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I. Tissu de soutien et membranes protectrices

A. Tissu de soutien mésenchymateux. — La cellule nerveuse est nue,

Fig. 347.— Cellule nerveuse du ganglion cervical supérieur dans le sympathique du Lapin , avec enveloppe conjonctive nucléée.

en, cellule nerveuse. — n, noyaux de l’enveloppe conjonctive. X 370.

dépourvue de membrane d’enveloppe.

Mais, très souvent, le tissu mésenchymateux ou conjonctif du voisinage s’organise autour d’elle en une enveloppe protectrice ou capsule , qui est formée d’un ou plusieurs feuillets, sur lesquels sont appliqués des noyaux appartenant aux cellules qui composent cette capsule. Tel est le cas pour les cellules des ganglions spinaux et sympathiques (fig. 347) •

Nous connaissons le tissu conjonctif qui entoure le nerf, ou périnèvre, celui qui le pénètre ou endonèvre. Nous savons que même les cellules du névrilemme et la myéline ont été attribuées par la plupart des auteurs à des cellules mésenchymateuses qui se seraient appliquées secondairement sur les axones, sur les fibres nerveuses.

CELLULE SENSIBLE

Non seulement les cellules nerveuses et les tubes nerveux sont entourés, mais ils sont même pénétrés par des éléments mésenchymateux étrangers. D’après les observations d ’Adamkiewicz et de Holmgren, des capillaires sanguins s’enfoncent dans le corps cellulaire même des cellules nerveuses.

Fig. 348 .— Cellule nerveuse d'un Gastropode (Hélix pomatia L.) pénétrée par des éléments névrogliques . en, cellule nerveuse. — n, son noyau. — ne, cellules névrogliques, dont l’une envoie des pro longements dans le cytoplasme de la cellule nerveuse. X 3jo.

Les canaux que renferme aussi ce corps cellulaire ne seraient, d’après Holmgren, que des canalicules lymphatiques qui du dehors auraient pénétré à l’intérieur de la cellule. Le même auteur et Bochenek ont enfin montré que les cellules nerveuses et les tubes nerveux sont traversés d’outre en outre par des éléments venus de l’extérieur, qui du reste appartiennent plutôt à la catégorie dont il va être maintenant question.

B. Tissu de soutien épithélial. — Nous décrirons sous le nom de névroglie et nous étudierons plus loin (Livre VIII) un tissu de soutien d’origine épithéliale et ectodermique comme le tissu nerveux lui-même, qui contracte avec les éléments sensibles des relations souvent très étroites.

CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

Ce tissu forme, comme on le verra plus tard, une charpente de soutien aux éléments des centres nerveux qui sont logés dans ses mailles. De plus, d’après certaines observations, entre autres de Rohde, les éléments névrogliques contracteraient avec les cellules nerveuses des rapports plus intimes encore et pénétreraient dans leur intérieur. Holmgren et Bochenek ont récemment observé que les éléments de soutien, sans doute névrogliqués, qui entourent les cellules et les fibres à1 Hélix et des Vertébrés, envoient des prolongements et pénètrent eux-mêmes dans les éléments nerveux (fîg. 348).

II. Relations avec les éléments réactionnels, terminaisons nerveuses.

Les cellules nerveuses motrices se mettent en rapport par des fibres nerveuses avec les éléments variés chargés de réagir et se terminent sur ces éléments. Les terminaisons nerveuses se font au niveau d’éléments très divers, des cellules musculaires, des éléments électriques, des cellules glandulaires, des cellules pigmentaires, etc. Il y a donc des terminaisons nerveuses musculaires , électriques , glandulaires , pigmentaires , et des nerfs moteurs musculaires, électriques, etc.

Les excitations apportées par ces nerfs produiront des réactions variées,

Fig. 3^9. — Cellule pigmentaire de la peau de la tête du Brochet et ses nerfs.

Sphère attractive figurant une tache claire centrale. Noyaux représentés par deux taches claires elliptiques, situées excentriquement. Nerfs eh noir; ceux delà face de la cellule tournée vers l’observateur, en noir plus foncé; ceux de la face opposée en gris; passage en certains points y des nerfs de l’une des faces à l’autre. — a, a, extrémités des nerfs supposées sectionnées. Demischématique. Liq. de Golgi. D’après Ballowitz.

une contraction musculaire, un dégagement d’électricité, une sécrétion glandulaire; la spécificité de la réaction tenant non pas à la nature musculaire, ou glandulaire de la fibre nerveuse, mais bien à celle de l’élément réaction-

CELLULE SENSIBLE

nel qui répond chacun suivant sa manière propre à l’excitation nerveuse. Parmi ces terminaisons nerveuses, celles des cellules pigmentaires (fig. 349) ont un intérêt général qui doit être signalé dès à présent. On inclinait à penser que, pour pouvoir réagir, seules réclamaient une excitation nerveuse les substances hautement différenciées, telles que musculaire, électrique, glandulaire, et qu’il n’y avait de terminaisons nerveuses possibles que dans les éléments formés de ces substances. En découvrant des terminaisons nerveuses dans les cellules pigmentaires, Ballowitz a montré que les phénomènes de la cellule pigmentaire, qui sont de la plus humble espèce physiologique, la contraction du corps cellulaire, la transformation des granules pigmentaires, ne sauraient avoir lieu sans l’intervention de l’influence nerveuse ; ces nerfs pigmentaires sont presque des nerfs protoplasmatiques.

Les diverses terminaisons nerveuses seront étudiées avec les éléments, musculaires, glandulaires et autres, au niveau desquels elles se font ; car il est indispensable pour comprendre la terminaison nerveuse, c’est-à dire la relation qui s’établit entre les deux éléments en présence, la fibre nerveuse et l’élément réactionnel, de connaître également bien l’un et l’autre. Mais nous devons indiquer dès à présent les caractères généraux d’une terminaison nerveuse réactionnelle.

La terminaison >e fait par des axones nus (fig. 35o) ; la fibre nerveuse se dépouille donc, avant d’entrer en rapport avec l’élément terminal, de toutes ses enveloppes. Elle a lieu par des branches en général multiples, qui résultent de la division répétée de l'axone et de sa décomposition en ses fibrilles constitutives. Il n’est pas encore absolument établi si ces branches ultimes de ramification demeurent indépendantes les unes des autres, comme on l’observe le plus souvent, ou si elles ne s’anastomosent pas parfois en un réseau. Une question très importante n’est pas résolue non plus : celle de savoir si la fibre nerveuse terminale s’applique simplement sur l’élément réactionnel, fibre musculaire ou cellule glandulaire, s’il n’y a entre l’une et l’autre que des relations de contact ; ou bien si les dernières ramilles de la fibre nerveuse pénétrant l’élément se continuent avec la substance même de celui-ci ; si, en somme, la terminaison nerveuse est élémentaire ou substantielle.

Article 2. — RAPPORTS DES ÉLÉMENTS SENSIBLES ENTRE EUX THÉORIES DU SYSTÈME NERVEUX

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