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RÉSISTANCE GLOBULAIRE DANS LES ÉTATS PATHOLOGIQUES

acholurique congénital. Au contraire, dans deux cas de cirrhose atrophique du foie et dans un cas d'hypertrophie sans ictère, Chanel avait observé une diminution notable.

Dans les autres affections, les résultats sont d'autant moins concordants qu'ils ont été étudiés avec des méthodes différentes.

Essai d'interprétation de l'augmentation de la résistance globulaire dans Victère. — L'augmentation de résistance peut être obtenue expérimentalement soit par la ligature du cholédoque, soit par l'injection répétée de solutions de sels biliaires dans le péritoine du chien. Elle peut être aussi obtenue in vitro par le simple contact d'hématies normales avec du sérum ictérique aquez et Ribierre).

Les globules rouges des ictériques, séparés de leur sérum, conservent leur propriété de résistance : des globules d'ictérique centrifugés et lavés avec du sérum physiologique présentent avant et après le même degré de résistance.

Viola et Tarugi ' ont vu que in vitro la bile a une puissante action hémoly tique qui s'exerce surtouL sur la résistance minima, tandis que la résistance moyenne est peu modifiée et la résistance maxima encore moins. En injection dans la circulation générale du chien, la bile, à la dose de 30 cent, cubes, diminue légèrement la résistance minima; à celle de 0,75 cent, cubes, dose mortelle, la bile la supprime totalement. Les autres résistances ne sont pas modifiées.

Diverses théories ont cherché à expliquer le mécanisme de cet accroissement de résistance. Malassez, '^"on Limbeck, Chanel, avaient pensé que sous l'influence de l'action hémolysante des sels biliaires, les hématies les moins résistantes étaient détruites, tandis que persistaient les hématies les plus résistantes, d'où par sélection une augmentation générale de la résistance globulaire.

Cette théorie est en désaccord avec les faits, d'après Vaquez et Ribierre, car ce n'est pas seulement la résistance minima qui est augmentée, mais aussi la résistance maxima, c'est-à-dire celle des globules les plus résistants. Pour eux, au début de certains ictères, il existe bien une destruction globulaire et il est logique d'admettre que cette destruction porte sur les globules les moins résistants,

1 Viola et Tarugi. Rifonna vieil., 16 sept. 1902.

mais ce n'est point cette disparition qui explique Taugmentation de résistance ; il faudrait voir dans ce processus un phénomène d'accoutumance, sous rinfluence des destructions modérées, mais répétées des hématies, l'organisme subit une sorte de vaccination, il se forme des antihémolysines qui passent dans le sérum, se fixent sur les globules rouges et empêchent ceux-ci de subir l'action cytasique du sérum.

Pour Viola, l'augmentation de la résistance tient à une cause ignorée, indépendante de la présence de la bile dans le sang.

Bien des points restent encore obscurs dans ce phénomène de l'accroissement de résistance des hématies au cours de l'ictère ; d'autant plus que, comme le fait remarquer Ribierre dans sa thèse, il s'agit là bien moins d'un accroissement de résistance vis-à-vis des sels biliaires, dont on sait, d'autre part, l'action hémolytique puissante pour les hématies que d'une augmentation de résistance vis-à-vis de l'eau distillée. Il est à noter par contre que l'injection répétée d'eau distillée, dans la circulation générale, comme l'ont vu Lesné et Ravaut, n'augmente que fort peu la résistance globulaire vis-à-vis de l'eau distillée.

Etats anémiques. — Maragliano signale une diminution de la résistance après la saignée ; Viola et Jona reproduisent expérimentalement le même fait sur le chien et le lapin.

Dans la chloi^ose, Duncan avait signalé la diminution de la résistance globulaire. Malassez et Chanel font la même observation. En se servant cependant de la méthode de Chanel légèrement modifiée, Veyrassat' n'a vu la résistance que faiblement diminuée dans 8 cas; cette diminution était plus accentuée dans la chloro-tuberculose et dans un cas d'anémie pernicieuse. Maragliano, Castellino, Bielonovsky observent aussi cette diminution dans les anémies graves. Par contre, Bard -, J. Courmont et André ' ont vu la résistance globulaire augmenter dans des cas d'anémie pernicieuse à botriocéphale.

Maladies infectieuses. — Dans la majorité des cas de fièvre

1 Veyrassat. Des variations de résistance des hématies et de l'kémo'jtohine. Thèse de Lyon, 1902 . 5 Bard. Semaine médicale.

' J. CouH.MONT et André, Journal de physiologie et de pathologie générales.

■nÉSISTANCE GLOBULAIRE DANS LES ÉTATS PATHOLOGIQUES.

typhoïde, Pignatti et Morano', ont observé l'augmentation de la résistance moyenne à la période la plus grave de l'infection, puis le retour plus ou moins brusque à la normale et parfois même la diminution de la résistance au moment de la convalescence, en général du 1"' au ô*" jour après la chute de la fièvre.

D'après les mêmes auteurs, contrairement aux observations antérieures, dans 3 cas de pneumonie, la résistance moyenne se montra aussi augmentée au moment le plus grave de la maladie. La résistance minima suivit à peu près l'évolution de la résistance moyenne.

Dans Y érysipèle de la face, il y aurait diminution de la résistance moyenne, d'après Maragliano, avec oscillations parallèles à celles de la courbe thermique ; suivant Limbeck, il y aurait augmentation de la résistance minima.

Chez les tuberculeux , Maragliano -, Chkliarevitch indiquent une diminution notable de la résistance, principalement chez les tuberculeux fébriles ; pour Gosdsitski*, au contraire, la résistance moyenne serait accrue dans la phtisie. Yeyrassat, qui considère aussi que la résistance est en général diminuée, dit que les variations sont telles qu'on ne peut tirer de cette recherche des déductions précises.

Chez les pleuré tiques, la résistance serait tantôt accrue (Maragliano), tantôt diminuée, surtout quand il y a de la fièvre.

Dans la malaria. Viola voit que la résistance diminuée pendant l'accès, augmente dans les intervalles après une série d'accès.

D'après Paris et Salomon -', la diphtérie s'accompagne d'une augmentation précoce et durable de la résistance minima (0,44 et audessous, au lieu de 0,44 à 0,48, chifTre normal chez l'enfant suivant les auteurs), avec diminution appréciable de la résistance maxima (0,40 à 0,34). L'étendue de résistance est en général diminuée.

Ces modifications précoces de la résistance globulaire, semblent indépendantes de la gravité des cas, de la réaction leucocytaire, de

1 Morano. Clin. med. ital., 1902, n" 3.

2 Maragliano. Acad. de Geiiova, 1883, 1886, 1887.

3 Chkliarevitch. Ann. de l'Acad. méd. de Saini-Pétershouvg, 1901.

4 GosnsiTSKi. ibid., 1902.

« Paris et Salomon. Soc. de biologie, 2o avril 1903 ; - Paris. Des modifications sanguines chez l'enfani diphte'rique. Thèse Paris, 1903,

ÉTUDE DE LA RÉSISTANCE GLOBULAinE.

la température. Après les injections de sérum, presque immédiatement IV diminue et revient à son chifTre normal ; R- ne se modifie pas ou diminue quelque peu dans les cas graves ; après 18 ou 24 heures, R' augmente de nouveau ou reste normal, R- ne change pas.

Pendant la convalescence, le point de résistance minima demeure augmenté comme au début de la maladie, mais il y a déplacement dans le même sens du point de résistance maxima, avec augmentation très appréciable de cette dernière.

Expérimentalement Paris a vu que Tinjection de toxine cUphlérique chez le lapin faisait diminuer R' et R- ; que le sérum antidiphtérique injecté après la toxine ramenait R^ et R- à l'état normal, sauf dans les cas graves ou R' continue à diminuer. Après une 2° et une injection de sérum, il se produit immédiatement une diminution de R' et de R-. L'injection de sérum antidiphtérique à des lapins normaux produit une diminution de R' et de R'-.

Dans quelques cas de purpura chez des enfants, observés par Paris et Salomon il y avait augmentation de la résistance globulaire très légère pour la résistance maxima (0,30 à 0,32), beaucoup plus notable pour la résistance minima (0,38 à 0,44).

D'après Lang -, la résistance globulaire serait, contrairement à la plupart des opinions que nous venons de citer, augmentée dans toutes les maladies infectieuses.

Hémoglobinurie paroxystique. — Dans l'hémoglobinurie paroxystique a friffore, la diminution de la résistance, admise par certains hématologistes (Ehrlich, Miirri, A'aquez et Marcano), n'a pas été observée pas Roisson ; la résistance était augmentée dans un cas d'hémoglobinurie paroxystique a fricjore observé par nous auquel nous avons fait allusion plus haut.

La fréquence de la syphilis dans les antécédents des individus atteints d'hémoglobinurie paroxystique a frigore semble montrer que les globules rouges des syphilitiques sont plus vulnérables à l'action du froid ; la diminution de la quantité d'hémoglobine chez les syphi-

1 Paris et Salomon. Soc. de biologie^ 28 février 1903. - Lanc. Acacl. méd, de Saint-Pétersbourg, 1902.

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