules de petite dimension dans le sang.
Dans les anémies graves, au contraire, le chiffre des globules s'abaisse comparativement plus que celui de l'hémoglobine, et la valeur globulaire est supérieure à l'unité ; elle oscille entre 1 et 2. Cette formule se rencontre dans toutes les anémies pernicieuses progressives liées à une cause quelconque ; elle correspond à une augmentation du diamètre moyen des hématies et à la présence de mégalocytes dans le sang.
l'hémoglobine.
§ V. — Quaiitiiô d'hénïogrlohîiie dans les états pliysiolog'iques
et pathologiques.
La quantité cFoxyliémogiobine, contenue dans le sang des adultes à Tétat physiologique, varie dans des limites restreintes : entre 13 et 14 p. 100 chez l'homme, entre 12 et 13 p. 100 chez la femme.
Chez les habitants des villes, même à Tétat de santé, la proportion, bien souvent, ne dépasse pas 12 à 13 p. 100 ; au contraire, chez les campagnards bien portants, chez les individus qui se livrent aux exercices physiques, l'hémogiobine atleiuL souvent 14 p. 100 et peut même dépasser ce chiffre.
Variations physiologiques. — Altitude. — Sur les hauts plateaux du Mexique, à FEquateur, à 1^890 mètres, la proportion d'oxyhémoglobine semble plus faible, bien que le chiffre des globules rouges soit relativement plus élevé ; elle serait seulement de 11 à 12 p. 100
L'effet produit par le transport rapide en ballon à de grandes altitudes (4,000 à .5,000 mètres), est inverse. Tous les expérimentateurs ont noté une augmentation plus ou moins considérable de l'oxyhémoglobine (1 à 2 p. 100) 2.
Age. — L'âge a une très grande influence sur la proportion d'hémoglobine contenue dans le sang. Tous les observateurs (Hayem, Schifî, Monti, Bidone et Gardini, ^ Labbé*), ont noté cpie le sang des nouveau-nés contient une plus forte proportion d'oxyhémoglobine que le sang des adultes.
Au moment de la naissance, l'oxyliémoglobine dépasse souvent 13 ou 16 p. 100; puis elle diminue progressivement pendant les premiers jours pour atteindre le taux de 14 p. 100 vers le douzième jour ; à partir de ce moment, le chiffre reste constant en l'état de santé.
Cette forte proportion d'oxyhémoglobine, et sa diminution progressive, sont en rapport avec le nombre des globules rouges et avec
1 J. MoN.iARUAS. Conijl'ès international de méd. de Rome, 1893.
- TiiiPKT. Académie des sciences, 12 janvier 1903.
^ liiDOMî rf Gaudini. Ai-ch. ital. de biutofjie, 1899. XXXll.
* Marcel Labisé. Des variations de la quantité d'o.xyliémoglobine du sang chez les nourrissons traités pr.r les injections de sérum artificiel. Revue de médecine, 10 déc. 1900.
QUANTITÉ d'hémoglobine DANS LES ÉTATS PHYSIOLOGIQUES.
la densité du sang, qui dépassent la normale au moment de la naissance, pour décroître ensuite progressivement.
Plus tard, dans la seconde enfance, la normale est plutôt abaissée (H à 12 p. 100); mais de dix à quinze ans elle se relève, surtout chez les jeunes fdles, qui atteignent facilement 13 p. 100 à l'époque de la puberté ■ Hénocque).
Menstruution. — Chez les femmes, pendant la période menstruelle, il y a souvent, un ou deux jours avant Tapparilion des règles, une augmentation de l'oxyliémoglobine de 1 p. 100, suivie d'une diminution de 1 à 2 p. 100, et quelquefois plus, pendant les règles, et d'une nouvelle augmentation de 1 p. 100 après les règles; (Hénocque, ^^autbrin' , Sfameni) ; an contraire, suivant Poggi -, l'hémoglobine diminuerait quelques jours avant les règles de 10 ou 15 p. 100, puis augmenterait pendant les règles; la diminution serait due à un relard dans l'hématopoïèse.
Chez un individu sain, il est rare de voir le taux de l'hémoglobine du sang rester d'une façon permanente au-dessus du chiffre normal ; le fait s'observe cependant quelquefois au moment de la ménopause ou chez les femmes aménorrhéiques.
Heures du jour. — Les variations diurnes sont peu appréciables, suivant Vierordt, Hénocque, il y aurait une augmentation de 1/4 à 1/2 p. 100 d'hémoglobine après le repas de midi. L'ingestion de boissons abondantes ne modifie pas sensiblement le taux de l'hémoglobine ; mais l'abstention de boissons, les sueurs répétées, une purgation augmentent légèrement et d'une façon relative la quantité d'oxyhémogiobine (Leichtenstern, Hénocque), par diminution du sérum et concentration du sang.
Exercice. — Les exercices physiques augmentent l'oxyliémoglobine à condition de ne pas aller jusqu'au surmenage.
Espèces animales. — La quantité d'oxyhémogiobine varie chez les divers animaux. On a noté :
Chez le singe 10 à 14 p. 100
— cliien 14 à 14,3 —
— porc 14,36 —
— bœuf 8,5 à 10,42 —
— lapin 12 —
1 Vacthuin. Thèse l'aris, 1887.
^ PoGOi. Policlinica, 1899.
Chez le cobaye 14 p. 100
— pig-eon 11 —
— grenouille.. 8 à 10 —
— axolotl 6 à 10 —
— protée (5 à 8 •—
l'hémoglobine.
Variations pathologiques. — Les divers élals palhologiques modifieiil la proporLion d'hémoglobine.
Dans les anémies, on voit Toxyliémoglobine descendre tà H p. 100, 6 p. 100 et même jusqu'à 3 p. 100. Hénocque * établit l'échelle suivante :
A partir de 11,5 à 11 p. 100, il y a début do l'anémio.
— 10,5 à 9 — l'anémie est confirmée.
— 8,0 à 7 — — , intense.
— 6,5 à 4,5 — — grave.
— 4 à 3 — — extrême.
Lorsque la proportion reste abaissée à 3 ou 4 p. 100 la vie est en danger.
Les hémorragies n'amènent de changements importants que si les pertes de sang sont très abondantes ou répétées ; chez deux femmes ayant eu des hémorragies considérables à la suite de l'accouchement, Hénocque a vu l'hémoglobine s'abaisser à 4,5 "/o; les hémorragies modérées ont une action moindre ; la réparation est en général assez rapide.
Les maladies infectieuses abaissent en général le chiffre de l'oxyhémogiobine; dans la fièvre tyj)hoïde, Hénocque el Baudouin l'ont vu tomber a 7 p. 100 vers le S*" jour, rester stationnaire pendant la période d'état, et se relever au moment de la convalescence. Il peut y avoir cependant, au début des infections (fièvre typhoïde, septicémies, tuberculose), une augmentation de la quantité d'oxyhémoglobine ; cette augmentation est passagère, dure deux jours environ, et fait ensuite place à une diminution. On l'a constatée aussi bien chez l'homme que dans les expériences chez les animaux.
Les maladies chroniques, la tuberculose abaissent le chiffre de l'oxyhémoglobine ; le cancer produit un abaissement considérable.
Chez les diabétiques, la quantité de l'hémoglobine n'est pas modifiée d'une façon sensible ; certains diabétiques gras, qui se suralimentent, peuvent avoir une proportion d'oxyhémoglobine supérieure à la normale.
Chez les obèses Kisch ", Œù^tel ont trouvé en général une proportion d'hémoglobine supérieure à la normale.
1 Hénocque et Baudouin. Acad. des sciences, 23 avril 1893.
2 Kisoii. Zeil. f. klin. Med. Hd. Xll, H. 4