‹ Traité d'histologie : (volume 2)Chapitre 69 sur 163 · II. Degré de la différenciation · texte numérisé non relu

II. Degré de la différenciation

Le degré de différenciation cellulaire des organismes varie dans des limites très considérables, depuis les êtres acellulaires jusqu’aux organismes pluricellulaires les plus compliqués.

Dans l’échelle de la différenciation se trouvent placés tout à fait en bas les êtres dits acellulaires , chez lesquels la masse de substance n’est pas partagée en territoires cellulaires distincts, chez qui il n’existe pas de cellules différenciées. On oppose cette structure acellulaire ou continue à la structure cellulaire ou cloisonnée. Il faut ici citer les Algues de la famille des Siphonocladiées ( Bryopsis , Caulerpa , Udoteci , Vaucheria ), les thalles des Mu cors, les Protozoaires multinucléés, tels que les Opalina, les Myxidium , et tous les organes à constitution symplastique des êtres supérieurs.

Il y a parmi les organismes doués de la constitution cellulaire bien des états différents, plus ou moins perfectionnés au point de vue de la différenciation cellulaire.

Une colonie linéaire de cellules, telle qu’un filament de Conferve, ne forme pas un agrégat différencié, car chaque cellule est capable de reproduire l’agrégat entier, et aucune ne se distingue des autres par une structure particulière, par une fonction spéciale ( fîg. 248).

CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

Au contraire, dans certains êtres en forme de colonies massives, les cellules périphériques se distinguent des cellules centrales, parce qu’étant en contact avec le milieu ambiant, avec l’eau où vivent ces êtres, elles prennent des particularités structurales qui font défaut aux cellules centrales et, par exemple, acquièrent des fouets vibratiles. Il en est ainsi pour beaucoup de formes larvaires vivant librement dans l'eau, telles que les larves Plamila des Hydroïdes, et pour des formesanimales adultes (Dicyémides, Orthonectides et autres) dont on a voulu faire le groupe des Mésozoaires, intermédiaire aux Protozoaires et aux Métazoaires. C’est ainsi que le corps d’une larve Planula, comme celui d’un Orthonectide, se compose de cellules périphériques ectodermiques, bien différentes des cellules entodermiques centrales (fig. 249 et 25o).

Chez le plus grand nombre des Métaphytes et des Métazoaires, l’organisme est un massif cellulaire bien plus épais et plus compact, et la différenciation cellulaire devient plus profonde et plus variée. Il en résulte, particulièrement chez les Métazoaires, la différenciation de cellules de relation, destinées à mettre en rapport les cellules les plus profondes avec le milieu extérieur et entre elles (cellules sensibles et nerveuses), à mouvoir les uns sur les autres les éléments composants de l'ensemble et à déplacer l’ensemble de l’organisme lui-même (cellules musculaires), ayant encore pour but de soutenir la masse entière du corps (cellules squelettiques).

Fie. 248. — Schéma d’un filament d’ Algue ( Con fervé) comme type d’un organisme à constitution linéaire.

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