‹ Traité d'histologie : (volume 2)Chapitre 80 sur 163 · I. DlVISIOxN physiologique · texte numérisé non relu

I. DlVISIOxN physiologique

Les cellules sensorielles ou æsthétiques sont les éléments récepteurs, c’est-à-dire les premières cellules sensibles atteintes par l’excitation périphérique et chargées de la recueillir ; pour cette raison, ce sont celles qui se présentent les premières à notre étude. Elles se classent, tout naturellement, au point de vue physiologique, selon les excitants divers

CELLULE SENSIBLE

qu’elles sont plus spécialement destinées à recevoir. Une telle classification, objective, fondée sur la nature intrinsèque de l’excitant (celle par exemple de Beer, Bethe et Uexküll que nous suivrons), a beaucoup plus de valeur, parce qu’elle est beaucoup plus solide qu’une classification subjective, que la division des cellules sensorielles selon les diverses sensations qu’elles procurent, selon les divers sens dont jouit l’organisme animal. Elle est la seule acceptable au point de vue de l’histophysiologie comparée et doit remplacer celle du langage courant.

Les cellules sensorielles, æsthétiques ou réceptrices, ou, ce qui revient au même, les organes des sens, organes récepteurs ou æsthètes pourront être divisés de la façon suivante :

Tantôt un même organe récepteur peut enregistrer des excitations qualitativement différentes, tantôt l’organe récepteur est adapté à un excitant déterminé et n’est sensible qu’à celui-là ; le premier est un organe récepteur anélectif , le second un organe récepteur électif. Voilà une première grande division.

Le plus habituellement les organes anélectifs sont diffus et répartis sur tout le corps (cellules sensorielles des Vers de terre).

Les organes électifs doivent leur spécificité à ce que parmi les excitants variés qui les rencontrent, un seul peut produire en eux des changements d’état capables de faire naître une excitation Leur électivité est assurée de deux façons différentes.

Dans le premier cas, l'organe de réception, grâce à sa situation toute particulière dans le corps, ne peut être intéressé physiologiquement que par une seule sorte d’excitant (organe récepteur topo-électif ou électif par situation). Ce sont ceux qu’on peut appeler tango-récepteurs, c’est-à-dire ceux dans lesquels les réactions succèdent à des contacts, à des excitations mécaniques. Ils doivent leur fonction spéciale, soit à leur situation profonde (organes du tact chez les Vertébrés), soit à des dispositions protectrices qui les défendent par exemple contre les irritants chimiques (poils chitineux des Arthropodes).

Dans le second cas, l’élément électif doit son électivité à ce que des excitations, telles que la lumière, des substances chimiques en solution faible, qui seraient sans efficacité sur les nerfs, sont capables de l'ébranler et de le transformer ; ce sont des éléments électifs par transformation. Selon les excitants, on en distinguera plusieurs variétés. Les organes phono-récepteurs ne sont impressionnés que par les ondes sonores, grâce à leur situation profonde et à des dispositifs protecteurs ; ils correspondent au sens de l’audition. Les organes slaio-récepteurs et rotalo-récepleurs ne sont influencés, grâce à leur situation profonde et à certaines défenses, que par des mouvements ; ils représentent le sens de l’espace et de l’équilibre. Les organes chemo-récepteurs ne sont impressionnables que chimiquement, ne peuvent transformer en excitations nerveuses que des excitations chimiques. Les uns sont dits stibo-récepteurs , permettant des réactions vis-à-vis de substances chimiques éloignées (substances odorantes), réactions qui servent à la recherche de la nourriture ou à la recherche sexuelle ; ils donnent le sens de l’odorat. Les autres, dits gusto-récepteurs, assurent les réactions aux substances chimiques du voisinage immédiat; ils sont les

CJ

Fig. 274. — Ganglion nerveux et partie adjacente du tégument d'un Lumbricus.

En g, coupe du ganglion nerveux (partie de la chaîne nerveuse ganglionnaire ou névraxe). — En ep, l’épiderme. — En es, cellules sensorielles de l’épiderme ; f, leurs fibres centrales. — n, nerf formé par ces fibres, dont l’une est colorée en noir et envoie son axone sur les muscles. — cnm, cellules nerveuses motrices du ganglion. — mfim2, muscles transversaux et longitudinaux. Méthode de Golgi. D’après v. Lenhossèk, un peu modifié.

de l’organisme, tantôt s’enfoncent dans la profondeur. Dans le premier cas, elles sont les cellules sensorielles proprement dites; dans le second cas, elles sont les cellules sensorielles ganglionnaires. Voilà un premier élément de classification morphologique; c’est la situation des cellules sensorielles.

De plus, les cellules sensorielles tantôt présentent elles-mêmes des dispositifs particuliers qui assurent la réception de l’impression périphérique ;

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organes du goût. Viennent ensuite les organes photo-récepteurs , chez lesquels les ondes lumineuses sont seules l’excitant efficace, protégés par des enveloppes transparentes contre les excitants mécaniques et chimiques ; ils donnent le sens de la vue. Enfin les organes lhermo — ou caloro-récepteurs 1 sont ceux dans lesquels l’excitant spécifique est le rayon calorifique (sens de la température).

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