HAIN
vise.
Voici d’abord, sous le premier point de vue, les divers cas qui peuvent se présenter.
L’appareil complet peut persister dans certaines cellules que l’on con-
CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE
sidère comme des éléments au repos. Ainsi, dans les leucocytes de la Salamandre, dans les cellules épithéliales des Salpes, il résulte des observations de Flemming, Heidenhain, Ballowitz, qu'un centre cellulaire paraissant complet siège à côté du noyau, dans la concavité duquel il est logé(fig. 148). Comme les formes lobées et creusées de noyau peuvent être attribuées, comme on le verra plus tard (livre IX), à la division du noyau, à un mode particulier de segmentation nucléaire, appelé division directe, il devient difficile de regarder ces cellules où le centre cellulaire se retrouve avec sa presque entière complexité comme des éléments au repos.
Dans d’autres éléments, comme dans les cellules testiculaires par exem
Fig. 1^9. — Vue de face des cellules épilhé Haies de la glande ihgroïde de /’ Homme i avec les corpuscules centraux.
c, centrosome nu, bicorpusculaire. — k, cadres qui limitent les cellules ( Kilt leisten). D’après une préparation de Heidenhain. X 1000.
pie, le centrosome entouré de la sphère constitue le centre cellulaire, duquel l’irradiation astrale a disparu.
Ailleurs encore, comme dans beaucoup de cellules épithéliales, le centrosome est nu, et l’on ne peut déceler autour de lui la moindre aréole de cytoplasme différencié, capable de représenter une sphère (fîg. 149).
Enfin, dans beaucoup de cellules au repos, il faut bien avouer que la recherche du centrosome a été jusqu'ici infructueuse. Cependant l’existence d’un centre cellulaire, tout au moins figuré par un simple corpuscule central, doit être considérée comme très générale.
Sous le second point de vue, chacune des parties dont le centre cellulaire se compose peut présenter des modifications plus ou moins profondes, assez grandes parfois pour que cette partie devienne au premier abord méconnaissable et qu’elle ne puisse être d’emblée attribuée au centre cellulaire.
Pour ce qui est du centrosome, voici quelques exemples de déviation
Fig. i5o. — Deux cellules séminales ( spermies ) du Cobaye, avec Nebenkern ( idiozome ).
cc, centrosome bicorpusculaire. — i, idiozome ou Nebenkern. — c. chr, corps chromatoïde. xiooo. D'après Meves.
MORPHOLOGIE DE LA CELLULE
du type morphologique établi ci-dessus. Boveri aperçut, dans les cellules en division, à l’intérieur de son centrosome, un corpuscule plus petit, qu’il appela « centriole » et qu’il identifia au corpuscule central, distinguant ainsi le corpuscule central et le centrosome jusqu’alors regardés comme identiques (fig. 147)- M. Heidenhain vit, sur des cellules géantes de la moelle des os, que le corpuscule central n’est pas toujours simple ou double, mais qu'il peut être multiple, et il créa le terme de « microcentre » pour désigner d'une façon générale soit un corpuscule central unique, soit tout un groupe de corpuscules lui équivalant. K.-W. Zimmermann, en étudiant des cellules pigmentaires, arriva à ce résultat, que le centrosome n’a pas toujours la forme arrondie qu’on avait d’abord observée, mais qu’il peut affecter des formes très variées et très irrégulières, telles que celle d’un réseau. Ces trois exemples qui viennent d’être donnés forment une série dans laquelle le corps observé et considéré comme centrosome s’écarte de plus en plus du type premier, et dans laquelle aussi, à mesure qu’on s’éloigne du point de départ, sa signification comme centrosome devient plus problématique.
Pour la sphère et pour l’aster, plus encore que pour le centrosome, la diversité de leur forme et de leur structure apparut aussi de plus en plus grande, à mesure que les recherches se multipliaient. Si l’on réunit la sphère et l’aster en une astrosphère (brièvement sphère) (ce qui correspond mieux peut-être à la réalité que de les distinguer l’une de l’autre, comme nous avions dû le faire dans l’analyse microscopique du centre cellulaire), on peut dire que la sphère s’est montrée tantôt simplifiée, tantôt déformée par rapport au schéma primitif. Celui-ci nous offrait la sphère ou astrosphère sous l’aspect d’un corps sphérique englobant le centrosome (la sphère proprement dite) et s’entourant lui-même d'une puissante irradiation de fibres (aster) qui s’étendent dans la cellule entière et rayonnent au loin comme un soleil. Après van Beneden, des figures très complètes de cette formation astrale ont été données par M. Heidenhain, Rawitz, Drüner, etc.
La sphère se simplifie par la disparition de cette couronne astrale et par la perte de toute différenciation en zones concentriques distinctes. Elle se réduit alors, comme on l’a vu plus haut, à une masse sphérique, formée d’une substance plus colorable que le cytoplasme ordinaire, qui renferme en son milieu un ou deux corpuscules centraux, ('/est sous cette forme très simplifiée que la sphère se présente habituellement dans les cellules au repos. La sphère, réduite à un amas de substance spéciale entourant le corpuscule central, a reçu de Boveri et de Benda les noms d’ « archoplasme » et d’ « archiplasme ».
Une place à part semble devoir être faite aux cellules séminales et ovulaires, spermatocytes et ovocytes, dont voici, à ce point de vue, l’histoire sommaire. Elle peut être divisée en trois périodes principales. Dans une première, on se borne à constater dans les cellules séminales et ovulaires l’existence de corps très particuliers et caractéristiques que nous connaissons déjà : « le noyau » ou « corps accessoire » ( Nebenkern , Nebenkôrper) pour les cellules séminales (fig. i5o), le «noyau »ou « corps vitellin » ( Dotter kern) pour les ovocytes (fig. i5i), formations d’ailleurs homogènes et correspondantes. Dans un deuxième stade de nos connaissances, on ne se contenta plus d’admettre la spécificité et la singularité de ces corps, et on s’efforça
CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE
d’en trouver la signification, en les rattachant à d’autres que l’on connaissait pour très généralement répandus dans les cellules. La constatation significative du corpuscule central à l'intérieur du Nebenkern des cellules séminales et même du noyau vitellin des ovocytes (constatation due à Hermann, Niessing, .Mèves, van der Stricht, etc.) permit alors de rattacher ces corps
à la sphère attractive des autres cellules. De nouvelles recherches de Meves marquent une troisième période, avec laquelle il semble que nous revenions au point de départ, tandis qu’au contraire un pas décisif est fait dans une autre direction. N’ayant pu constater que la prétendue sphère des spermatocytes au repos devient la véritable sphère puissamment et typiquement développée, de ces mêmes cellules en voie de division, Meves conclut que la substance de cette dernière est néo formée et que la substance de la première est de nature spéciale ; c’est pour cette raison
Fig. i5i. — Ovocyte d'une Araignée ( Tegenaria domestica L.), “il '1 '
avec noyau vitellin ou Dollerkern. qu lt donne à la prC-
n: noyau. — nv, noyau vitellin. x5oo. tendue Sphère des Sper-
matocytes au repos un
nom particulier; il l’appelle g idiozome », ce qui signifie zone propre. On verra plus loin ce que pourrait être l’interprétation de ces derniers résultats et comment s’esquisserait d’avance une quatrième période de nos connaissances sur ce sujet.
Article 3. - INTERPRÉTATION DES FAITS. SIGNIFICATION MORPHOLOGIQUE