‹ Traité d'histologie : (volume 2)Chapitre 48 sur 163 · II. Plastes des cellules animales · texte numérisé non relu

II. Plastes des cellules animales

Granula. — Existe-t-il, à l’état d’enclaves, dans les cellules animales, des corps comparables aux leucites ou plastes végétaux, tant par leurs qualités morphologiques que par leurs propriétés physiologiques ?

Nous avons vu plus haut ce que les granula d’ALTMANN n’étaient pas, c’est-à-dire des particules ultimes, douées de vie, du protoplasma, des bioblastes. Nous avons laissé à entendre qu’ils représentaient sans doute des plastides animales, c’est-à-dire la forme première des produits de l’activité sécrétoire des cellules (fig. 57). Ainsi, par exemple, les cellules graisseuses, qui élaborent la graisse de l’organisme, avant de renfermer des globules graisseux, contiennent des granula, spécifiquement colorables ; et on a observé (Altmann et d’autres) que la synthèse de la graisse et son dépôt sous forme de globules ou de gouttelettes se faisait au niveau même et par transformation de ces granula (fig. 58). Les nombreux auteurs qui ont étudié la

Fig. 57. — Cellules de l’hypophyse du Chien , avec granules cTAltmann. X ioco.

Fig. 56. — Contenu du fruit non complètement mûr d'une Tomate (Solanum Lycopersicum).

Les chromoleueites ch, à côté de grains d’amidon a, contiennent encore des cristaux, les chromocristallites chc. Etat frais. X 5oo.

MORPHOLOGIE DE LA CELLULE

structure clés cellules à ferments, telles que les cellules du pancréas, les cellules des glandes salivaires, les cellules à pepsine chez les Vertébrés, ont été conduits à concevoir dans tous ces éléments glandulaires l'existence d’enclaves, de grains de préferment ou zymogène, c’est-à-dire d’une matière qui, sous certaines conditions, se transformera et deviendra le ferment définitif. Les zymogènes divers qui précèdent les différents ferments de l’économie possèdent des propriétés communes, parmi lesquelles il en est une qui domine leur histoire chimique : c’est qu’hydratés ils se changent en ferments définitifs. Ainsi le zymogène des glandes salivaires deviendra la diastase ou ptvaline de la salive ; le pepsinogène, le trypsinogène des glandes de l’estomac et du pancréas fourniront la pepsine et la trypsine du suc gastrique et du suc pancréatique ; le mucigène est la substance intermédiaire qui par hydratation se transformera en mucus définitif.

Ce sont là sans aucun doute les représentants des plastides des cellules

Fig. 58. — Cellules du tissu graisseux sous-cutané d'un Chien âgé de 3 jours , permettant de superposer les globules graisseux aux granula d’ Altmann.

A, cellules avec globules graisseux. — B, cellules avec granula d’Altmann, après dissolution de la graisse et coloration des granula. — n, noyaux des cellules graisseuses. X 700. D’après Metzner.

végétales. Il y a cependant une certaine difficulté, dans l’état présent de la science, à établir entre les uns et les autres un parallèle étroit. Jusqu’alors, la propriété de se diviser n’a été reconnue aux granula que par Altmann seul ; tandis qu’on l’accorde très généralement aux plastides végétales. Il y a cependant entre les uns et les autres une ressemblance essentielle. Dans les deux cas, il s’agit d’un substratum, d’un plaste, de nature protéique (amyloplaste, chloroplaste, etc. ; mucigène, zymogène, granula de toutes sortes), qui donnent naissance, chacun par son activité propre, à un produit spécial, le grain d’amidon, la goutte de mucus, le grain de ferment, le globule graisseux. C’est bien là la plastide que nous recherchions plus haut, comme une entité théoriquement nécessaire dans l’être vivant, pour y représenter l’individualité la plus simple, offrant le minimum possible de complication organique, c’est-à-dire la parcelle douée d’accroissement, de mouvement, capable de se diviser, vivant d’une vie propre, véritable petit organite de la cellule, qui travaille chacun pour son compte et qui a chacun sa destinée.

b) Enclaves ou réserves. — Après les plastes, corps producteurs d’enclaves, il faut examiner ces enclaves elles-mêmes, c’est-à-dire les substances

CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

figurées déposées dans le cytoplasme, qu elles soient ou non d'ailleurs le

résultat de la transformation et le produit de corps figurés, de plastes. Les enclaves, en se plaçant au point de vue physiologique, sont souvent aussi appelées réserves ; elles représentent, en elTet, des matériaux de réserve que la cellule emmagasine pour les consommer ensuite ou lesdistribuer à l’organisme. Par leur nature chimique et leur aspect, les enclaves ou réserves se montrent extraordinairement variées. Quelques mots seulement pour-

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ront être dits ici sur les principales d'entre elles.

I. Graisses. — Les graisses sont parmi les réserves les plus répandues dans les cellules végétales aussi bien qu'animales. Elles se présentent habituellement sous l'aspect de globules ou gouttelettes, que distinguent leur réfringence très grande et la propriété de se colorer en noir par réduction

ni

Fig. 59. — Fragment du corps adipeux d'un Insecte (OEdipoda cærulescens L.).

Cellules remplies de gouttelettes graisseuses. X 25o.

Fig. 60.— Portion du mésentère d’un jeune Rat.

Cellules renfermant chacune une grosse goutte graisseuse. — n, noyau. — p. corps protoplasmique. — g, goutte graisseuse.— es, vaisseaux (capillaires) sanguins. X 25o.

MORPHOLOGIE DE LA CELI.ULK

du télroxyde d'osmium (acide osmique) (fig. 59-61). Des acides gras (stéarique, palmitique, oléique, butyrique, caproïquc, etc.) qui forment la graisse animale, et s’y trouvent soit à l’état libre, soit plus généralement à l'état de graisses neutres ou triglycérides (stéarine, palmitine, oléine, butyrine, caprine, etc.), l'acide oléique et l’oléine seuls peuvent réduire l'acide osmique (Altmann, Starke) ; les autres tixent l'acide osmique sans le réduire et se colorent en brun clair par ce réactif. De là résulte que, suivant la composition chimique des globules graisseux, ceux-ci paraîtront sous différents aspects, après coloration par l'acide osmique : sous l’aspect de globules pleins complètement noirs s’ils sont formés en totalité par de l’acide oléique ; ou sous celui de corps à anneau noir, de corps à capuchon noir, si l'acide oléique se trouve à la périphérie seule du globule graisseux.

Dans les cellules graisseuses des Vertébrés. les globules de graisse confluent d'habitude en une grosse vésicule graisseuse. qui remplit tout le corps cellulaire et refoule le cytoplasme cl le noyau à la périphérie fig. Go el Gi . ("liez les végétaux et les animaux supérieurs, la graisse est formée et accumulée en quantités considérables par des cellules spéciales, les cellules graisseuses ou adipeuses , qui sont pour la plante et pour l'animal les principaux magasins de réserve de l'économie. Ces cellules forment par leur réunion d'importants organes graisseux de réserve. Tels sont l’albumen des graisses dites oléagineuses, le corps adipeux des Insectes (fig. 09), les organes adipeux des Vertébrés ffig. 60).

Les globules graisseux sont le résultat de la transformation de plastes spéciaux, dégranula, comme Altmann et ses élèves l'ont montré. En effet, dans les cellules qui plus tard devront devenir graisseuses, on ne trouve d’abord que des granula, colorables par la fuchsine par exemple, dans la méthode d Altmann, ou par la safranine ; puis, à mesure que s'effectue la transformation graisseuse de ces granula, la partie fuchsinophile ou safraninophile devient de moins en moins importante, tandis que la portion Colombie en noir par l'acide osmique augmente, jusqu'à ce que finalement, complètement transformé, le granulum soit devenu un globule totalement noir (fig. 62). Cette évolution graduelle concorde bien avec ce qu'on sait de la formation physiologique des graisses, dont l'origine doit être cherchée dans des dédoublements des matières protéiques.

Fig. 61. — Cellules graisseuses du lissu conjonctif interstitiel d'un jeune liai.

Traitement par l'acide osmique, qui a coloré la graisse en noir. — n, noyau. — p. corps protoplasmique. — g, goutte graisseuse noircie par le réactif. — le, tissu conjonctif non graisseux. X 25o.

80 CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

II. Amidons, glycogènes et autres. — L’amidon et le glycogène sont des I hydrates de carbone presque aussi répandus que les graisses, l’amidon chez les plantes, le glycogène chez les animaux. Ici encore, il y a vraisemblablement toute une série d’amidons, toute une série de glycogènes.

L’amidon proprement dit, ou « amidon végétal », existe dans les cellules

des plantes sous j la forme de grains, j grains d'amiclon , de taille très variable, de formel sphérique, ovoïde j ou irrégulière ; * l’eau chaude les gonfle et lestrans- 1 forme en empois;!

les solutions iodées leur donnent une teinte bleue | caractéristique, i Les grains d’amidon se distinguent au microscope par une structure stratifiée très nette, étudiée surtout par Nægeli ; ils se composent en ef- ; fet de strates plus

Fig. 62 — Cellules épithéliales de T intestin d'un Triton, montrant les plastes i • , 1 1

formateurs de la graisse en partie transformés en globules graisseux. Claires ei piUS iai-

p, plaste non encore transformé et demeuré safraninophile. — c, plastes 8"®®’ alternant à demi-transformés (corps en croissant et corps annulaire). — g, glo- avec des strates bules graisseux. I

plus foncées et plus étroites (Ligure 63). Cette structure est due, d’après Nægeli, à l’alternance de lamelles 1 plus pauvres et de lamelles plus riches en eau. Les lamelles sont disposées I autour d’un noyau organique plus riche en eau, qui tantôt occupe le centre du grain, tantôt et plus fréquemment est reporté vers le petit bout de l’ovoïde. Il peut aussi y avoir plusieurs noyaux organiques, autour desquels s’agencent des lamelles communes ; le grain d’amidon est alors dit composé.

On a vu plus haut de quelle façon les grains d’amidon se forment soit à 1 l’intérieur, soit à la surface des amyloplastes et des chloroplastes. DSns ces deux cas, la stratification a des caractères différents (Schimper). Si le grarn d’amidon prend naissance à l’intérieur d’un amyloplaste, comme toutes ses parties sont également nourries et accrues par la substance de l’amyloplaste, qui l’entoure de toutes parts, les lamelles ont partout une épaisseur égale. 1 Dans le cas, au contraire, où il naît à la surface de l’amyloplaste, la portion du grain d’amidon voisine de ce corps producteur, étant plus abondamment .

MORPHOLOGIE DE LA CELLULE

nourrie et mieux pourvue de substance formatrice, ses lamelles sont plus épaisses, tandis qu’elles sont plus minces du côté opposé au foyer de production ; il en résulte que le noyau organique est repoussé de plus en plus loin de la surface de l’amyloplaste, et prend une situation de plus en plus excentrique dans le grain d’a-

Fig. 63. — Grains d'amidon da frail de la Pomme de terre (Solanum tuberosum). X 2bo.

midon .

Les Protozoaires renferment des enclaves voisines de l’amidon végétal par leur nature chimique, mais en différant par certains caractères, en particulier par l’absence de coloration bleue par l’iode. Ce sont le zooamylon (Maupas) ou par aglg cogène ( Bütschli ) et le pctramylon (fig. 64).

Le glycogène ou « amidon animal », découvert par Cl. Bernard et par Rouget dans les cellules hépatiques et dans la plupart des tissus animaux, étudié ensuite surtout par Cl. Bernard et par Schiff, joue,

comme matière de réserve de l’organisme animal, un rôle aussi important que l’amidon chez les plantes. Le nom d’amidon animal qu’on lui a quelquefois donné vient autant de ce que son rôle est analogue à celui de l’amidon des plantes, que de ce qu’il est un isomère chimique de cette substance. Il ne se comporte pas autrement que l’amidon ; car, dans certaines circonstances, il est digéré par la cellule et transformé en glucose assimilable. Sa répartition dans les cellules est très étendue ; il n’est aucune espèce de cellule qui, à un moment donné, ne contienne une provision plus ou moins abondante de glycogène.

Le glycogène formant avec Peau, sinon de véritables solutions, tout au moins des pseudosolutions opalescentes de consistance très fluide, cette provision glycogénique existe dans les cellules à l’état dissous, sous forme de gouttelettes, qui imbibent le cytoplasme, sans pénétrer le noyau. Si l’on colore par l’iode une cellule riche en glycogène, cette cellule prend une teinte brun-acajou caractéristique. Dans le cas de cellules mortes, tuées par divers réactifs, l’alcool par exemple, la coloration caractéristique du glycogène se localise à de petites masses, qui représentent le glycogène précipité par les réactifs. Ces granules sont donc le substratum du glycogène ; et on peut, pour cette substance comme pour les autres matières de réserve,

Fig. 64 — Monocystis Lumbrici Hb&ile, avec zooamylon.

fl, grains de zooamylon.— c, touffe de cils. X i5o.

Cytologie.

CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

distinguer, en outre de la réserve elle-même, un corps albuminoïde ou stroma qui est ici, sinon le producteur, du moins le substratum du glycogène (Barfurth), et qu’on peut comparer aux plastes desquels naissent les autres matériaux de réserve.

L 'inuline est une substance très voisine de l’amidon, qu’on trouve à l’état dissous dans le thalle de certaines Algues [Acelabularia), les bulbes des Liliacées, les tubercules du Dahlia et du Topinambour. Elle ne prend une

forme figurée qu 'après avoir été précipitée, puis redissoute ; elle cristallise alors en sphéro-cristaux caractéristiques, c’est-à-dire en amas sphériques de cristaux rayonnants.

III. Matières protéiques. — Outre les leucites ou plastes, qui sont tous des corps protéiques, les cellules contiennent un certain nombre d’enclaves défi ni.tiv.es appartenant à cette catégorii chimique. Il ne sera question ici que des grains d’aleurone des plantes et des enclaves vitellines des œufs animaux.

Grains d’aleurorie. — Ce sont des ma tériaux de réserve qui s’accumulent dans l’albumen et l’embryon des graines, pen dant la période de vie latente qui précède la germination. De forme et de grandeur variables, les grains d’aleurone sont insolubles dans l’alcool, très solubles au contraire dans l’eau, d’où la précaution, quand on veut les voir, de les examiner dans un liquide ne contenant pas d’eau. Ils sont constitués par diverses matières albuminoïdes analogues au gluten ( glu ténine et gliadine) des céréales, à la conglutine des légumineuses, etc.

Longtemps considérés comme des leucites particuliers, on tend aujourd'hui, d’après les recherches de Went et de Van Tieghem, à n’y voir que des hydroleucites desséchés, parle fait de la dessicca tion même de la graine, qui perd son eau en passant à l’état de vie ralentie.

Les grains d’aleurone, renferment habituellement des enclaves qui peu vent être de trois sortes : des globoïdes , des cristalloïdes et des cristaux

(fig. 65-67).

Les globoïdes, qui doivent leur nom à leur forme globuleuse, ne manquent jamais dans les grains d’aleurone où ils existent souvent en grand nombre. Leur substance, généralement soluble dans l’eau comme dans tous les acides, consiste en glycérophosphate ou malophosphate de calcium et de magnésium.

Les cristalloïdes sont de nature protéique; l’eau les gonfle; les solutions

Fig. 65. — Albumen du Ricin (Ricinus africamis), avec grains d'aleurone.

A, cellule de l’albumen examinée dans la glycérine. — B. après addition d’eau. — a, grain d’aleurone. — g, globoïde. — c, cristalloïde. X 5oo.

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alcalines et les acides faibles les dissolvent ; ils cristallisent tantôt dans le

système cubique, tantôt dans le système hexagonal. On verra plus loin qu’ils sont de véritables cristaux; le nom déjà ancien et impropre de cristalloïdes rappelant uniquement une certaine variabilité de formes qu’ils doivent au peu de stabilité de leur substance et à sa grande sensibilité aux réactifs.

Les autres cristaux sont formés par de l’oxalate de calcium et se trouvent en aiguilles et en cristaux isolés ou groupés sous forme de macles.

Enclaves vitellines. — Tous les œufs élaborent en quantité plus ou moins grande, et souvent très considérable, un matériel nutritif destiné à faire les frais des premiers développements de l’embryon, qu’on appelle le vitellus , nutritif, ou brièvement le vitellus , le lécithe, communément le jaune de l’œuf (fîg. 68). Le vitellus se compose de substances chimiques très différentes, èt ces substances se présentent sous des formes variées. Il

contient en effet des graisses, des lécithines, des protagons et leurs dérivés, cérébrine, jéconine, et surtout des matières protéiques, variables suivant les espèces animales (vitelline, ichthydine, émydine, etc.), qui toutes renferment du phosphore et appartiennent au groupe des pseudonucléines. Les formes qu’affectent ces substances sont très variables et d’autant plus compliquées que l’œuf est plus chargé de matériaux vitellins, que le lécithe est plus abondant.

L’état morphologique sous lequel se montrent les matériaux vitellins est donc en rapport avec la quantité de vitellus contenue dans l’œuf. La quantité de la réserve vitelline est à son tour commandée par son mode de répartition dans le plasma ovulaire. Sous ce rapport, on distingue d’abord des œufs alécithes (Balfour), qui ne contiennent que très peu de vitellus, ou plutôt dans lesquels le vitellus est distribué dans le corps cellulaire d’une manière uniforme (œufs homolécithes de Hallez) (Spongiaires, Nématodes, Echinodermes, Mammifères). Dans d’autres œufs ( télolécithes de Balfour), le vitellus, qui est souvent très abondant, est accumulé à l’un des pôles de l’œuf, au pôle dit végétatif, soit que le vitellus et le protoplasma soient encore mélangés dans la région végétative

f-es grains contiennent soit un petit cristalloïde et un ou deux cristaux (cellules supérieures), soit rien que des cristaux (cellule moyenne), soit un cristalloïde et un globoïde (cellule inférieure).

Remarquer que chaque cellule ne contient qu’une seule variété de ces grains.

Fig. 66. — Albumen de la Noisette (Corylus avellana) avec grains d’aleurone.

Dans la cellule inférieure, un grain d’aleurone volumineux avec amas cristallin: dans la cellule supérieure, plusieurs grain s d’aleurone plus petits contenant chacun un cristalloïde.

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de l’œuf (œufs mixolécithes d’ÜENNEGUY) (Mollusques, Amphibiens), soit qu’il y ait séparation absolue de ces deux substances (œufs amictolécithes d’HENNEGUY) (Poissons osseux et Sélaciens, Reptiles et Oiseaux). Enfin, chez les Insectes, le vitellus est concentré au centre de l’œuf (œufs centrolécithes de Balfour).

D’après ce qui précède, c’est dans les œufs homolécithes des Echinodermes, des Nématodes, des Mammifères, etc., qu’on trouvera les formes les plus simples et les plus petites de matériel vitellin ; ce seront

Fig. 68. — Œuf d'une Arachnide (Phalangium sp.), avec enclaves vitellines, n, noyau. — nv, noyau vitellin. — v, enclaves vitellines. X 25o.

des sphérules vitellines de taille variable. Dans les œufs télolécithes des Amphibiens, des Sélaciens, des Reptiles et des Oiseaux, le matériel vitellin se trouve sous une forme plus compliquée, et ses éléments sont plus volumineux. Les particules vitellines, en effet, au lieu d’être libres, comme dans le cas précédent, s’agrègent en des corps plus volumineux et plus compliqués, qu’on peut appeler du nom générique de sphère vitelline , bien que leur forme ne soit pas toujours sphérique, et que l’on peut aussi désigner du nom de « cytoïdes vitellins » (His), à cause du faux aspect de cellules que les sphères vitellines présentent.

Les particules élémentaires du vitellus ont, chez la plupart des Vertébrés, la forme de sphérules. Celles des œufs d’Amphibiens et de Sélaciens ont une

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forme tabulaire et sont pour cette raison connues sous les noms de « tablettes » ou « plaquettes vitellines » (fig. 69). Ces corps tabulaires, de nature protéique, décomposables en lamelles superposées, ont, suivant les uns, nonseu-

lement l’apparence, mais encore même la constitution cristalline, tandis que d’autres leur refusent ce caractère. Ils se forment, d’après Henneguy, dans des parties condensées du plasma ovulaire dites « corps fusiformes », que O. Hertwig a découvertes.

L’œuf des Oiseaux et des Reptiles présente les formes les plus compliquées de matériaux vitellins. On sait que la cellule-œuf de la Poule est représentée par le jaune de l’œuf ; car le blanc d’œuf n’est qu’une masse accessoire et surajoutée. Le noyau et le protoplasma cellulaire n’occupent qu'une place très minime dans le jaune, dont la masse principale est formée par le vitellus nutritif. Celui-ci renferme des

sphères vitellines de deux sortes chimiques principales (fig. 70) : des vésicules graisseuses et des vésicules albuminoïdes (vitellines) ; ces dernières

Fig. 69. — Sphère vitelline avec plaquettes vitellines, dans le périblasle ( région riche en vitellus ) du germe de la Torpille (Torpédo ocellata).

sv, sphère vitelline (cytoïde vitellin). — pv, plaquettes vitellines incluses dans cette sphère et décomposées en lamelles.— c, cellules du germe disposées autour de la sphère. X 1000. D’après His.

Fig. 70. — Eléments du vitellus jaune, dans le sac vitellin d'un embryon âgé d’Orvet (Anguis fragilis L.).

e, épithélium du sac vitellin. — g, sphères ou vésicules graisseuses (noircies par l’acide osmique). — u, sphères ou vésicules vitellines proprement dites, de nature albuminoïde (vitelline). — os, vaisseau sanguin. X 35o.

sont des sphères molles, souvent très grandes, ponctuées de grains albuminoïdes, ou bien décomposées en sphérules plus petites qui, une fois utilisées et dissoutes, laissent à leur place des vacuoles. Le vitellus blanc contient de même des sphères albuminoïdes, d'ailleurs plus petites en général que dans le vitellus jaune, formées elles-mêmes de sphérules juxtaposées.

IV. Enclaves cristallines. — Sels cristallins. — Ils sont très répandus dans le monde végétal, l’oxalate de calcium surtout. Il s’y présente tantôt sous forme de petits granules de structure cristalline, tantôt en macles

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(fig. 71), plus souvent à l’état de raphides, c’est-à-dire de faisceaux d'aiguilles (Liliacées, Aroïdéesj (fig. 72), baignant dans le suc cellulaire, mais recouverts par une couche très mince de protoplasma. Dans les cellules végétales où ils sont formés en extrême abondance, ou bien qui logent un cristal très volumineux, le corps protoplasmique et le noyau ont disparu de la cellule, qui n’est plus qu’un simple sac à cristaux.

On a trouvé dans un certain nombre de cas pathologiques chez l’Homme des cristaux aciculaires (cristaux de Charcot- Poehl a montrés être formés par

Fig. 71. — Cellules du parenchyme cortical du pédoncule floral d’Althaea rosea, l'une avec une macle d'oxalate de chaux.. X 125.

Leyden , cristaux de Boettcher ), que 1joehl a un phosphate d’une substance organique bien définie, la spermine , et que Lubarsch a trouvés dans les éléments séminaux vivants.

Les cristaux à'urcites, de guanine , de xanthine forment un petit groupe bien naturel ; ce sont des produits d’excrétion éliminés par des cellules excrétrices, les cellules du rein par exemple. Celles du rein des Gastéropodes Pulmonés en donnent un beau spécimen; chacune d’elles contient un beau cristal d’une substance encore inexactement déterminée (guanine ou acide urique) (fig. 73).

A citer encore, parmi les enclaves minérales, les grains de soufre que renferment les Bactéries sulfurées (fig. 74).

Cristaux albuminoïdes. — Les premiers connus, ceux qui sont le véritable prototype de toutes les formations cristallisées de nature albuminoïde, sont les cristalloïdes des grains d’aleurone, découverts par Hartig. Nægeli, qui les a le premier bien étudiés, leur a donné le nom de cristalloïdes pour les distinguer des cristaux ordinairement connus, et ils se différencient en effet par l’inconstance de leurs angles, la faculté d’imbibition et de gonflement, leur accroissement par intussusception, c’est-à-dire par incorporation de particules nouvelles qui viennent se placer dans la masse même du cristalloïde, au lieu que la plupart des cristaux s’accroissent par apposition, c’est-

Fig. 72. — Cellules à raphides de la feuille de Jacinthe (Hyacinthus orientalis). X 25o.

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à-dire par le dépôt de substance formatrice à leur surface môme. Schimper s’est efforcé ensuite de caractériser ces formations au point de vue cristallographique et de compléter nos connaissances sur leurs propriétés physiques.

Depuis lors, la collection des cristalloïdes albuminoïdes s’est accrue considérablement. On les a trouvés, en effet, non seulement dans les tissus végétaux, mais encore dans les tissus animaux ; le noyau, tout comme le corps protoplasmique , peut en contenir ; enfin, la liste n est pas terminée des corps qu’on peut qualifier de cristalloïdes, car il existe une foule de corps figurés, dont la forme est très obscurément géométrique, mais qui, étudiés de près, révéleront probablement leur structure cristalline et prendront peut-être rang auprès des « cristalloïdes » de Hartig. Les cristalloïdes nucléaires, dont il doit être dit un mot, bien que strictement il ne s’agisse dans cet article que d’enclaves du corps cellulaire, ont été décrits dans un grand nombre de cellules, entre autres dans les cellules nerveuses, dans différents œufs, et

surtout par A. Zimmermann, Poirault et d’autres dans des cellules végétales, telles que celles des feuilles de Fougères (fig. 75, 76). Quant aux cristalloïdes du corps cellulaire, la liste des localités où on les a signalés serait plus nombreuse encore à dresser. Deux exemples pourront suffire à en donner une idée. L’un sera celui des cristalloïdes des grains d’aleurone, sur lequel il n’y a plus à revenir (fig. 65). L’autre exemple sera fourni par les cristalloïdes que renferment les cellules testiculaires chez les Mammifères et chez l'Homme notamment. On sait qu’entre les tubes séminifères dont se compose le testicule, il existe des cellules spéciales, dites « cellules interstitielles » ; c’est à l’intérieur de ces cellules, et aussi en dehors d’elles que Reinke a trouvé les cristalloïdes qui portent son nom (fig. 77). Ce sont des corps déformé cristalline, volumineux, électivement colorables, constitués sans doute par des globulines.

Enfin, il faut ajouter à la liste des cristalloïdes une foule de corps qui

Fig. 74. une Bactérie sulfurée. le Monas Okenii (?) avec grains de soufre.

Dans l’une de ces Bactéries, les grains de soufre ont disparu, laissant à leur place des vacuoles. X 1000.

Fig. 73. — Groupe de cellules du rein de l'Escargot (Hélix aspersa) avec cristal de guanine ou d’acide urique.

c, cristal. — n, noyau de la cellule. X 25o.

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représentent en quelque sorte des formes cristalloïdes très imparfaites au point de vue géométrique, et cependant peuvent être rapprochés des cristalloïdes précédents, à cause de leurs réactionset des conditions dans lesquelles ils se produisent. On peut ranger dans cette catégorie les plaquettes vitellines des œufs, mentionnées précédemment ; les grains ou bâtonnets acidophiles des globules blancs ; des corps bactéroïdes ou bacilliformes trouvés dans les cellules les plus variées (fig. 78); les rhabdites des Turbellariés (fig. 79), c’est-à-dire de petits corps que ces animaux rejettent à la surface de leur corps pour leur servir de moyens de défense ou d’attaque, etc.

Depuis Nægeli, les cristaux protéiques ont été distingués des autres substances cristallisées par le nom de cristalloïdes, qui, pris à la lettre, signifie que les matières albuminoïdes n’ont que l image et non point la nature de vrais cristaux. Cette expression de cristalloïde a été employée comme synonyme de cristal imparfait. Mais s’il peut y avoir imperfection dans la forme géométrique d’un cristal, et si l’expression de cristalloïde s’adresse exactement aux cristaux de forme imparfaite, il faut bien se

Fig. 75. — Cellule nerveuse du ganglion cervical supérieur dans le sympathique du Hérisson (Erinaceus européens L.), avec un cristalloïde nucléaire.

Le cristalloïde a la forme d’un bâtonnet. X 75o.

garder de voir dans le cristalloïde un stade intermédiaire entre la matière

Fig. 76. — Noyaux cellulaires de divers végétaux , contenant des cristalloïdes protéiques , d’après

A. Zimmermann.

amorphe et la matière cristallisée. Un pareil intermédiaire ne peut exister, parce qu’il n’y a dans la nature que des corps amorphes et des cristaux. Le terme de cristalloïde n’a qu’un sens morphologique et non physique, et il conviendrait de l’abandonner pour celui de cristal, qu’on emploiera sans scrupule toutes les fois que la forme nettement régulière permettra de sup-

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Iém|é

poser qu’on trouvera à l’examen cristallographique les propriétés caractéristiques de la structure cristalline.

c) Corps étrangers. — Les enclaves sont, dans l’immense majorité des cas, des produits de l’activité cellulaire; ce sont là les véritables enclaves. Mais, outre celles-là, on trouve encore fréquemment dans la cellule des corps étrangers. Ceux-ci sont à leur tour de deux ordres.

Ce peuvent être des corps englobés, et ces corps sont très variés. Ici, c’est une Amibe qui engloutit, en l’entourant de ses pseudopodes, une proie vivante,

une Diatomée entière. Là, c’est un globule blanc qui englobe des débris de

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Fig. 77. — Cellules interstitielles du testicule de l'Homme, avec cristaux de Reinke. X 3oo.

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